vendredi 1 septembre 2006

LA PORTE DÉGLINGUÉE

Pieds de nez à la mort, coup de feu sur le symbole occidentale, depuis l'ère industrielle jusqu'à nos jours. La déification d'un corps en putréfaction par le simple fait que nous le le regardons, impassible. Aussi, un amour toujours impossible à atteindre (encore). Des clichés s'introduisent, on voit qu'il en a marre de l'éphémère, mais qu'en même temps, le résultat final dépend toujours seulement de lui...


Tu es si perceptive
Douce forme étendue
Sur un lit suspendu
Où je te tiens captive

Tu fais de cette spirituelle nourriture
Un amas ragoûtant de pourriture
Quand enfin je te laisse partir
Vers le lieu où tu ne peux mourir

Insipide
Insipide
Insipide
Ainsi sur la plaine intrépide
Sentons-nous cet air putride
Cet air que tu ne respires plus
Où se répand le souffle acide
Dans un vent qui t’a déplu
Et partout
Conséquemment
Le choc
Qui se moque de nos esprits en loques
Sournoiserie du départ
Bouffonnerie d’un léopard

Ta silhouette féline à l’horizon
Très lentement s’estompe
Roche (papier, ciseaux)
Caillou (choux, genoux)
Point (à la ligne)
Je finis par lâcher prise
Et laisse la folie m’emporter vers toi

Répétition clichectuelle
Plus je m’avance
Plus tu t’éloignes
Plus je courre
Plus tu t’efface
Plus j’en ai marre
Plus rien ne compte
Que ce compte-rendu
Rendu insignifiant par manque de
Signifiance

Me réveillant enfin
Non
Le sommeil ne peut être aussi réel
Le soleil ne peut être ponctuel
Mais il ne fait que dégoutter
Sur la tête chauve du chanvre
Cancéreux de vie

Finissez-en avec la misère
Gentes mesquines et grotesques
Point eussiez-vous estimer le silence
Qu’en estant mestres de vos bers
Que non pas l’orgueilleuse farce
Puisse engloutir l’esprit ravagé
Sur la ceinture de métal et de fils
Enserrant de sa force les gorges mestresses
Riant des oies que ne savent dire que « oc ! »
Oyez les nuages flottant en vos âmes
Laissez l’orage vous pénétrer

Ne sentez-vous pas une puissance inconnue
Mystérieuse amie vous hurlant au nez
« Eh ! L’abruti !
Tu as laissé filer la seule entité
Ayant pu te donner la vie
Détruire ce que tu prônes
Et te ressusciter ! »

Je suis dans le même mélangeur à ordures
Hormis ma tête qui vogue sur les fils
D’un violon magnifique
Jouant cet air
Permettant à l’âme
De quitter le cerveau
Je l’ai fait
Elle l’a fait
Les autres tournent stupidement
Les autres pleurent inutilement
Les autres meurent rapidement

Peur
Dégoût
Paranoïa
Ciel obscurci par l’aile débile
D’un aigle aveugle de symboles
Qui ne signifient
Que l’absurde

16 novembre 2001

jeudi 31 août 2006

MACHINE

Demain le futur, demain la mort. Devise des prophètes d'un temps révolu, crucifiés sur les toits de chaumières faites de pierre et de merde ou des Romains casqués de soleils les piquent de leur lances rouillées. Vingt milles ans plus tard, on regarde en arrière et tout n'est que plantes et arbres plus grands que la tour Eiffel. par-ci, par-là, on voit des ronces d'une couleur étrange, mais les questions ne se posent pas dans nos crânes inconscient: elles ont toujours été de cette couleur. Un jour, pourtant, le passé revient à la charge sur des êtres qui n'ont rien appris de leurs erreurs. Engouffrante mécanique, la civilisation ne mourra pas si facilement...


De ses courbes tortueuses
Route fibreuse le long des champs de chair
Le sourire accapare le ciel de son ombre
Et asphyxie maintes fleurs en jeunes filles

Des soulèvements douloureux tentent de crever
Cette terre douce et fébrile
Planctons de métal hurlant dans les profondeurs puantes
Tiges piquantes
Lances meurtrières et vertes
La luminosité éphémère des deux globes s’accentue
Et finalement s’estompe
Laissant rugir les rouages mutants de la machine
Vomissant la honte d’être blanche et muette

Maintes fois les vents espèrent purifier ce corps
Mais le toit des monts se perd sur l’idée de mort
Il a tort
Il a raison
Il est le tout et le néant
L’idée de l’infini illusoire
La machine vivante trop crasseuse
Pour bien rouler.

7 novembre 2001

mercredi 23 août 2006

ILLUMINATION DUPLIQUÉE

Pour ceux qui se souviennent de la Belle aux cheveux de diamants colorés, c'est de la même personne que je rêve dans ce poème. Une résurgence momentanée, idéalisation trop poussée pour une fleur qui n'avait que peu de fragrances, finalement. Non, l'amour, je le trouverai après cet épisode éphémère de rechute dans le passé. Il soulignera le début du troisième volet, ce sera une véritable nouvelle étape dans ma vie (ou le commencement de la fin...). Bien des choses ont changées depuis, peu sont significatives, en fin de compte. Le rocher ne change guère, lui aussi...


Les lumières sont éteintes
Les nombres dans la une
Pris dans le réfrigérateur
Avec la mélodie de guitare
Au songe sont renvoyés
Pour rien de plus qu’un rêve.
Et la lumière revient
Je viens d’allumer le journal
Détruisant les nombres inutiles
Et mangeant ce qui reste dans le frigo.

Les anges sont autour de moi
Mais je n’ai envie que d’aimer
Celle qui ne leur ressemble pas
Celle qui peut pleurer de joie
Celle qui peut rire de gêne
Celle qui peut se tromper
Celle qui peut mourir
Et dont le regard seul fait sourire
Malgré le jour et la mésange perdue
Dans les bras d’Atlas et de la Chance.

Sa main dans la mienne
Sa cuisse contre la mienne
Je rêve à ce baiser si longtemps attendu
Mais jamais donné.
Qu’arrive-t-il vraiment aujourd’hui
Qui puisse être si différent
Des temps jadis d’un amour sans faille?
Rien.
Que les années qui envahissent le temps
Et l’espoir d’autre chose.

J’éteins les lumières une seconde fois
Pour tenter de m’éveiller
À l’immatérielle sensation
Qui pourrait m’assaillir
Venant d’un inconscient fécond.

Les prés et la chute me reviennent à la mémoire. Je ne peux que m’épanouir sous des sentiments anciens qui arpentent le renouveau de mon être.

Art divin que celui d’aimer
Car la complexité mouvante mure
Le cœur dans la fange de la peur.

Je passe outre
Sans omettre la crainte du noir
Sans elle
À mes côtés.

Aujourd’hui plus grande que la mort
Naguère plus belle que la vie
La réunion de la vie et de la mort
Arrivée à son apogée
Terrifiée de se voir
Habitée par l’inconsciente prouesse :
Éternité superflue si faite sans elle
Immanence du cœur débordant…

12 octobre 2001

mardi 22 août 2006

DREAMS ABUSÉS

Poème sur la destruction et une de mes premières tentatives d'écriture bilingue. De plus, aujourd'hui, c'est l'anniversaire d'une demoiselle qui jadis me remplissait de bonheur et qui maintenant ne laisse qu'un grand vide dans ce que les humains appellent normalement le sentiment amoureux. C'est pourquoi ce texte est tout à fait approprié pour aujourd'hui.

Le titre original est "Les rêves abusés", mais depuis qu'il a fait l'objet d'un projet de création artistique (j'aimerais bien vous le faire écouter, mais comme je suis nul en ce qui à trait à internet, je ne peux pas mettre le lien), il s'est transformé en "Dreams abusés", entre autre aussi en raison de son bilinguisme. Rêves abusés, ils le sont tous, peu importe l'intensité du rêve ou son insignifiance, quelqu'un est toujours derrière pour lui craché dessus. Une sorte de viol mortel représenté par la bouteille qui se fait boire, le papier qui ne brûle pas, le couteau tranchant le bras de la mère qui berce son enfant.

