mardi 28 mars 2006

LUNE ENSORCELÉE

j'aime la brillance de la si douce Lune
montrant le chemin aux âmes perdues
dans les merveilles de la nuit rebutante
dans les sombres desseins de mon humanité

je regarde le noir univers m'entourant
et je ne vois que cette lumière
blance apparition venue de l'éternel
figure m'invitant froidement vers elle

mes larmes s'envolent ensuite vers l'aube
refusant d'approcher cet astre ensorcelé
mais alors que le sol devient une ombre
je m'échappe du spasme arrogant
et je retourne tout au fond de mes sentiments
car c'est ici que je devrai comprendre
et parler à la Lune
la seule qui soit
la seule qui comprenne tout

tu parais si près de moi
mon amour
ton regard me scrute de toute sa beauté
et je ne peux que l'admirer chaque nuit
toi qui seras toujours là pour moi

ne refusant aucune de mes paroles
aucune de mes tristesses
si noires soient-elles
tu ne brilles que pour moi
blanche frénésie
insatiable névrose

mon corps retombe de son pilier froid
ne pouvant atteindre ta bouche
et se fracasse silencieusement et lentement
comme un miroir ne reflétant aucune image

les débris s'évaporent en cristaux verdoyants
montant dans le néant profond de l'espace
et étant trop attiré vers ta pâleur
charmante délectation
je passe en toi tel un fantôme éphémère

mon coeur se meurt en une légère hystérie
quand de mes yeux tu t'éloignes furtivement
tu oublies qui je suis
pitoyablement
et te tournes vers le ciel de la Terre
en quête d'une âme moins perdue
mais tu ne peux détourner le regard
car mon amour pour toi est trop grand
et dans la Mort je t'emporterai avec moi

en mon coeur tu vivras à jamais
et dans le tien mon souvenir te hantera
je t'appartiens et tu m'appartiens
unis pour toujours dans la solitude

une solitude que j'embrasse sans avoir le choix

tu as besoin de moi
toi qui es sans foi
toi qui veuilles sur moi dans l'ombre du soleil
et je parviens enfin à toucher tes lèvres

ta bouche trop grande m'avale

je me tourne vers ton coeur et lui demande
voudrais-tu rester avec moi ce soir?

je ne te laisserai pas dans cette psychose
nageant dans ta tête pleine de lucidité
nous dormirons dans des nuits de satin
et regarderons le monde se détruire à petit feu

ma gorge se serre quand je te vois tout là-haut
je pense au crépuscule te réveillant en douceur
et finalement mes larmes reviennent vers toi
car tu es mon trésor
tu m'as ensorcelé

14 mai 1998

lundi 27 mars 2006

EN ME LEVANT DE MON LIT...

en me levant de mon lit
j'ai vu que tout là-haut
quelque chose m'attendait, oui
quelque chose d'extrêmement beau
une éternelle lumière qui éclairera
mon coeur si gros de chagrin
et l'emportera dans son aile de satin
vers un univers où la souffrance brûlera
et où je pourrai enfin me reposer
devant tant de souples douceurs
qui naissent en moi à cette candeur
dans l'éveil vivant enfin repéré

6 mai 1998

dimanche 26 mars 2006

CIVILISATION PERDUE

Et c'est avec peu de déception que se termine
la grande aventure du petit pissenlit
qui s'est fait détruite comme une vermine
et gît maintenant telle une flaque de vomi,
répandant son fluide blanc et infect
à travers la terre brune piétinée
et le vert gazon fraîchement coupé,
semblable aux têtes des membres d'une secte.

Horreur! Le pouvoir abominable du soleil
permet à l'intrus territorial un second éveil
et une autre chance de pousser plus beau,
plus fort, plus vif et beaucoup plus haut.

La rage soudaine montant de la terre
vient ensuite améliorer le processus;
l'autodestruction est imminente dans cet enfer
de confusion générale ravagée par les puces.

Regardant ce spectacle assourdissant,
j'ai une vague impression de vide,
de tout emporter dans le vent fuyant
et disparaître derrière les montagnes,
admirer les arbres qui lentement se vident
de leur essence vitale, pourissant sauvagement,
accueillant silencieusement le sort qui les gagne,
et mourant à petit feu fébrile et endormant.

5 mai 1998

jeudi 23 mars 2006

DOUCE IVRESSE...

Incontestablement névrosé
Ce givre absurde se formant au plus profond de mes entrailles
Pourri peu à peu de lui-même
De par la folie qui pénètre dans mon esprit tourmenté
Saccagé

Je respire le parfum du silence
Enfoui dans mon coeur meurtri
Et sale de confusion
je regarde mon corps ridicule et hideux
Reflet d'une profonde mélancolie oubliée

En respirant l'air pollué du monde entier
Mon cerveau devient une charogne molle
Portrait d'un grand tourment Mort et fatigué
Qui grossit de plus en plus dans mes pensées

Je regarde enfin ce que je suis devenu
Hélas
Car ce n'est rien que je vois
Non
Rien
Cela devient de plus en plus énorme
Me suivant
Et me persécutant dans le plus profond des sommeils

Sommeil aboli par la pensée d'une histoire nouvelle
Histoire qui sera enfin devenue le refuge de mon âme
Dans l'oubli éternel
Mais niant la Mort
Niant tout
Tout ce qui rit de l'absurde et de l'inconfort

L'inconfort d'être mal dans sa peau
D'être Mort
De ne plus exister dans un univers rempli de débauche
Et dépourvu de tout sens commun obligeant la pensée
Montrant quelque sens intime
Et isolé d'un amour utopique

Enfin
Je regarde le ciel noir de ses blanches étoiles
Me demandant ce que j'ai fait sur Terre
Sur cette immondice

Je m'écorche à un idéal recherché
Mais point trouvé
Car cet idéal est maintenant loin de moi
Loin de tout être

Ma peine grandit alors au souffle de l'agonie éternelle
Me poussant à trahir mes simples voeux de bonheur heureux
Me forçant à mentir sur ma personne
Sur mon pouvoir de vaincre le mal me possédant de toute sa main

C'est maintenant la fin
Fin horrible et souffrante d'une vie
Gâchée par un puissant pouvoir d'amour incontrôlé
De désirs fous et intouchables
Qui se meurent en moi
Moi qui ne suis qu'un simple jeton
Dans l'univers des cieux immenses...