On sent aussi le solide couler comme les montres molles de Dali. C'est une destruction liquide, un anéantissement progressif et lassif. Je pense que je vais ajouter ici le texte de démarche créatrice que j'ai écrit pour le projet artistique (dans lequel je répète un peu ce que j'ai dit plus haut...) :

"Démarche créatrice
C’est un projet qui m’a extrêmement rebuté à cause de mon éloignement face à la caméra… D’ailleurs, je n’ai pas pu penser ou trouver d’images qui vaillent la peine d’être utilisées avec mon montage sonore. Parlons donc d’abord du montage sonore. Ça m’a pris quand même plusieurs heures à l’enregistrer et à le monter. Les sons sont tous de moi, sauf le beat au milieu du vidéo qui provient d’une chanson de Tones On Tail et la chanson du générique, à la fin, qui vient des Residents.
Le montage en tant que tel
J’ai enregistré ma voix sur l’ordinateur (avec un micro très petit budget, je dois le convenir…) en suivant la musique qui jouait dans des écouteurs, pour tout de même avoir un certain rythme musical. J’ai modifié quelques éléments du poème avec le programme Goldwave. J’ai ensuite découpé, dans Premiere 5.1, les morceaux du poème narré pour qu’ils coïncident plus avec la musique. C’est un poème de ma composition qui a pour titre original « Les rêves abusés », mais j’ai changé le titre pour montrer le mélange français/anglais du texte.
L’idée du noir
Ce n’est pas que j’aie trop attendu pour filmer mon projet, c’est seulement qu’aucune idée ne m’est venue. Qu’ai-je alors fait? J’ai pensé à mettre des images fixes au lieu d’un vidéo, mais encore là, ça ne marchait pas, peu importe les images. J’en suis venu à la conclusion que, pour montrer vraiment la fond de mon poème avec la musique, il fallait que je laisse le tout ainsi, sans image. Je sais que le cours s’appelle « esthétiques des images technologiques », mais justement, j’en ai profité pour en même temps montrer un refus de l’image technologique, qui, pour moi, est l’équivalent des dessins primitifs que l’on retrouve dans les grottes de Lascaux (je pense surtout, ici, à l’imagerie numérique). Comme c’est un travail expérimental, mon but était de montrer l’absurdité de la chose en « peignant » le vide si ensorcelant, ce vide que nous percevons dans le sommeil et qui se fait abuser par les rêves. C’est le contraire que j’ai fait. Les rêves se sont faits abuser par le néant du sommeil, la mort du rêve, en quelque sorte. C’est ce que mon poème montre avec toute cette idée de destruction qui flotte du début à la fin. La présence de la réalité qui se fait détruire, donc qui devient néant, revient vers la fin, quand la Mort rêve de cette réalité. Comme elle est détruite, qu’il n’en reste que le néant, à quoi peut donc rêver la Mort? Au vide.
Une autre chose au sujet du noir : En visionnant et en écoutant « The dreams abusés », on sent une atmosphère d’inquiétude jusqu’à la fin par la simple absence des images. Un aveugle et un sourd auraient la même sensation s’ils voyaient/entendaient ce vidéo. Inquiétude du vide dans l’image, inquiétude soulevée dans le contenu du poème et dans la musique.
Je ne voudrais pas que l’on pense que j’ai fait ce projet par pure paresse, loin de moi cette idée! Le nombre d’heures que j’ai pu travailler sur ce projet, arranger des détails minimes mais importants, monter le générique et la trame sonore, ne se compte plus. Parlons d’ailleurs un peu du générique, même si ce n’est pas tellement digne d’intérêt habituellement. Il a été fait avec Photoshop et Premiere. L’idée de mettre une image en arrière-plan fait contraste avec le reste du projet. Les bruits étranges au début et à la fin de la musique nous poussent dans et hors ce vide absolu et absurde, c’est pour cela que j’ai mis cette image de générique. De plus, la musique et le petit texte du gouvernement du Québec achèvent de peindre l’absurdité derrière tout cela. Quoi de plus absurde que d’abuser des rêves?
Je pense que c’est en gros vers où ma pensée voulait se diriger pour ce travail. Les images étranges dont j’avais parlé dans le premier synopsis se sont évaporées pour laisser place à une idée beaucoup plus poussée de ma vision du monde artistique. Non pas qu’il me répugne, mais il a besoin, comme la société actuelle, d’une révolution qui le sortira de sa léthargie catatonique…"

Place au texte!


Il y a des étoiles dans ma bouteille
Qui s’évaporent quand je bois.
Combien de mondes ai-je bus
Avec ma soif ininterrompue ?
Combien de civilisations ai-je englouties
Avec mon indiscret sourcil ?
Combien de vies innocentes ai-je avalées
Sans me soucier des incendiés ?
J’en jouis juste à l’idée
Que l’univers pourrait disparaître
Par la seule pensée qui renvoie
À l’annihilation de la réalité.

Cassure du temps
Brisure des brises dans le vent
Rupture de l’espace.

Totalement infourneaux
Ces libertinages.

Que reste-t-il des montres
Des girouettes
De l’air
Des gâteaux ?
Rien que de la matière informe
En forme indistincte
Sous le regard distingué
De cette créature traversant le gué
À forme humaine
Mais aux pensées surhumaines
Et difformes.
Il cueille une pensée
Et l’offre au Néant
Qui se voit pour la première fois
Rougir.

We walk for it and read a book
Racontant la vie de la Mort
Sur un air de clarinette.
Elle pénètre sans lunettes
Un cabaret flou.
Elle croit rêver d’un fou
But dreams are fading slowly
Dans l’oubli cruel et gras
Of a madman’s soul.

Elle sait que le vent est mort.
Elle sait que le temps n’existe plus.
Elle sait que pourtant la musique continue
Qu’il y aura toujours
Tous les jours
Des carrefours où mielleusement
D’autres bouteilles se boiront
Et d’autres Morts mourront.
La réalité n’est-elle pas ce que
Nous en faisons ?
Dit-elle.

Chants faux entendus
Par-dessus la voix ferrée.
Mécanique du renouveau.
Le couteau perce avec adresse
La chair qui berce l’ivresse.
L’air s’évade
Le vent revient
La Mort ne mourra plus
Que dans le rêve de la Réalité.

Mouvoir les mondes
Pouvoir mirer l’immonde
Fatalité ancienne
D’un noyé bourgeois.
Mystère derrière l’orgie rare
Banana Taliban guru of a feast
Point encore entamé
Waiting for the dogs to come
And eat the food of the gods.

Torsions demeurant temporelles
Et le feu s’éteint
Dans la cheminée de papier.

12 octobre 2001

SABBAT

Dans le noir une toile bleue
Couvre la nuit de son opacité
Le froid envahissant
Pénètre mes os
Et ce hachoir bondissant
Pénètre les eaux

Pluie affamée de ce feu enfermé
Le serpent urbain dévore la multitude
Les conduisant à cœur perdu
Vers le sommeil de l’esprit

La toile ondule fébrilement
Au vent dansant le Sabbat
Corps nu contre les corps nus
De ces enfants oubliées
Les caressant telle une mer de doigts obscènes
Autour du feu carré
Où elles grelottent
Trempées par mes pleurs
Ces pleurs mouillant mon cœur
Comme il pleut sur la ville
Illuminée par la stupidité
Et la peur des heures passant
Sans les regarder perdre leur temps
Ces vieillards décomposés

7 octobre 2001

dimanche 20 août 2006

BRUITS DANS LA CITÉ

Voyage vers Montréal, un poème écrit dans l'autobus. Observations détachées à travers la vitre fumée, fugitives images sans vie dans les rues de Québec. On sent toutefois une étincelle de vie vers la fin du texte, mais elle fuit, toujours. La ville est un mur, les murs sont morts, la cité avale tout, Titan carnivore et anthropophage...


Bruits dans la cité
Le temps passe rue Charest
Un clochard tourne le coin
Et disparaît à jamais
Émanation de carburant
Ptomaïne mécanique
Cadavre à cliquetis
Conduisant une vie sans but

Dans la gare
Des figures connues depuis peu
Se fondent aux décors
Distribution filmique sans budget
Utilisant toujours les mêmes acteurs

Mais la demoiselle aux yeux clairs
Reste en mémoire
Visage angélique au manteau de forêt
Elle trimbale son lourd sac
Vers ce restaurant sans personnalité
Et disparaît elle aussi
Derrière un mur

5 octobre 2001

vendredi 11 août 2006

LE MOINE

Je commence à m'amuser de plus en plus avec les mots. Ils se transforment en n'importe quoi sous ma pensée qui se laisse aller à la construction chaotique. La débauche, la décadence sont de mise dans ce texte. Et elle arrive au pas de course et ne se terminera pas à la fin du poème. Oh non! Elle continuera à boire mon sang bien après, se rafinant un peu plus à chaque texte, vomissant sa muse dans mon inconscient malade de s'exprimer! Je n'y échapperai pas, je n'y ai pas encore échappé. Et vous n'y échapperez pas non plus.


Le malheur
Malheureux
N’a que faire de la bizarrerie des vieillards

Un pas de plus que lui
Le froid qui arrive à pas de renard

Débute alors une ballade
Entendue par un guerrier nomade
Le vent des tempêtes marines fuit
Vers la verte plaine aux herbes floues

Sur un cheval
Froissé de métal
Vient un moine fou
Cheveux en brousse et mains ensanglantées
Il navigue sur le rêve des idées en danger

Cent million de lémuriens se risquent
À chanter
Mornes bornes qui se bornent à la fresque
Du templier

Mouvement brusque
Langage rauque
Cette vipère arrosée de lumière
Montant vers les astres lointains
Se dit naissante d’une rivière
Aux rigoles d’un mur de satin
Habillant les affres du serpentin
Dégoûtant, rachitique et peu malin

Le moine alors mime les orages burlesques
De son visage ravagé de rides grotesques
Il nage vainement
Pour pourvoir à sa pensée le peu de pourrissement
Flottant dans les nuages filamenteux
Qu’il crachera ensuite à la figure du malheureux

Quel malheur à celui
Mû par pur égoïsme libertin
Qui ne voit là ce puritain malandrin
Pirate de l’âme et des songes proscrits
Marmonnant à l’oreille d’un loup
Mille et une façon de vivre sans façon
À la manière fougueuse
De cette minière gueuse
Dévorant
Avec un appétit de baleine
Les enfants
Durement perdus dans la peine

L’ecclésiaste fureur du bonze païen
Transporte de son miroir la demeure
Au cœur même des pleurs enfantins
Au sein du gouffre pestilentiel qui se meurt

Bien plus tard
Les regards hagard du peuple d’Asgard
Béniront l’art du moine fêtard

Et de sa soûlerie pensive
En des temps de grands cauchemars
Rêveront les anges aux bonnets violets
Lors de leur courbettes et arabesques
Autour des tours
Perdant leur missive
Dans la gueule des farfadets
Eux aussi envolés pour
Le songe noir du glacier aux mille mollusques.

30 septembre 2001

mercredi 9 août 2006

AMOUR ET CONFUSION

Ce poème nous emmène dans les tortueux méandres du passé. Ceux qui ont retenu les textes précédents verront des lignes se répéter, encombrées d'un contexte différent de leur origine. Le casse-tête se construit autour des deux mots du titre: l'amour et la confusion. Confus, le texte l'est. La musique y joue un grand rôle, définissant dès le début le côté ventilé et tourbillonné du poème, allant d'un lieu à un autre sans jamais y rester, du plus profond de la terre aux confins de l'univers.

Le refus d'action face à l'inévitable déchéance humaine et la tactique d'élucider la mort de son âme. Fier du travail accompli, l'homme s'aperçoit que rien n'a été fait, en fin de compte...


La confusion demeure
Encore une fois
Sur un rythme lent et ancien
Volant au-delà des nuages.

Piano
Flûte
Vent
Musique.

Une affreuse équation
S’empare du tout et en fait la réalité crue
Et moche.

J’en laisse dans mes poches
Ces mains fatiguées
Tant mon dégoût surpasse la civilisation.

Et l’amour
Qu’en faire au milieu des sceptres de verre?

Une respiration profonde
Sanglante
Et le train passe toujours dans son cliquetis démantibulé
D’organisation en attente de laserification mécanique.

Les moites mains et son regard demeurent
Pourtant.

Il faut se fier aux enfantins ragots
Quand il manque le sommeil pour nous
Inventer.

Le noir
Et une tache floue en constante évolution de couleurs psychédéliques
Restent jusqu’à l’illusion de la mort.

Demeurons forts comme la mort
Pour réussir à risquer une vie…
Tout n’est que mots passant en silence
Vers le volcan emportant ma Pompeï.

Les mots se perdent dans le verbe frigorifiant de la réalité croche et vieille
Se frappant contre les années
En de fantastiques explosions robotiques.

L’immortalité des dieux
Ne peut à peine combattre un simple orgasme
De l’univers.
Et toutes ces microscopiques fourmis
Avançant en rangs serrés
Se jètent dans le vide
Pour en finir avec
La
Persécution.
Elles
se font ensuite
avaler par les
cannes en sucre
affamées par les mouches tortionnaires.

Un avant-goût de délivrance.

Peut-être…
Ou la fin de la négation totale
Refoulement intempestif
Aspiré dans un continuum espace-temps
Irréel.
Utopie de mon individu
hors du temps contextuel.

Langoureuses pertes de la pensée créatrice.

Les feuilles
Tentent de tirer les arbres
Afin de pouvoir s’envoler de cet enfer mignon
Des petites amours et des grandes chicanes.

Survivre n’est plus assez si nous voulons couler au long de la rivière
Brisée
S’étirant tout près d’une nymphe endormie
Aux lèvres de satin
Et aux cheveux parfumés de diamants colorés.

La douleur accumulée dans les ronflements de la terre
Mijote dans ma tête.

Et dans le sol
Un murmure…

Un monde malade se trouve beau
Dans sa décomposition éternelle
Narcisse refuse alors de se regarder dans cet
Étang.

Il retourne chez lui où l’élévation du signe planétaire était arrêté.

À genoux
Il fond dans les fissures du plancher
Devenant sable
Revenant à Gaïa.

Ronde de nuit tout autour
Du cerveau voltigeant au gré de la
Misère bleu vert.

C’est dans un dernier soupir
que les enfants nocturnes de l’oubli trompeur
s’évanouiront dans l’air épais
d’une salle de classe dépossédée.

Souffle d’angoisse balayé par le froid
Sinon un rictus macchabique
Sur le visage de l’effroi
Scintille vivement en dansant avec les arbres volants.

Cette remarque remarquablement remarquable
M’a fait remarquer une marque
Au-dessus du ciel que Saint-Marc a écrit
Assis dans la mare que Narcisse a quittée
Pour recherché son amour fuyard.

Marche haute et droite
Ma belle confusion égarée
Amour n’est plus
là où il fut.

Remarque
Ce n’est pas chose facile
Que de meurtrir une rose en la regardant
Droit dans les yeux
Ces yeux miraculeux
Qui amènent le brave perdu vers la maison aux mille fenêtres.

Regarde ton dieu
Retourne d’où tu viens
Mais ne titube point sur l’honneur achevé qui t’assaille
De toutes parts.

La cité des enfants perdus
Se construit redoutablement
Par-dessus un délicat sentiment
Descendant
Marche après marche
L’escalier
Se rendant au plus profond de l’asile rouge
Engouffrant instantanément
Le chantant ciel bleu
Et ne laissant à la fin
Qu’une bande cahoteuse et pourpre
Symbole de la maladie se perpétrant dans son intérieur
Boueux et confus.

Confusion demeure
Encore
Mais pour peu le temps s’arrêtera.

Il nous précipitera dans le rêve inconscient
De la matrone vulgaire et bulgare en possession d’Uranus.

Rêver n’entend pas espérer.

Boniment farouche
Dicte-moi Bérénice.
Effusion mondaine musicale
Palpable
Il ne nie l’ocarina qu’en dépit du sable mouvant.

C’est là qu’il trouvera
enfin
À travers voiles que voilà violées
Par un nuage marron
La divine comédie de la civilité civilisée.

Au-delà des porcs astraux
Puant le gras boursouflé
Nous arrivons au cauchemar idyllique
D’Apollon.

Recherche d’une perception recherchée.

Non
La vie
Non
La lobotomie
Non
La gloire
Non
Les regrets.

Je ne t’aime plus
Univers
Je n’aime que le chant des baleines
Je n’aime que le baiser d’un ange
Je n’aime que le sable des mers
Je n’aime que les cailloux riant au le soleil
Je n’aime que toi
Amour sans refus
Amour disparu sans laisser de traces
Amour innocent
Et amour futur.