2 mai 1998

jeudi 16 mars 2006

OUBLIÉ

En effet, les séances semblent de moins en moins espacées entre chaque publication. C'est surtout que je commence à avoir hâte de tomber dans le deuxième volet! C'est encore dans longtemps, on est rendu au vingt-quatrième, il y en a 81, mais bon... Toujours est-il que je fais trêve de bavardage ici et maintenant et je vous envoi le prochain... qui est... hum... j'ai oublié...


l'oubli
est le seul refuge pour une âme en peine
car c'est dans l'oubli qu'elle se perd
se complaît
elle nage dans le Fleuve des Pensées-Sans-Nom
et se purifie du volatile et simple vide

maintenant que le Monde a tout oublié
je peux enfin ressortir du sombre coquillage
qui recouvrait mon corps meurtri par l'évolution
une civilisation perdue qui dévore les pensées
les désirs

un Monde où la liberté des mots sots est abattue
un Monde qui tue la paisible vie de ses moutons
qui continuent leur route sans rien voir dehors
sans remarquer le changement direct et dangereux

les lois se renforcent
les ceintures se resserrent
mais les moutons ne voient rien
ils ont oublié
ils ont oublié la douce fraîcheur de l'air pur
oublié les simples chants mélodieux du bonheur

mais surtout
ils ont oublié de vivre ensemble
ils ne se regardent plus
ils ont atrocement peur

c'est la conséquence de la civilisation qui éloigne
le désir de se rencontrer
qui nous fait oublier

1er mai 1998

mercredi 15 mars 2006

AU REVOIR...

En te disant au revoir,
je réfléchis au miroir
qui reflète la curiosité
enflammant l'éternité.

C'est en volant dans le firmament
que s'étale la tranquille nuit
morte du fatal crispement
éradiquant l'oeuvre de l'ennui.

Refoulant toute attache au monde,
j'envoie mon signal tout enfoui
dans la vase du séisme immonde,
et je regarde le soleil qui tombe.

Dans l'oubli je fuis, tout est fini,
car le bruit crie "JE SUIS" à la vie.
Hormis la folie éphémère et sordide,
j'opte pour la vieillesse et ses rides.

Mon souffle s'évapore dans le feu
ardent et brûlant, les flammes de Satan.

Divine source maudite, je suis heureux
de mourir dans un Bonheur qui ne connaît pas les ans.

mai 1998

dimanche 12 mars 2006

À venir.....

Beaucoup d'entre vous ne le savent pas, mais Ox Maximale Turbulence n'est pas que la personnalité de ce blog.

Tout à débuté en 1999, époque où j'ai découvert un programme de musique sur PC qui porte le nom de Impulse Tracker. J'ai donc fait des pièces musicales pendant cette années (environ une quinzaine) et le CD que je me suis fait après ces créations s'est intitulé "Ox Maximale Turbulence". Ce fut la première apparition de ce nom dans les annales mondiales et je compte vous faire partager, en plus des mes textes poétiques, mes créations musicales.

Inspirées principalement de la musique des années 80, surtout Yello, ces musiques, souvent répétitives, sont le fruit d'une mutation d'un univers parasité de paraboles éronnées couplé avec l'agencement de trois coquerelles bien juteuses qui ont subit un lavage de cerveau.

Je mettrai donc dans peu de temps (compter ici, possiblement, quelques mois) à votre disposition, chers lecteurs assidus, ces morceaux en lien quelconque, quelque part par-ci, par-là... Je ne sais pas encore ce que je ferai, peut-être irai-je sur le très controversé site de My Space (on m'a dit qu'on pouvait mettre de la musique sur cette merde). Ce sera sans doute le cas.

Bref, gardez l'oeil ouvert, de la musique s'en vient! Comme je le disais plus haut, ce sont mes débuts dans l'essai de la musique "électronique", soyez indulgents, mais certains d'entre vous apprécieront peut-être!

Sur ce, longue vue aux taupes, et mort aux cons!

vendredi 10 mars 2006

JE MARCHE AVEC LES FEUILLES

En descendant de l'arbre insolent,
je me suis enfuis dans une forêt où le vent
faisait marcher les feuilles près de moi
et jaillir la poussière tout à la fois.

À ce moment, j'ai remarqué, malheureusement,
que j'étais mort depuis plusieurs jours,
car je voyais m'emporter le vent frémissant,
au gré des feuilles sèches vers le Carrefour.

C'est l'endroit où toutes les âmes se rencontrent
et expriment leur dévouement envers la vie
qui n'a rien fait pour eux, quel ennui,
mais qui les a rendus si heureux par contre.

Je marche maintenant avec les feuilles,
leur disant combien je suis triste et morne,
mais elles ne m'écoutent point, quel orgueuil!
Je devrai donc dépasser toutes le bornes
pour me faire entendre des décrépitudes
qui passent leur journée à voltiger en l'air
en se moquant du premier, manger sa chair,
et le laisser là... dans sa solitude...

23 avril 1998

lundi 6 mars 2006

TOUT DANS MON ESPRIT...