Tous s’écroule maintenant
Et le chiffre trois disparaît sous les décombres
De la cité
Des songes
Portant toute son ombre
Sur ma tombe
Portant sur elle toute l’ombre
de ma tombe

24 septembre 2001

lundi 7 août 2006

ANGÉLICA FICTIVE

On avance dans la pensée qui mènera à la création du texte sur l'Exformisme. Réussir à faire une harmonie avec le chaos, chose impossible dans le monde actuel, c'est en creusant dans mon cerveau qu'on parviendra à soustraire cette idée pour en faire une réalité. Utopie.

L'idée de ce poème m'est venue d'une illusion d'optique qui m'est apparue lorsque je regardais le noir de ma chambre en compagnie de ma copine du moment, en plein milieu de la nuit (je ne rentrerai pas dans les détails) et c'est là que le jeu d'ombres est apparu. Une lampe, autre chose, et voilà les ours mécaniques en train de faire une ronde infernale dans des couleurs pastelles.

Le rêve.

Il n'y a que cela qui me tenait à cette époque. Ma vie n'était qu'un vide, un trou béant. Je ne trouvais que satisfaction dans l'univers onirique de mes songes nocturnes et diurnes. Ma poésie n'était qu'une porte vers ce lieu, un moyen d'y rester plus longtemps tout en déconstruisant tout ce qui m'entourait. La destruction de mes émotions est passée par l'écriture. La voyance du monde, le manque de moyens, la fuite dans l'imaginaire, tous ces éléments m'ont envoyé dans une sorte de torpeur qui ne m'a plus quittée depuis.

Mais le dormeur doit se réveiller... L'heure n'est juste pas encore venue...
 

Chaotique harmonie
de cette plante métallique sortant
en un bruit sourd.

Et ses yeux vides miment le silence.

Rouge technovore
sur la vague sèche du monde
avalanche d’air marchant en cadence
avec le ciel.
C’est alors qu’Angélica danse
sa mort bien pulpeuse
pirouette affreuse
pour une ballerine poussiéreuse.

Aucune larme pourtant.
Que le Temps dans ses chants
s’étiolant en mourant
future lance plus tard que ce siècle.

Non, peut-être que oui
finalement.

Indécise elle se traîne langoureusement dans la lande desséchée de son cœur empourpré par la musique du cirque.

Deux ours en salopette
bleue et rouge
dansant eux aussi pour la fête triste.
Leurs yeux peints de blanc
pleurent
malgré le sourire
artificiel.
Toujours ils dansent
pour la secte du non-dit oublié
note par note
cirque sans conclusion
en France morte depuis un bicentenaire.
Cadence enfin décadente.

L’ange et l’Icare
N’auraient pu faire qu’un
Sans qu’un plus un ne fasse zéro
Sur la Lune.

En un silence bruyant
Sort de cette mécanique végétale
Un harmonique chaos.

10 septembre 2001

mardi 1 août 2006

MAGNÉTISMES

Quitter la déception du monde avec l'être aimé. Un idéal poétique, rien de plus, une chimère de plus à ajouter au tableau, car la solitude demeure toujours dans ce coeur maudit.

Une époque tragique comme tant d'autres. Tous y sont passés, peu l'ont laissé savoir par écrit. Ce poème fait partie des quelques derniers textes "basiques" que j'ai écrits. Manque d'originalité, manque de vie, manque du corps et de l'esprit, reflet de manque d'amour, surtout. Leitmotiv cinglant pour celui qui débute dans l'Adulte-Ère (comme le dit si bien Sylvain Trudel dans son "Souffle de l'Harmattan") et qui n'a d'autre compagnons que son manque d'assurance et de confiance en soi, sa gêne meurtrière et un désir puissant de hurler son mécontentement face au monde, malgré tout.

J'ai trouvé le moyen de le faire grâce à ces poèmes. À vous de subir mon courroux (mais peut-être pas avec ce poème-ci...)!


Sur un bâtiment élevé
il se tenait.
Le regard perçant le vide
Et sa tête bouillonnant frénétiquement
Il réfléchissait
à toutes ces étoiles éphémères
à tous ces chants magnétiques
à son mal physique
et au rythme de cette nocturne musique
qu’est son cœur.
Il voudrait planer au-dessus des toits
devenir un ange éternel
seul
dramatique perception de son être.
C’est alors qu’il repense à
elle.
Un oiseau multicolore et resplendissant
des yeux de félin
des lèvres de satin
un corps surpassant la Beauté elle-même.
Magnétisme de retour
le jeune homme rêve
de devenir un ange
et planer avec cet oiseau merveilleux
déesse de la Nature
intelligence intrigante…

Fuit-il des nuées d’insectes morts
ou veut-il simplement
aimer?
Mort et Vie ne font plus qu’un
quand la variante effrénée
emporte les deux êtres
loin de la
civilisation
cassée.

5 septembre 2001

XAVIER

Une autre inspiration Dead Can Dance. Tiré directement du dernier titre de Within The Realm Of A Dying Sun. Croupissement dans la solitude, pas seulement la mienne, mais celle de tous. Aussi: dédoublement de Xavier avec la nature. C'est un poème romantique dans la fleur de l'art.

On constatera aussi le jeu de mot entre étoilé et étiolées, utilisé plus tard par Pierre Lapointe dans sa chanson Étoiles étiolées... À chaque fois que j'entends cette chanson, je pense à ce poème, et à tous ceux qui j'ai écrits, qui n'ont pas eu la même notoriété que ses chansons. Je finis par me dire qu'à la place d'essayer de publier pour que personne ne me lise, je devrais peut-être mettre tout cela en musique pour les oreilles de tous. Ces temps-ci, je vois trop de gens de mon âge qui font des disques de hip-hop et ça me purge! Alors aussi bien amener un peu de qualité dans le domaine musical québécois! Histoire à suivre...


Sur la grève rocailleuse
le goéland pataud avale des pierres.
Pour le rêve tapageur
rien n’attend dans l’eau de mer.

Xavier se penche pour le regarder
cet oiseau-rat au ras du sol mouillé.

Il s’avance
larmes aux yeux
lent
sombre
si beau dans son costume étoilé
lambeaux sans ses coutumes étiolées.

Les traces de ses pas
s’échappent un peu plus de son trépas.
Il marche et parle au vent
soufflant les nuages
lents
sombres
sous une Lune et des étoiles invisibles.
Tout n’est que silhouettes
et la vision de l’homme s’estompe
dans le noir.

Coups d’ailes…

Plus rien ne subsiste.
Que le silence
et un corps
s’enfonçant à travers la vague
qui déferle sur le sable avec grâce
laissant une flaque morte
sur un mur ténébreux et horizontal.

Éclat lunaire
et le vide
sur la grève.

14 août 2001

lundi 31 juillet 2006

PSYCHOPOMPES

Voilà ce que donne un poème après avoir lu "La couleur tombée du ciel", de Lovecraft, et écouté "The Seduction of Claude Debussy", de Art of Noise. Phase d'aspiration (la plus violente) dans un noyau couvrant tout le spectre lumineux.


Tremblante
étendue sur son lit
avec comme compagne la maladie
elle les voit rôder tout autour
semblables à des dizaines de sanglants vautours.
Sa bouche ridée tente de crier :
rien.

Elle ne fait que trembler
les yeux sortis de la tête
sa peau est un champ de taches
son cerveau a tout oublier.
Ombres
lumières.
Les formes voguent pour leur drogue
suçant les restes d’humanité
de la centenaire
se repaissant de son intelligence
Psychopompes.
Le moment de la mort est venu
une âme s’échappe
immédiatement engloutie
par les créatures dévorantes inhumaines.
Célestes vent sans but
les étoiles n’en ont rien à cirer.

Un médecin apparaît
ses souliers glissent sur le sol
avec un bruit de succion.

« Je vous reconnais!
Vous me devez tout, sales pestes!
Je veux
à l’instant
cette âme impie que vous dévorez
sinon gare à la mort! »

Des millions de couleurs éclatent
les feux du soleil se déchaînent.
C’est ainsi que le façonneur d’amour
trébuche dans sa folie
engouffrant le vide froid et dur
ses souliers glissant sur les couleurs.

Même le créateur meurt de ses créatures
vibrant de cette musique acharnée
celle du génie à l’égoïsme sacré.
Les notes
au vent
éparses
éparpillées
mourant dans l’air humide
au gré des Psychopompes.

26 juillet 2001

jeudi 27 juillet 2006

L'EMPLOYÉ

On croit souvent laisser passer des choses sans qu'elles nous affectent, et finalement, le train nous passe dessus sans qu'on s'en aperçoive. Une goutte de sang sur une table blanche, la main tremblante, le sourcil froid, et l'évanouissement nous enlace comme les bras de la mort.

Le froid se rend jusqu'aux tripes où le feu jadis fort devient d'une fébrilité rancunière: on croirait qu'il nous en veut de ne jamais avoir ressenti assez. Une fois trop tard, il ne faut plus attendre après les braises, elles sont de glaise et se solidifient rapidement sous les pas du temps. La rage reste, pourtant. Qu'attendre d'une inconnue quand nos êtres proches se foutent de notre gueule? Comment faire confiance au voisin quand la Crasse vient de l'être aimé, une indécence morbide qui flotte depuis deux années et qui ne veut plus se détacher des lambeaux qui me servent de poumons, m'empêchant de respirer à grand air, anéantissement pur de la volonté d'aimer encore?

Des questions qui demeurent sans réponse et qui vont illustrer (à travers mon écriture) tout le début de ma vie d'adulte et qui illustrent encore aujourd'hui la déception dans mes yeux qui brûlent de transpercer la brume de la vie.

Introduction sombre, j'en conviens, mais qui vous fera peut-être comprendre l'idée derrière les poèmes qui suivront dorénavant...


yeux aveuglés par une transpiration sévère
vêtements humides
chaleur étouffante

son souffle coupé
d’où sort un nuage puant la menthe
laisse une nappe mouillée dans ses verres brouillés

tout passe si vite
à l’intérieur de son crâne
que faire
pourquoi moi
qu’ai-je fait pour mériter cela
semble-t-il penser

ses mains
moites
échappent ce qu’elles tenaient
et un vacarme
fracassant l’ouïe fébrile
retentit dans toute la pièce à ciel ouvert

toujours plus de sueur perlant sur son front

mais son regard est vide
absent
un passant croirait voir un attardé
un moins que rien
il ne peut voir la vérité en face

il se regarde dans un miroir

l’incapable ne bave pas
et sa précision serait parfaite
si la chaleur humide
ne venait pas
enrayer
ses
circuit semi-organiques

transpiration
non
condensation

une tourterelle meurt en son vol
et l’employé l’admire
la mort inconnue frappe encore
et le robot travaille toujours

15 juillet 2001

vendredi 21 juillet 2006

EFFONDREMENT DU RENOUVEAU

Critique sociale sur les gros hommes d'affaire trop occupés à regarder (l'oeil vide) la bourse (la-leur) pour voir qu'ils sont en vie. Tentative de sauver le tout qui rate inmanquablement. Un échec prémédité. Ça ne servira à rien dans ce monde où règne le crétinisme congénitale d'une société humaine en déclin. C'est qu'elle ne veut pas changer, la petite. L'être humain a toujours été très conservateur et ne veut pas se rendre compte que les fondements actuels ne tiennent plus la route...


Du haut de son proéminent perchoir de fer,
il regarde d’un œil inquisiteur
la vie.
Tout lui vient par bouffées, comme un souffle d’enfer
qui verrait dépérir toutes ses fleurs
sans vie.

Chiffres, conférences, empêchements,
télévision, médiatisation, Internet, Dieu.
Une goutte perlée de fluide buccal tombe…
tombe jusqu’aux tréfonds infects de ses pieds
sur le sol l’aspirant, assoiffé.
Son expression reflète sa stupidité.

« Je suis le maître du monde! » crie-t-il.
« Tu es le maître de tes illusions
et de rien d’autre, cafard » dis-je.
Il pleure, le pleutre.
Ses pleurs pleuvent encore vers le bas.
Toujours vers le bas décadent
carnavalesque.

Seul, le bureau de fer se décompose,
grugé par l’insatiable air que nous respirons.

Plus rien ne reste car plus personne ne demeure.
Tout meurt dans l’oubli
pour assister plus tard au renouveau.

Oh! Mais quelle surprise ont les cieux en admirant le néant engloutir les poussières grises et mornes dans son sillage, rugissant sa rage contre la stupidité céleste. Futiles sont maintenant les fleurs et le perchoir de fer rongé, car l’Ordre des Choses vient rétablir l’unique source de fiente universelle. Il s’en va, voguant au gré des vents cosmiques, vers cette petite boule en putréfaction où jadis régnait l’intelligence primitive en maître contestable.
Mais tout ce qu’il fait est de passer à ses côtés, renversant ainsi l’équilibre précaire de la sphère systématique, provoquant ainsi l’effacement du renouveau.

14 juillet 2001

mardi 18 juillet 2006

NIHIL PM

Bon, ce poème est définitivement la première tentative à ce que sera en presque totalité le troisième volet. C'est-à-dire l'expression la plus brut de mon inconscient sans aucun contrôle de style ou de forme, sinon le sien propre. L'indécision, l'angoisse, l'avalement de l'être par des plantes déitiques au sang bleu. Je cherche, toujours, sans jamais savoir quoi au juste. Et toujours, le néant flotte devant moi, sans rien laisser transparaître derrière.

Une fin de soirée catatonique, pour ne pas dire. Il a été difficile à sortir de moi, ce texte, comme si je n'étais pas encore près pour le nouveau style qui allait insidieusement me prendre d'assaut dans les mois qui allait venir. 2001 fut une année plutôt éprouvante. Une grande part des changements dans mon écriture sont dus à Hélène. Cette relation était quelque peu complexe (je n'entrerai pas dans les détails) et comme toute bonne relation qui se respecte avec Luc Pelletier, ça s'est plus ou moins mal terminé. Personne n'apprécie se faire largué au téléphone. :O)

Je vous laisse à votre lecture!


Succombe au leurre, sens cette sensibilité distincte t’envahir.
Retourne au niveau des nymphéas aquatiques du désir
Et baigne-toi dans la mare des vrombissements gâteux.
C’est par cette ensemble que tu te sentiras comateux.

Mal
Embranchements
Synagogue indigo flottant sur les fleuves du ciel en feu.

Vraiment, suis-je un cancre pour entendre ces idioties enfantines?

Non.

Les circuits endoloris du déluge enivrant semblent vomir
Des arbres plats de l’Amazone indifférente pour souffrir.

Je les regarde pleurer, et je pars au loin, aussi indifférent de l’acte,
Mais invariablement confus du chant de la nymphe de ce pacte.

Pacte incohérent dans toute cette mélodie harmonieuse et vaine,
Et tout ce sang bleu et rouge, coulant dans mes tendres veines
Tout ce sang manquant et maudissant la musique d’un sourire…

Peut-être vaudrait-il mieux disparaître et en mourir?

Jamais.

Un cri stupide et cet œil ouvert devant moi m’incite à quitter la ville
De ces rêves imbus d’eux-mêmes et de ces viles cadavres serviles.

Sans ma main, comment faire? Fi du manque de sang, la peur.
Peur d’être aimer
Peur de manger
Peur de mourir
Peur de vivre
Peur d’aimer…

Semblant de manquement et d’effroi. Il faut tout perdre à cette heure.

Je ne pense pas percer les anges avec ces mots fébriles,
Mais peut-être, en bas, sur le sable mouvant, les menues plantes volubiles
Nous dévorerons entièrement sans gloire ni fortune,
Nous emportant à la fois vers notre sort l’infortune…

2 juillet 2001

samedi 15 juillet 2006

ÉNGAG

C’est horrible, cataclysmique surtout,
pour l’être cher que je vais bientôt perdre.
Angoisse de la mort ? Ou peur d’un fou ?
Je voudrais bien enfin le comprendre…

Je me retourne et ne le voit plus là où il était,
Parti… parti…

14 juin 2001

mercredi 12 juillet 2006

RIVIÈRE BRISÉE

Inspiré d'une chanson de l'album solo de Brendan Perry (ex Dead Can Dance). Une vision très perturbante du futur où la désolation de l'Humain indiffère la nature. Un poème miroir en quatre parties évolutives: passé, présent, futur, nostalgie.
 

Je vis près de la rivière
où les anciens dieux viennent encore s’abreuver
et se regarder dans ce miroir qui, naguère,
accueillait les plus gracieuses fées.

Trois tours, étourdissement,
c’est autre chose,
confus dans ma vision de glace,
qui semble disparaître
tout au fond de la nappe bleue supportant le ciel.