Je marche maintenant, froid, si froid, si seul,
Me demandant pourquoi je me déchire, couché sur mon lit,
Et déjà je ressens tellement en mon coeur,
Ces larmes qui coulent comme un torrent sur mes joues.

Ta beauté se cache tout au fond de toi,
Et ce sera, oui ce sera tout ce que j'ai vraiment besoin,
Car tout au fond de toi se chache un trésor encore secret
Que j'ai découvert en tombant du néant infini.

Mais tu veux tant tout avoir de tous ceux qui t'entourent,
Tu cries: "Donnez-moi tout ce que j'ai manqué,
Donnez-moi du bon temps", et si tu regardes dans ton miroir,
Tu y verras qu'une personne t'attend... et t'entend...

Mais je vois alors que tout est dans mon esprit,
Ton visage, tes yeux, ta bouche, si loin de moi,
Je suis si fatigué de reculer toujours plus loin de ton coeur,
Si fatigué de fondre près de toi et dans le sable disparaître.

Je me demande ensuite si toutes ces larmes en valaient la peine,
Mais celles-ci reviennent aussitôt que je pense à toi,
Et je recule encore plus, et encore, et encore...
Jusqu'à disparaître de ta vue, et m'effacer pour l'éternité...

Mais quelque chose m'en empêche, comme un mur m'arrêtant,
C'est la peur, une peur inconnue qui m'agrippe,
Qui me noie dans une crainte profonde,
Celle de perdre... perdre la seule personne que j'aime...

19 avril 1998

Merci à Daniel Ash, de Love & Rockets (chanson "All In My Mind", sur Express), qui a été une grande inspiration pour ce poème.

mercredi 1 mars 2006

LE VAUTOUR...

Le mois de mars, enfin, où les journées froides cessent enfin, où l'humidité imprégnant les os finit par s'évaporer et où je vais enfin arrêter de grelotter! J'invite donc un vautour à venir se repaître du cadavre de Février, il ne mérite que ça. Il est synonyme de déprime collective et c'est légitime de l'engouffrer dans l'oubli pendant un an...


Sous l'ombre d'un arbre Mort,
une gamine pleure accroupie, petite,
sous la Lune lugubre et sans remords,
la Mort et les torts de sa mère maudite.

Un vautour l'attend sur une branche,
dans l'espoir d'une souffrance franche
vers laquelle la fillette se retournera
en pensant à la solitude qui viendra.

Mais elle est incapable de se soumettre
à la volonté de cet affreux animal
aussi répugnant qu'une charogne astrale
en décomposition autour de la planète.

Le vautour la regarde de son oeil vide
et salive à l'idée qu'elle n'endurera point
les misères trop nombreuses et avides
qui l'attendent elles aussi, au loin...

16 avril 1998

dimanche 19 février 2006

INFINI

Parsemé d'inséparables astres blancs,
l'univers voltige en tous sens, vivant,
entraînant dans cette soudaine complexité
mon coeur maintenant reposé
de tous conflits noirs et fiévreux
qui dormaient depuis des années
et qui brûlaient mon âme possédée
par une esprit vil et vaporeux ;
car pendant toutes ces années
je rêvais d'une réalité changée
par une diable de confusion multiple,
indépendant de toute attache,
de tout signe d'affection si minime
que multiplié par l'infini, il faudrait qu'on le triple
pour enfin voir une chose infime
et aussitôt, finalement, y mettre la hache.

Or, les ondes frénétiques et folles
soufflent la plume sauvage
dans l'harmonie toujour sans fin
de mon coeur encore battant
de toute cette musique qui affole,
qui devient un terrible nuage
au-dessus des rivages du destin,
de la plaine où il n'y a point de temps,
et c'est dans le son doré d'un arc-en-ciel
que mes pensées s'envolent en silence
vers l'évolution hâtive des merveilles,
vers le sous-sol de la romance
si belle et envoûtante dans l'éternité
que la Mort n'existe plus, jamais,
et que les oiseaux de glace argentée
planent sous les nuages, au-dessus des forêts.

16 avril 1998

mardi 14 février 2006

SONGE ÉVEILLÉ...

Énterrée dans un écran flou,
elle rit... ou plutôt elle pleure
en silence face à tout,
tout le tourment qui cause sa peur.

En se levant patiemment de son océan,
d'un bleu argenté brillant, scintillant,
elle s'appuie sur l'éternité cachée
par la tristesse de la Lune ébréchée.

Mais un souffle pestilentiel la frappe,
faisant chavirer son frêle engouement
de songes impies et petits, mortellement.
c'est le retour du temps, des larmes...

Et elle rit de ce chaos qui dévale
en échos mûrs et pâles qui avalent
la chanson du sommeil agité,
la mélodie du froid amour brisé...

14 avril 1998


HAPPY HALLOWEEN!!!!!!

dimanche 12 février 2006

LE RIVAGE

Et nous aboutissons sur un rivage ensoleillé, le calme envoûtant enivre les corps douloureux et subjugue la raison. Oui, il y a du positif dans ce que j'écris, et étonnamment, c'est très souvent des poèmes d'amour... comme celui qui suivra. Un pirate invétéré voit son navire coulé suite à un rude combat contre un créature marine encore inconnue jusqu'à ce jour (on peut mettre Moby Dick ici... ou Dieu pour ceux qui n'aiment pas les métaphores...), et il se retrouve flottant au gré des courants sans savoir qu'il vient de frapper....