Vivre dans la mort de son être peut tuer,
mais ne jamais souffler sur les étoiles
peut rendre l’imagination malade.

Subissant l’angoisse, elles sont là, impatientes,
qui attendent en vain la brise qui les fera vaciller.



Je vis près de la rivière
où les étoiles viennent encore se baigner
et se regarder dans ce miroir qui, hier,
semblait frémir au rythme de mes pas lents.
Les petites fées ne sont plus, envolées,
l’œil de la nuit veille sur la vague houleuse
qui s’embrase et disparaît dans ce vent violent,
emportant mon esprit vers les rochers,
au loin.

Ces gigantesques blocs immobiles et ternes
se moquent d’une présence éphémère qui rôde
dans les flots devenus enfer.

Elles ont l’éternité derrière et devant elles,
et voudraient bien, pour fuir l’ennui, avoir des ailes.

Elles sont aveugles, sourdes, muettes…
À quoi peuvent-elles bien penser?

Ni fin, ni commencement pour une pierre,
encore moins pour deux, mais il est trop tard…
ou trop tôt…

Retour à la source originelle de l’humanité.



Je vis près de la rivière
où les conquérants viendront s’étendre
et mourir de leur tranquille mort maladive
en brisant ce miroir qui, demain,
miettes et éclats flottant au grés du courant,
dans une lenteur catatonique,
voudra saigner pour étancher sa soif,
comme les anciens dieux qui seront partis,
mon esprit vers l’inconnu emporté… brisé?

Je me sens comme ces pierres handicapées,
prêt à m’envoler hors du monde qui, jadis,
observait les gracieuses fées dans cette musique d’or.
dans ma tête, un nuage paresseux dort
et roule sur la houle, près de ma maison.

C’est suffisant pour que j’en perde la raison.



Je vivais près de la rivière
où les anciens dieux venaient s’abreuver
et s’admirer dans ce miroir qui, maintenant,
n’accueille que de douces larmes
cristallisées par le feu pâle coulant à sa surface,
lancées de l’infini avec une indifférente mélancolie.

Le vide, tout autour,
sauf pour ces rochers qui ne changent pas d’idée…

7 juin 2001

INDIGESTION DU MONDE

Plutôt un défoulement qu'autre chose. Je ne sais plus trop pourquoi j'ai écrit ça, mais il est tout même rigolo. Abrupt, gras, ce poème est une ébauche qui mènera vers "Ode au gras" que j'ai écrit dans le troisième volet.

L’indigestion s’accapare d’un son de harpe mélodieux
et enlève aussi l’air sur un ton mineur.
Elle creuse et creuse et creuse
pour finalement cueillir une cerise pourpre
sur le lit d’une rivière endiablée.
Elle broie ensuite la musique cordelière
et se noie parce qu’elle a trop mangé.

15 mai 2001

vendredi 7 juillet 2006

TRANCHES ORGANIQUES À DEMI ENGLOUTIES

Un autre poème pour cette jadis charmante demoiselle Hélène. Je ne pense pas qu'elle était au courant que j'étais l'un de ses plus grands fans. Son art me fascinait énormément et c'est sans doute pour cette raison que j'ai écrit autant lorsque je l'ai côtoyée. J'ai finalement "sorti" avec elle (je ne sais plus de quelle date à quelle date et c'est sans importance, de toute façon), mais ça n'a pas fonctionné (amour à distance et autres merdes). Elle m'a largué au téléphone (quelle joie!) sans aucun remord. La vie est faite comme ça. Des rencontres qui semblent enrichissantes et durables qui finissent toujours par se détruire à petit feu. Jusqu'à maintenant, ça a été ça mes relations amoureuses.

Mais la vie nous apprend plein de choses et je sais fort bien que j'y suis pour pas mal dans toutes ces ruptures. Mais bon, mieux vaut ne pas s'éterniser sur le sujet, vous êtes là pour lire des poèmes, pas mes jérémiades! :O)


Tranches organiques à demi englouties
pour ces fidèles cortèges de bombes.
Suite à l’ampleur des dégâts, je m’enfuis.
Loin, sur une infinité dans les tombes
fuyantes, bruyantes, engouffrantes,
je suis le rythme de mon propre cœur,
sauvage dans cette forêt de folie ambiguë.
Sur toi je pose mon regard
une dernière fois avant de te regarder encore,
et je ne peux penser à autre chose
qu’à tes yeux pénétrants,
comme une lueur au fond noir du soir.
Je marche alors, me faisant minuscule,
sur le bord de tes lèvres
afin de les lire au son du silence.
Il n’est pas trop tard
non, pas trop tard pour te parler de l’absurdité,
lorsque nous nous retrouvons dans cette obscurité
qui pèse comme un danger menaçant de détruire,
détruire ce qui peut rester.
Et le reste viendra simplement dans nos têtes,
une folie mutuelle, s’entrecroisant inlassablement.
Le sable volera en poussière bleue et la vie rigolera bien du tumulte cacophonique nous entourant, nous enivrant, et plus les soleils monteront dans le ciel, plus le sentiment robotisé par la société se dégèlera pour créer une entité autre et neuve, et fera de l’ancienne foire une veuve triste et morne.

À minuit, tous les plats sont cuits,
Mais les chats ne sont pas gris.
Or, l’angoisse monte peu à peu en moi,
Usant un cœur plein à craquer.
Rien de mieux qu’un bain d’amour pour mûrir sans mourir.

Sans regarder autour, je me penche pour ramasser le cristal d’une de tes larmes et je le garde sous ma langue pour toujours goûter ta tristesse noire et réservée. Je le fait par amour, mais aussi pour mieux connaître la folie qui semble t’habiter et qui te va si bien. Sourde folie musicale, fourbe folie cérébrale, gourde sous un lit d’hôpital qui tombe entre mes mains l’attrapant pour la boire lentement.
Je me retrouve encore sous le ciel électrique et je m’endors finalement avec toi, ma tête sur tes jambes, sachant qu’il ne peut rien m’arriver.
Dormir est bon
quand je suis dans tes rêves
où tu rêves d’un de ces beaux vers,
ces beaux vers d’illusion
coulés dans le verre d’un de tes rêves.
Parallélisme de la pensée humaine,
sous-univers sous la réalité fictionnelle.
Le monde n’est que ce que nous en faisons,
il s’agit simplement de se réveiller.
Dans ton sourire, je peux me voir modifier le temps
pour sentir enfin le parfum sur tes joues
blanches et belles.
Si belle et si rebelle,
j’en tombe encore de plus en plus haut vers l’horizon.
Une sorte de torrent intérieur semble vouloir en sortir. Je me demande, dans un cri filamenteux de l’air, tout en ensorcelant une lune dépitée, je me demande si tes yeux se tourneront à leur tour vers moi. Pure supposition illusoire semblerait-il encore une fois, je présume. Mais attendons la suite sur la même Bat-Chaîne, même Bat-Heure…

13 mai 2001

mercredi 5 juillet 2006

IRMIDOGIE

Un poème en prose qui n'a aucun sens. C'est l'exemple le plus flagrant de mon goût à l'écriture automatique. Le poème s'intitule "Irmidogie". Irmidogie est synomyme de folie à l'état pur (dans mon vocabulaire), le chaos originel qui mis dans mon esprit l'idée de l'exformisme.

Irmidogie deviendra par la suite l'un des douze mondes qui existera dans l'univers du Dernier Soupir (et vous devez sans doute en avoir marre de m'entendre parler de ce texte sans pouvoir le lire! héhéhé!). Le monde de la folie, cela va de soit! Juste une détail de plus concernant le Dernier Soupir, je me suis beaucoup inspiré de l'univers de Neil Gaiman dans sa création.

Irmidogie, c'est aussi une ode à une demoiselle qui se nomme Hélène et que j'ai aimé comme un dingue à l'époque. Elle fut ma muse pendant une grosse partie du deuxième volet.

Ah! Une dernière chose avant de continuer... Essayez de trouver les auteurs qui sont présent dans ce texte à travers tous les jeux de mots que j'ai fait... En espérant que vous vous amuserez autant que moi!

Enfin, je vous laisse lire "Irmidogie", c'est quand même un peu long à lire...