c'est un regard tourné
vers un ciel bleu et profond
qui m'a brusquement réveillé
du rêve obscur que je faisais

j'étais sur une île déserte
parsemée d'ossements pourris
mais maintenant je n'y suis plus
mon cauchemar terminé
je revis

ma tête flotte sur un nuage
blanc comme la neige froide
me reconduisant chez moi
avec la délicatesse d'un papillon

et mon regard se tourne vers toi
heureux rivage rempli de fleurs
la flamme éteinte dans mon coeur
se rallume finalement pour toi
toi qui as su tout sur moi
dans l'émoi engouffrant mon mal
déjà loin
déjà mort pour toi
toi
mon rivage lumineux
apaisant

3 avril 1998

mardi 7 février 2006

UNE FORÊT MORTE (depuis peu...)

un soleil est mort
dans me syeux d'un fert solitaire et reversant

dans les larmes peu à peu s'éteignant
une rigole perdue
une forêt trop dense

je me suis enfoncé dans cette végétation
un cerveau ralentit l'avide croissance
et avale en même temps mon souffle
emportant la poussière des morts

ma pâteuse langue goûte les arbres rouges
sur ce crépuscule écrasant de froid
tandis que les rochers
dévalent l'éternité de fluides pensées
toujours en combustion

la course effrénée du temps arrêté
se demande pourquoi les oiseaux parlent
et vomissent des champs de tristesse
sur la tête blanche des hautes cimes

c'est sûrement l'or des abandons multiples
qui attire cette euphorie mystique
dans les branches craquelées du vide
dans le coeur de la forêt morte

plus rien maintenant n'y pousse
visitée trop souvent
par le corps des enfants nocturnes
de l'oubli trompeur regorgeant de sympathie pour
la charogne

mais peut-être qu'un jour
saurons-nous la véritable nature de ce lieu pourri
un lieu où tout est permis
tout
sauf de vivre
de vivre

3 avril 1998


Une fin à la Nelligan, j'en conviens; mais qui, à 18 ans, ne se sent pas l'âme de Nelligan lorsqu'il écrit de la poésie? Lui qui, à ce même âge, s'est retrouvé enfermé dans un hôpital psychiatrique jusqu'à l'âge de 60 ans, âge de sa mort pathétique et vaine, simplement parce que personne n'a pu comprendre qu'il s'était fait castrer par sa mère dès la naissance.

Enfin. Le spleen survient n'importe quand et j'y avais les deux pieds bien enfoncés à cette époque. Mais on sent peu à peu le détachement de moi-même qui s'effectue de plus en plus au fil des poèmes. La peine de mon coeur se métamorphosera en peine du monde entier : un total désillusionnement qui frappera fort. Je laisse encore une vingtaine de poèmes avant que ça ne puisse se voir vraiment.

D'ici là, vous aurez encore à subir mon appitoiement sur moi-même! Mais c'est moins pire que les premiers. :O)

vendredi 3 février 2006

MORBIDE ASCENSION

Je suis ici, maintenant,
laissant aller mes cheveux au vent
en attente du choix décidé
qui m'a suivi et attaqué.

Il est trop tard
pour revenir en arrière, il est trop tard,
j'en ai fait beaucoup trop,
je m'élève maintenant très haut.

Ma peau se désagrège lentement,
volant en tourbillons acharnés
au-dessus de ma tête décharnée
fixant le trou obscur se rapprochant.

Mes yeux, en orbite autour de mon crâne,
regardent le lointain horizon creux
à travers tous mes os blancs affreux,
comme pour me punir, je suis infâme.

Le rouge miroir infini de ma peur
reflète en fait tout mon sang
flottant dans mon esprit riant,
en totale harmonie avec la noirceur.

C'est ma morbide ascension
vers ce qui doit être pire
qu'une vie finie et ratée dans l'empire
de la confusion éternelle, de la soumission.

31 mars 1998

mercredi 1 février 2006

THEY LIVE...

Pendant qu'ils regardent les hommes descendre des centaines de marches dans un escalier qui, vu d'où je me trouve, ne semble pas avoir de fin, un indice d'action se prélasse dans le vide, juste au-dessus de mon oeil gauche, celui avec lequel j'ai si souvent observer de jeunes donzelles s'ébattre dans des eaux tumultueuses. Comment ne pas deviner tous ces rires obliques, le jaune transparaît à travers les sourires sincères. Je ne peux qu'accentuer les étallages de cerveaux, tous ouverts sur une surface limpide : l'intérieur d'une imagination en train de fondre au gré du pal.

La fièvre s'estompe et je me réveille dans un chambre aux murs tachetés, prêts à vomir leurs couleurs sur mon corps brûlant. Je me débats avec des couvertures humides, il a plu cette nuit dans mon être. Ou peut-être les chauves-souris ont-elles pris le dessus sur moi? Je ne sais pas.

Autant en venir au fait, mon âme a perdu vigueur et déjà je sens les années s'empiller sur ma tombe.

Mieux vaut éterniser le tout et tout laisser mourir.

samedi 28 janvier 2006

LE VENT

Quand je vois ces visages souriants,
je me rappelle. Je me souviens des prés
où j'avais l'habitude de marcher,
une plaine où tout va au gré du vent.

Car le vent est la grande puissance
pousant les navires sur les mers
et la vague sur le sable amer,
rejetant une légère voix en tous sens.

Il était la pure folie esthétique
m'emportant dans un long songe,
absorbant ma jeunesse telle une éponge
qui a trop bu de cet Atlantique.

Riez tant que vous le pouvez encore,
j'attendrai la fin de l'Histoire
en pensant à ces visages qui implorent
comme une Madone sans victoire,
qui implorent la vérité du rêve pleureur
et rappelant la nuit propice à la fête
sans savoir qu'elle en perdra la tête.

C'est tout pour l'instant, il me reste une heure
pour vivre et me laisser emporter
par le vent doux et invitant
qui me pousse le dos en mordant
la souffrance me pointant de son épée.

24 mars 1998

mardi 24 janvier 2006

MORTELLES SOUFFRANCES...

Celui-là, c'est le premier d'une courte lignée que j'ai écrit sous l'effet de l'alcool. Ça n'a pas donné grand chose, seulement un ramassi d'orgueuil et d'appitoyement sur soi suite, encore une fois, à une peine d'amour (toujours la même, en fait!). Donc tout y est basique et manque totalement de métaphore... Je pense que je n'ai écrit que 4 ou 5 autres poèmes sous une quelconque influence extérieure (alcool, surtout), mais je les ai écrits à l'époque de mon université, donc plusieurs années plus tard, et les résultats sont moins satisfaisants que lorsque mon inconscient est à jeun. Bref, c'est en toute lucidité que les illuminations me viennent, pas sous l'influence de la drogue!! Mouhouhahahaha!!

Bonne lecture.


c'est la fin
c'est terminé
le monde que je connais a maintenant disparu au loin
emporté par le dernier vestige d'amour
qui émane de mon corps meurtri

les paroles sortant de ma bouche
s'envolent dans la nuit obscure
sans oreille pour écouter sa mélodie
morte et implorant le pardon

c'est avec crainte et soupçons
que je regarde enfin ses yeux
qui cachent tant de secrets amers
qu'aucune pensée ne peut y résister

mais mon coeur a éclaté pour ne plus jamais se refaire
car ni la Mort et ni la Vie m'obligent à danser seul
dans toute la tempête écarlate
venant du plus profond de mes entrailles

je recule présentement tout au fond de mon esprit pour découvrir
si telle est la solution ultime
que rien
aujourd'hui
n'y est bien

tout meurt
tout explose à la fois
dans un mouvement pluvieux d'espérances jadis vertes et nombreuses

et la cacophonie résonne telles les cloches d'une solitude profonde et mortelle
car c'est vrai
je suis seul
pour l'éternité

24 mars 1998

mardi 17 janvier 2006

Le Petit Pissenlit

Enfin, un poème qui se termine bien... ... Nah!


jaune était le petit pissenlit
qui visita la semelle de ma botte
écrasé sous ce terrible poids
il éclabousse tout le gazon

je me ravis à la vue de ceci
pensant à un grenouille
à la place de ces fleurs très banales
qui envahissent tout mon beau terrain

car ma colère surpasse le long
et périlleux chemin
vers la maison du bonheur parfait et éternel
mourant en même temps que moi

las
je m'arrête sur le pavé
noirci par le courroux crasseux
et rongeant mon âme inculte
en émettant cette sublime symphonie

je me fais emporter par le vent
de soupçons angoissants et proscrits
en exil je verrai tout ce qui doit vivre
et tout ce qui doit mourir

les pétales dansent dans le souffle maudit
et souffrent de la peur
qui dort en mon être
celui qui se noie dans mon esprit

22 mars 1998

mardi 10 janvier 2006

In the mood for love... but not yours...

Je suis en forme ce soir, c'est assez la déprime pour que je vous largue une pleine rasade de textes! D'ailleurs, les deux prochains sont les pionniers d'un univers grossissant, un monde où la réalité est créée par le rêve, un monde où tous errent sans but, mais où la vie se déroule tout de même sans heurt. Un monde où la mort frappera, mais pas maintenant. Aujourd'hui, c'est la naissance, c'est le début d'une grande aventure d'amour avec l'inconscient et ses possibilités que je vous dévoile! Ébauche d'une plus grande oeuvre, voici les balbutiements de l'un de mes univers personnels...


ERA

je rêve de la vie courte
que j'aurais pu posséder
si j'étais retourné sur la route
me conduisant vers la belle Danaé

car c'est dans ses longs bras
chauds, sensuels, invitants
que je me réveillerai à temps
pour un monde appelé Era

mais il n'est pas trop tard
à la fin de mon exténuant voyage
pour enfin rêver ces feuillages
envoûtant mon Être devenu pulsar

il est maintenant vrai et réel
mon songe du monde des songes
ce royaume où tout est éternel
et où l'infini gagne sur le mensonge

un pouvoir immensément grand
m'attire de son souffle sanglant
et je m'assoupis alors en silence
en regardant les fleurs qui dansent

suis-je mort sans le savoir?
mon esprit s'éparpille dans le vide
trop assommé pour vivre et voir
la lumière fusionnant dans le morbide

à la suite de cette délicate alchimie
plusieurs airs résonnent dans ma tête
les cloches d'une marche funèbre réussie
ont percé tous ces chants de fête

soudain
mon corps réapparaît
plus beau que tout sur Terre

je régnais sur le rêve
le dévorais
pour connaître la paix dans l'enfer

et mon coeur s'ouvre bien grand
accueillant toute joie et tout amour
qui puisse le sustenter
briser le vent
emportant mes sentiments au Carrefour

la Mort est maintenant surmontée
ce monde l'a avalée en ses entrailles
la dégusteant avec une trempette d'émail
seul j'ai survécu au courroux des entités

je dis donc mes adieux à Danaé
puisses-tu revenir bientôt
charmante
pour conclure ce que nous avons commencé
et pour rêver de nouveau cette terre errante

8 mars 1998

Un chant de naissance ne peu ensuite qu'être suivi par un chant de mort, c'est la fatalité de ce monde et de cette vie................