- Tiens, qu’avons-nous ici? Rhubarbe chaudrée avec sauce de palourdes. Excellent par ici.
- Les vidanges passent bientôt, tu leur donneras.
- Mais…
- Y a pas de « mais » qui tienne, imbécile…

* Premier tableau d’Irmidogie *
Hum! Silence dans la salle! Nous allons commencer l’Irmidogie sur le dos d’une pintade. Sous le soleil dans 5, 4, 3, 20, 8, 54, allez-y! Lancez les piliers de boue sur le métal de son ignorance. La ferraille se déplace en cercles monobules sur la ligne jaune de l’envoûtement. Et c’est dans une narine qu’il distinguera la pintade vantarde armée de cornichons à l’aneth. Bouze-de-Bourbon et Von Triple-Fükker se balancent dans l’atmosphère marécageuse du portable bleu. Des pas, silencieux… Folie, folie, folie des anciennes ruines mexicaines sur ces foutoirs andalous de merde ductile. Irmidogie collective, maintenant! Soupape pompier marin d’eau douce crème aux champignons nucléaires. Si jeune, et si rebelle, si belle, et si enivrante du vin d’hydromel suffixe. Le noir, les horreurs, terminés ces idiots fumigènes en se lançant dans la boue supramimette, ou minette aux menottes rousses pâles, ses yeux quasi jaunes m’ensorcèlent sur le vent éventré du ciel nocturne, où ne brille qu’une seule étoile… L M, elle aime, aile emme, Hell aim, L N, el haine, hèle aine, et le N, Hé! laine!, Hélène…
C’est obsessif, folisiaque, horridale, vumifuge, emmitouffant, ces bobettes noires pèsent sur une conscience qui a soif, tout comme mes yeux dans les brises lunaires. L’amour. L’amour qui rend fou, l’amour amitière, l’amour orgueilleux, l’amour romantique, l’amour familiale, l’amour heureux, l’amour triste, l’amour bavard, amour silencieux, amour langoureux, amour destructeur, amour amoureux, tout simplement Amour. C’est le jeu de la vie et de la mort sur le chemin menant à cette toilette vierge, latrine euphorique, bécosse paradisiaque. Tu chies, tu pètes, tu rotes et tu meurs, trois p’tits tours et puis s’en vont, p’tit foulards bruns…
Appelez-moi Idiosyncrate ptomaïnal, appelez-moi Gadjo Dilo, appelez-moi Ampuse désossée, je serai toujours Folie Burlesque! Lâche pas la patate, Freud, tu en auras long à étudier dans cette suite d’idées invertébrées et larvaires, varech, réclame, âme, lame, larme, l’arme à gauche, gaucherie spirituelle, ruelle sombre, ombre blanche, hanche de bois, hache d’abois, Robert Charlebois, il coûte cher le poids… Assez ou je te casse les noix!

* Deuxième tableau de chasse aux fantômes *
Dans les sous-bois d’Aurévilly, ce barbu mal armé chante la marmicelle dans les égouts du beau, de l’air et du sol famirédos. Et je vois dans mon verre, l’aine de cette dame qui a mal aux reins. Beaucoup plus tard, il vit, lié au mât de la baleine, Ulysse 31 qui sifflait un air qui sent mauvais. Bulles dans l’eau, séant dans le sable, les fourmis crohondes s’enflamment les testicules dans un bas tôt le matin, ou un bateau le mât teint… Confuses élacobromissions de l’être en palpables sécrétions visqueuses. Dans mon sourire, Louise attaque ces chiens dévorés par la grand-graine syphillienne des mots passant à toute vitesse sur le violon séché, sur des oignons mangés. Fille impure sur un mur d’ordures très mûres. Je divague sur dix vagues et je dit « vague » à cette diva gueuse. Souvenirs, souvenirs…
Menton fourchu à l’heure qu’il est, l’Irmidogie individuelle peut débuter. Six saucisses sautent six sauces, six semences. Lavez-vous l’orange blossom sur la tête de cancre, ciblez six blé d’Inde sur cette dinde et crachez votre nez syrien si rien ne vous chante. Recette de bœuf sourd, les canards de la Bulgarie s’empalent à travers la folle, ivre d’apnée. Musique pour ma muse aphrodisiaque, mensonges égocentriques pour le plaisir des chefs cuisiniers de la tribu Brady, tout cela se meut en un violent désir d’affermir l’ordre dingochitiste du chiasme stupéfait. Sirconapiduelgom sarmanello légiononogolefeur soustime ave gomo gomo affumebloïstocave prupucucumumu olosyncopathe d’ovirazgulh boristophe (ici, il y a une suite de symboles incompréhensible qui se termine pas le mot « HÉLÈNE » écrit en espèce de signes chinois)!!! Sybil Vane. André Majord’homme flûtiste sur les plaines d’Alfred Nobebelles. Retour de l’obsession, de Calvin Kline. Sirupeux vase communicant fondant dans dix dandys. Les foudres de l’archipel du sanglier flottant et du cochon siffleur atteignent les fleurs du mal au cœur, chœur fragile sous les mains d’un pirate maboule. Je m’enfuirai donc dans ce val d’ombres pour feindre ma mort folimique. Tout n’est que fiction dans le regard des autres et stupidité dans leurs gestes hideux.
Épluche-patate en bandoulières. Ruche psychopathe en genouillères. Drôle de tube, pourtant. Anévrisme du lactose phallique que le monde purulent de l’Occident. C’est le sommet de la frivolisation. Annihilophobe, peur de la destruction des majorités d’empâtés sur le nombril de l’indifférence d’interférence. Beurre de caca haut.

* Troisième Irmidogie du tabulot *
- Ah! Qu’est-ce que nous avons ici? Syrose du foie dans son jus de moelle osseuse. Les habitants disent que ce plat bouge, tellement il est coloré.
- Vas leur foutre dans le cul!
- Mais…
- Ta gueule pauvre tronche de beurre de cas chaos!
Indicible, je n’en puis plus de ces élucubrations dans ce siècle où le solide s’embête avec le liquide siphonné de la pluie! J’organise ma passion sur l’être de lettres qui veut être laid. Si tu peux jouer cette symphonie cacophonique assez longtemps, embarque avec moi sur l’ordalie de l’origami et manque ces luminescentes envolées de l’hymne échoïdale, dans la danse bruyante et vaseuse. La sortie est par-là, où ce nain honteux bonifie souvent sous le ventre manchot. Si belle, si rebelle, et si jeune, disais-tu? Meurt pour la vie et vis pour la mort, ainsi font les oiseaux de papier. Imbibe-toi de cette lueur jaune qui te hante constamment dans tes moments de lucidité comme de folie. La canarde rit en passant dans une buanderie sordide. Quelle camaraderie du démon pour si peu dans le feu des volcans, les neiges du Kilimandjaro. Les pleurs paranoïaques me rendent fou et mélancolique. C’est un cri morbide dans le jour, le soleil et ses rayons agressent ta peau et tes yeux, et toi, tu restes là, à danser dans cette mare d’australopithèques se bourrant de bifteck. Irmidogie involontaire de l’insalubrité cataclysmique résonnant sur ton tympan. Souffrance bienfaitrice dans la folie, folie, folie, folie, reste polie, sophie, momie, vomi, vaudou, filou, fille, folie…
Cercle vicieux dans sa perversion symptomatique, absurdité volontaire du vase dominant la forêt de sapins, de lapins, erreur de données, erreur de données. Je lui ai donné l’air, l’heure et elle m’a renié, l’air heureudice, Eurydice de l’indissociable indice fauve…
Dans toute cette signifiance jouissante, encore vas-tu mordre cette chairure près de la serrure où crient moult pressures dans le mou. Heures qui passent, fleurs toutes basses, horreurs lassent, pleurs qui t’enlacent. L’univers… l’univers s’en moque de ces ouvriers organiques qui niquent sous des lévriers chimiques. Tout cela n’est que transcontindicabilisation. Syndicadavres moribonds saouls, indiquez le havre de ces si bons matous. La pureté de ton âme en sera ainsi réduite à l’état de la Louisiane française, cette minorité mourant de l’asphyxie causée par leur langue de bois impuissante à une frayeur de pourrir. Finis donc ton assiette, punis donc cette coquette et pisse tes tripes de sang au visage du critocéphalographitique enfin de l’orgueil incandescent. Elmivoronze poulèbride phtumorgoth moda-mody sur Mobby Dick qui enscropulle phistoche momo. Rigoulasche protosythétique. (Autre suite de symboles étrange et semi chinois, ou extraterrestres). Démagogie tronique que cette merde irmidogiaque. La démographie de la dune fœtale mendierait le clair de lune pour bien moins. Si seul au milieu de cette horde de zombies…