REQUIEM D'ERA

fabuleuse époque noire
où les enlevantes ténébreuses
foulent les vastes nuits
dans une splendeur mortelle

les yeux dans l'ombre mouvante
perdifie absolue régnant seule
les morts se lèvent pour accueillir
l'orage brumeux se rapprochant
tel un prédateur à l'affût de sa proie pitoyable
courant désespérément au loin
vers un refuge lamentable

quelque chose de beau
fragile
tombe lentement du ciel pourpre aux teintes éternelles
se brisant sur le sol rocailleux

la Mort est là pour toi
Frère
gothique élévation sombre
venue des profondeurs de l'abîme
sans fin
et sans merci

il est l'heure du mal banal
cillant dans l'oreille impie
soufflant un parfum maudit
regorgeant de la Force Divine

que vie t'apporte joie et bonheur
Ami
l'arrivée des morts est proche

chante la mélodie nuptiale
de la nuit des Phös et des Morres

10 mars 1998

En deux jours, je venais donc d'inventer non seulement un monde, mais les deux principales entités habitant les méandres grotesques de ses racoins. Je ne les décris pas, ils apparaîtront à tous plus tard dans l'épopée que j'ai appelée "Le Dernier Soupir", deuxième livre des "aventures" du personnage que j'ai baptisé il y a peu l'Ancien Nord.

Le prochain et dernier poème pour ce soir est le reflet flou et basique de ce que sera plus tard mon écriture. Nous plongeons maintenant totalement dans la métaphore où la réalité à toute sa place!


FABULE HYSTÉRIE

morte amertume d'un hiver acharné
refoulée au plus profond des abîmes
endormie pour une éternité hantée
dans l'entremêlement de ses racines
malmenée par la tempête exquise
la brousse sauvage remonte banquise
glaciale persécution mordant la mâchoire
du syndrome cataclysmique du déboire

l'infamie collective se distingue
parmi l'ordre aboli dans le chaos
des oiseaux infernaux tout là-haut
qui volent en calembours pour les dingues
c'est l'appétit du tranquille flot éclairé
par un soleil noir et pourri
putréfié
qui les appelle à se nourrir du sang juteux
d'un fou monté sur l'autel des morts paresseux

17 mars 1998

Gooten nacht!!!

dimanche 8 janvier 2006

JOIE

le soir nous a quittés rapidement
pour laisser la place à une nuit noire
une réconfortante et longue nuit
appâtant la chair fraîche et juteuse

je suis Gomack le vampire sale
retournant chez lui après une nuit
si amusante et imprévisible de charme
que j'en ai le souffle coupé

je me délecte de votre fluide vital
en souriant comme jamais auparavant
et je laisse votre corps pourissant
sur la place de la ville qui se réveille

jamais je n'ai tant aimé vivre
la mort qui est maintenant mienne
et qui me suit partout où je vais
sur vous
sur tout ce qui vit

mais ma nuit doit finir un jour
car celui-ci doit arriver trop tôt
trop vite
le temps me manque
sacrilège !
mon corps se brise et tombe en poussière

2 mars 1998

mardi 3 janvier 2006

Pour bien commencer l'année...

Premièrement, je souhaite une excellente année à tous ceux qui viendront fureter sur ces pages! 2006 et toujours pas de Bogue! Pour bien commencer cette année, je vous fais part du poème suivant qui illustre le cycle incessant de la vie à la mort, du nouveau au vieux et vice versa. La fatalité.


JE SUIS LA MORT

je suis la Mort
fidèle à vos attentes
vous arrachant de l'étreinte sécurisante
et de l'ennui qui vous retiennent parmi les vivants
mais impuissants face à mon courroux

je pénètre votre corps fragile
sans que vous vous en aperceviez
parfois vous serrant bien fort le coeur
parfois vous étouffant joyeusement

je choisis mes victimes avec tact
me dispersant dans l'univers souffrant
de mes doigts froids et craquelés
je soutire la vie
avec une jouissance sauvage

je suis le piano tombant d'une fenêtre
écrasant la pauvre personne passant là

je suis la chaise électrique des prisons
brûlant les neurones souillés des détenus

je suis les maladies incurables
vous dépérissant peu à peu
souriant

je suis tous vos malheurs brusques
malheurs mortels
malheurs ténébreux

votre Mort me réjouit
car c'est mon nom
je danse sur vos tombes la nuit
c'est là qu'est toute ma vie
car je suis la Mort

24 février 1998

mercredi 28 décembre 2005

LA ROSE...

À toutes celles qui ont refusé l'amour, à toutes celles qui pensent que la pluie n'est que larmes des dieux, je leur dis ceci: la pluie est la tombée des larmes d'une société en train de se suicider depuis des siècles sans le vouloir, mais une fois que le coup est parti, il est dur de l'esquiver...

Je vous offre la rose... ce n'est pas un monde meilleur, c'est le nôtre dans 10, 20, 100 ans... mais c'est bien le nôtre...


la Rose sous un jour nouveau
s'épanouit sous le soleil et la pluie
dans une plénitude vaillante
d'espoir courageux mais vain

car sous la pleine Lune
maintenant là pour toujours
elle meurt à petit feu cruel
sombrant dans l'ignoble mélancolie

la Rose brûle silencieusement
fragile dans le noir
et s'enfonce dans la tristesse
d'une durée toujours sans fin

elle danse sur le chant de l'ennui
essayant de trouver appui sur terre
qui a disparue laissant le vide
et remplissant la fleur de celui-ci

la Rose n'en trouve que la Mort
heureuse de l'accueillir dans ses bras
et part pour toujours
sans plus jamais revenir

23 février 1998

mardi 27 décembre 2005

CADAVRE EXQUIS

l'élégant contour de l'horizon
nous envoûte et nous chantons
sur la terre molle et sereine
reposant doucement telle une reine

son apparence captieuse
nous évoque la folle nuit
où nous étions conduits
à la lointaine vallée rageuse

le regard vide de sens et de vie
elle écoute l'éternité couler
sombrant dans un infini
sommeil mourant et acharné

nombreux sont ceux qui
en voyant une telle beauté ainsi
étendue depuis maintes souffrances
demeurent captivés par sa répugnance

ils oublient la vie et s'enfuient
dans un abandon total et souverain
sur le bateau de la Mort qui sourit
et qui n'y mettra jamais fin

car c'est ainsi qu'elle prend sa part
parmi le songe avide du départ
de l'essence vitale de tout corps
exquis et oublié sans remords

là, elle dort à jamais seule et franche
se vidant peu à peu de sa substance
sans pour autant disparaître de la vue
des curieuses visions nocturnes cornues

ce sont ici les gardiens de ce corps
invisibles à tout être vivant
le faisant souffrir à tout jamais de leur sang
inculte et souillé par la Mort

le cadavre sommeillant dans le coeur
de l'éternel, du néant si pur et si beau
attend son heure comme les autres
et deviendra la peur et la pourriture
qui atteint chacune de nos pauvres âmes
sans cesse affaiblies par l'envie
de mourir dans un siècle de vie
où la Mort, de nos vies elle réclame

22 février 1998

lundi 19 décembre 2005

Y eats X

Comment se fait-il que ce ne soit que chez les humains que le masculin l'emporte sur le féminin? Chez tous les autres animaux, la femelle est nettement supérieur au mâle. Ce sont les lionnes qui chassent, pendant que le mâle paresse sous un arbre. Les insectes femelles mangent le mâle après la copulation pour reprendre des force. C'est elle qui prend le contrôle. C'est aussi elle, habituellement, qui est la plus imposante. La majorité des animaux possède des sociétés matriarcales, alors pourquoi l'être humain, après cette observation, laisse-t-il encore la bête sauvage qu'est l'homme gouverner son univers?

La question n'est pas bonne. En fait, dans le passé, ce sont surtout des sociétés matriarcales qui subsistaient un peu partout à l'état de tribus. Qu'est-il arrivé pour que tout se renverse et se transforme en ce qui est aujourd'hui ce qu'on ose appeler la société moderne? Par manque de protections naturelles, c'est qui était le plus fort qui commença à prendre les rênes, la brute masculine. Le temps n'était plus à la tranquillité, mais comme les tribus grandissaient, elles commencèrent à empiété sur les autres et des guerres débutèrent. Encore une fois, le plus fort prenait possession du perdant. Cette mentalité nous à suivi jusqu'à nos jours. Combien de gens n'hésitent pas à écraser son voisin pour "réussir"? Le phénomène de guerre existe encore alors même que l'on se croit intelligents.

Cela transparaît même dans le langage. Le masculin, dans la langue française, l'emporte sur le féminin. Prenez par exemple le mot midi. La plupart des gens de la modernité disent un midi, alors qu'à l'origine, le mot était féminin. Ce mot vient de mi, moitié, et de di, jour. Il signifie donc la moitié du jour, la mi-jour, la midi. Je ne sais pas quand le syndrome masculin est venu contaminé ce mot, mais cela affecta aussi les après-midi et les avant-midi qui était aussi féminin avant que tous les emploient au masculin.

Ceci n'est qu'un exemple parmi certainement une multitude. Si l'esprit humain continue à évoluer dans cette direction (celle de la brute de sexe), je ne donne pas long à sa survie.

Mais qui suis-je pour éclairer ainsi l'humanité? Elle peut bien se passer des marginaux. De toutes façon, on cause trop de problème et ce n'est pas bien de réveiller la conscience et son inconscience...

Je m'y engage tout de même et c'est le contrat de ce blog. Longue vie à l'aburde! Longue vie à l'inconscient! Et mort aux cons!

dimanche 18 décembre 2005

HALLUCINOGÈNE PRIMITIVE

des profondeurs de l'abîme
mon sentiment se partage
en une folle frénésie tourmentée
de rêves étranges
et d'amour perdu

silence rompu brusquement
marchant dans la vase éternelle du chaos
évasives turbulences prônant les spasmes incultes
des chants angéliques du gouffre de la vie

perfidie envoûtante et charmante
dans la vision obtuse du cauchemar
dansent les ombres du macabre
avalant les couleurs suintantes
de la Mort

qu'y a-t-il d'autre à chercher
sinon la soif d'un suffoquant voyage
dans les entrailles visqueuses du paradis
aussi troublant que le reflet de la Lune sur les eaux

je regarde enfin noircir tranquillement
le coeur ayant jadis été
ma possession éternellement jouissive
dans le songe infini d'un souffle meurtri

dans la fabule pâmoison sadique
le sifflement singulier des anges
là repose le sage vomissant la Mort
chaotique mélodie
dans une nuit endormie

et filant telle une étoile cassée
je ronge la paix
réfugiée dans mon crâne
rempli d'années perdues sans laisser leurs traces

15 février 1998

vendredi 16 décembre 2005

La fuite du réel

Le combat des chefs a eu lieu hier soir dans notre beau pays en décrépitude et ce fut le dernier de mes soucis. Une bande de clowns chauves et baveux, rien que bons à déposer à l'hosto. Enfin, que faire d'un "chef" qui n'a rien de mieux à faire que d'insulter les autres pour se remonter? Je dois dire que l'esprit amérique-nordien (plus particulièrement québécois) est fort sur le rabaissement. C'est une mode éternelle que de crier sur les toits que tel ami à fait cette horrible chose alors que nous, nous sommes des anges.

Que veut dire la parole dans la bouche d'hommes politiques? J'ai déjà entendu un chien qui pète et c'est plus brillant que tout ce que peut vomir un homme d'état. D'un point de vue éthique et pratique, tout politicien devrait être sourd, aveugle, muet et lobotomisé (ce que la plupart sont déjà, j'en conviens). Non mais, qui n'aimerait pas être dirigé par une Alys Robi? L'excentricité devrait être la première qualité d'un homme d'état. Salvador Dali aurait fait un bon premier ministre s'il n'avait pas été un tel génie de la peinture. Malheureusement, les génies ne deviennent jamais premiers ministres...