* Tableau quatrième : Irmidogia *
Plusieurs personnes se demandent si les dents tombent du ciel lorsqu’ils perdent les leurs. Ces sieurs résonnent et commandent le silence de tombe, miel mort s’ils merdent dans les fleurs. À la lueur de ces phénomènes, tout porte à croire que la vie mousse et pousse sur la planète des chiens au nom d’Irmidogia. Plantes en fût, oranges en mutation, terre cuite en porcelaine devant ces porcs de haine, dans un port de laine. Il est fort ce putois qui pue sur les toits en se disant à lui-même : « tu pues, toi! » Il y a dix ans, les ouvriers de langue d’Oc pataugeaient dans le bourbier de l’éternelle puanteur près de ce pré vert, au milieu des algues marines de Chine communistible. Mains tenant maintes nuances, maintenant, elles pleuvent sur les ouvriers chantonnant un jazz zigzaguant avec leurs zizis zigotos au Zimbaboué. Une goutte de sueur de Californication dans une grange où la dame de pique racle sa barbe et tue Rick avec un carton moelleux. Des petits points font des poids vers la planète Sartre-Urne et Jupe-à-terre. Voyons maintenant ce que Your-Anus dira à cette Farce. Les cloches du cocher subiront l’éclatement des roches quand la viande à chien sera proche. Ils seront tous des instruments de torture s’ils dérogent et des prés, et des Montaignes. Je glisse alors sur le jus des teignes électroniques et je lâche un électro-juteux et magique où s’éteignent les limaces. Des tours d’ivoire deviennent phalliques aux yeux de l’englobante momification de mon être déluré des cas denses, et toute cette décadence devient une musique arabe dans mon intestin qui grêle sur les routes embrouillardées par l’orgasmicanique photo mobile. Les vagues de la feuille blanche, les branches de la veuve en transe, tous au pas des cadences armérielles. Bousille, fusille, Castille, gentille, famille, fille, vrille, fille, jaune, encore m’envahissant, comme dans un cimetière intrigant où le doux murmure des feuilles m’emporte sur un nuage chargé de poésie. Son visage me revient tout saoul, riant de mon incompréhension de sa vision artiste. Des cris me hantent et volent en harmonie fluidiste en trombe sur les veuve rances. Dérision que tout cela! Des membres mentent en feux syllabiques aux regards fuyants perpétuellement infinis qui se tournent vers les astres plats. Irmidogie platonique, enfin.
Pleutre enraciné dans l’ambre, cette anti-chambre de l’horreur et de l’union solitaire. Amour platonique voué à passer sa vie sur un pied gauche. Videncre pudique quand Biquette somme la piquette de se boire vitement. C’est sous la vitre meurtrière qu’elle aperçoit mon ombre fugitive et qu’elle pleure en mangeant mille re-morts. Mi-mort, j’honore, je mords ma mort en tord.
Au revoir, sombres jours sans folie, sombres fours, cent jolies demoiselles sirotant les ans sans comprendre la mourante.

* En rut sur le cinquième fabliau *
- Tiens, qu’avons-nous ici? Un être dément assis dans ses excréments pourrissant, arborant un air stupéfait et renfrogné, nappé d’une succulente couche de transpiration cutanée. D’après moi, il faudrait s’en débarrasser.
- Va te faire sodomiser!
- J’en ai assez, monsieur. Mourer.
- …
Et pan! Dans la tête fromagée! C’est la bastonnade qui s’y remet en sens inverse. Nous avons dépecé un cancre las et nous l’avons fourré de lard saint. Une bonne bourre et puis, là, il meurt. Irmidogie spirituelle de l’introspectateur. Mimétisme freudien si cher par paire d’oreilles, et ils nous renvoient nos bancs par les fous de bas sang. Une lueur mnémonique arienne veut te regarder encore une fois avaler ce ragoût de nuages en sortant des nues. Âge ingratifiant que celui de l’orphotindrose bollica molle cancan. Quand va-t-on arriver? Jamais, ou demain, mais ta main n’est plus dans ta poche. Mets ta main sur le poil chauve de l’ignorance intellectuelle. Ce coco pourrait bien, en fin de conte, décider que Bud Spencer et ses poings sont dus pour le prix Nobel à la poubelle. Regard impromptu. Sumo, ces guerriers de l’art, chient noix et pommes de terre fertiles. Zozon goinfre. Enfer mésopotamien et B-52 volant une fois de plus les souliers de l’orifice par des artifices pluriels. Les oiseaux volent, terre en vue. Il sont tous des enfants de la pomme de route du paradis. Ils dansent et chantent et tournent et avancent et reculent et rampent, mais ils ne regardent jamais devant eux, pour ne pas tomber dans la folie. Inutile, elle se rend vers eux en ballottant sur ces balles, ôtant leurs champs d’ail en rigolant avec ce ruisseau de douleur à l’embouchiure de l’âne ustensile de cuisine. Dans ce monde infernal, la folie est pure et compréhensible. Plus de jeux de maux, plût à moi d’en décider, l’autre ment. Le soleil, l’or, le blé mûr, ses yeux jaunes me sont apparus une autre fois, autrement cette fois-ci, au travers des millions de rats verts sur une musique de Ravel. Plus seulement les dieux, mais aussi la boue chevaleresque, le corbeau ensorcelant et la vie sage. Multiplicité idyllique au temps du vent très doux et par le dosage des caresses passagères. L’empire d’ilguikelkarn Plotersinclinal flanche du corps beau, du visage, de ce ventre invitant et des caresses dans son dos. Enfin, je peux respirer une foliopurélite en filant moi-même au monolithe amourophile qu’est ma pensée plantée en terreur un sourire sans mourir du fou rire qui donne la soif aride de boire du lait vraiment bon. Souvent, j’en pleure, mais je sais que tout cela se terminera un jour, parce que devenir sérieux, c’est mourir, et tout le monde sait que dans du mou, rire est jouissif pour ces rieurs lointains ne comprenant pas cette fabule Irmidogie, car devenir fou, c’est renaître de ses cendres.
Je pense que c’est la faim.

29 avril 2001

ORGANISATIONS CRÉATRICES

Voilà enfin venu le temps de la véritable expérimentation personnelle! Pas de cours pour me restreindre dans des voies nébuleuses, pas de prof pour donner des conseils plus ou moins efficaces. Du pur Luc Pelletier. C'est à partir d'ici que les textes deviennent beaucoup plus intéressants. Le thème de l'oiseau, ici, prendra sa signification la plus commune. Il est l'envolée vers une autre étape de ma vie: la vie universitaire, la découverte de textes fabuleux dont Moby Dick, le retour à une liberté après une épreuve de couple qui s'est mal finie (une longue histoire qui s'est terminée avec un conflit spirituel avec la personne en question (voir la fin du premier volet si vous êtes curieux)).

L'inconscient, plus que jamais, travaillera au fil des poèmes, mais vous en aurez un exemple frappant dans le prochain qui s'appellera "Irmidogie".


Sur l’îlot de la déchéance accrue,
cet oiseau ne vole dans ses pensées
que par une injection souvent aiguë
de ce chant divin et très nuancé;
un regard
bleu
qui sourit aux tombeaux de sa vie.
Ponctuation d’infini dans le souffle
accueillant le mystère empli de folie.

Il se voit dans cette eau fangeuse,
où les organisations créatrices
embellissent
inventent
devinent ce marbre indestructible
où l’oiseau de ses pattes tangibles
s’évapore dans l’atmosphère humide.

Un
enfant
papillon
envahira
son esprit confus
sur la plaine éternelle
où nagent deux cercles plats,
symbole ambigu de noirceur
recouvrant les pensées surhumaines
de l’oiseau effacé de sa lueur
grise et ensuite bleue du ciel vapeur
par lequel ce regard vivant nie
la nourriture spirituelle
de cette triste folie rouge
enveloppée de rayons;
un cosmos à lui seul
sur la rue de bronze,
dans les palais
d’Alexandre
le Grand
Dupe.

Absorption
de ces macchabées imbus de paroles
vides faites de bois.
Refus de la matérialité nuisible
de cette minorité visible
pour enfin devenir
un feu céleste.

11 avril 2001