Changement de sujet, j'aimerais parler un peu de l'état dans lequel j'étais lors de l'écriture de mes premiers écrits. C'est une peine d'amour qui a déclanché le processus irréversible de ma construction d'esprit, peine qui a duré une bonne année, sinon plus. J'écrivais donc mes sensations à l'état brut, avec du Dead Can Dance et du Bauhaus plein les oreilles et la vision brouillée par les larmes de mon mal de vivre. C'est de cela qu'est construite la majeure partie des poèmes du premier volet. C'est ainsi que j'ai purgé mon mal, et c'est aussi de cette façon qu'un autre mal est venu s'insinuer dans mon inconscient... mais ça, c'est une histoire pour plus tard...

Pour clôturer ce vendredi où le ciel nous est tombé sur la tête sous forme d'un torrent de neige, je vous invite à lire ce qui suit. Ma première tentative de poème d'amour pour celle qui brisa mon coeur. Il a été écrit justement à l'époque où je croyais, naïf que je suis, qu'elle allait revenir vers moi...


LA NYMPHE ENDORMIE

une beauté céleste
endormie dans un profond songe paisible
rêve d'un univers
de ses yeux de perle
brillants tel l'éclat de la Lune pleine

le contour de son visage
parfait comme celui d'un ange
un bref souffle sortant de sa bouche
entrouverte
invitant un baiser chaleureux et doux

la gente silhouette
reposant sur les calmes eaux de l'éternité filante
se soulève
pour accueillir la sereine lumière qui l'éclaire

soudain
le noir
l'obscurité
l'ombre
une lueur dans le lointain
vient attirer l'attention de la nymphe
qui était si bien dans ses rêves
de rêves qui rêvaient de l'infini

attristée par cette subite froideur glaciale
son esprit se retourne sur lui-même
engoufrant ses tressauts et douleurs
lui permettant d'oublier
pour une fois dans sa vie
le froid la tordant de ses terribles griffes

emportant ainsi le trouble passé
elle se retourne
vers l'éclairante chose perchée dans le vide absolu
qui se vide peu à peu de son néant
laissant place à ce qui a beaucoup plus d'importance

sur son rêveur songe
la beauté se lève
le contour de son visage parfait comme celui d'un ange
un bref souffle sortant de sa bouche entrouverte
invitant un baiser chaleureux et doux

un baiser tant attendu
qui arrive enfin
de par la voix infinie du néant se dissipant
en un nuage de couleurs pourpre et cendre
se laissant percer par une lumière inconnue

apparaît un homme dans ce nuage
brillance aveuglante
il se penche à travers les périlleuses cordes de l'amour
perchées entre les deux êtres encore jeunes et innocents
pour effleurer les lèvres de la jadis nymphe endormie

8 février 1998

lundi 12 décembre 2005

Enfin sur la route!

Finalement, je me suis décidé à demander à mon coloc comment faire pour que ma page n'aie pas l'air d'un site en construction et voilà! Je suis de retour pour vous offrir mon oeuvre! Offre pour vos yeux seulement, car ces textes sont partie intégrante de mon corps et de mon sang! Bref, copyright et tout le tralala, on n'est jamais trop prudent.

Mais bon, trève de sérieux, il est temps de vous mettre la main à la pâte! Voici le premier poème, qui fait partie de ce que j'appelle le PREMIER VOLET. Il y en aura quatre en tout. C'est dans ce premier volet que j'ai commencé mon expérimentation avec l'écriture. La plupart sont bien naïfs, comme je l'étais à l'époque... Ah... nostalgie... Héhéhé! Not!!! Un peu d'amour, un peu de Quick, c'est la devise de ce premier volet, l'enfance de mon esprit parti à l'aventure de l'inconscient!

Alors voilà, le premier texte! Noir, simple, désemparé: la jeunesse qui meurt.


FATALE ANGOISSE

mes pensées voltigent dans cette tête
pleine d'idées
de songes
de rêves
de pensées
mon coeur s'est bien arrêté
à peine une seconde
pour écouter la voix
les cris retentissant dans tout mon être
le coeur souffrant de ne pas être comblé
par un amour tant attendu
mes larmes brûlent un visage rougi
d'une tristesse infinie
je me perds dans ma folie étrangère et rauque
ma voix
rauque
qui ne peut se rendre vers son but si loin
si loin
mes mains
longues et tremblantes
écrivent ce qui leur passe par les phalanges
ma tête est une bombe
prête à exploser
prête à vomir son chagrin
le chagrin de son coeur
meurtri par une fleur empoisonnée
tellement attirante
tellement belle
mon coeur ne peut s'en détacher
pris comme il est dans ses épines
oui, mes larmes brûlant mes joues
coulent tel un flot sans fin
invisible à la vue des autres
les autres si loin de la vérité jusqu'ici cachée
cachée dans des broussailles infranchissables

13 décembre 1997

Oui, la simplicité, la naïveté, autant dans la forme que dans le contenu. Ne vous inquiétez pas, ça s'améliore au fil des textes!

Un autre petit, pour conclure cette froide journée d'hiver. Il est cahoteux et pas trop efficace, mais je vous l'ai dit, je les mets tous! Bonne lecture, et à bientôt!


SEULE

marchant seule
une femme en deuil
pleure une vie
complètement finie

la vie maintenant perdu
c'est la sienne
oui
car elle s'est lâchement pendue
laissant tout dans l'oubli

toute douleur partie
elle marche seule
errant toute la nuit
et pendant tout l'infini

1 décembre 1997

mercredi 9 novembre 2005

Nouvel arrivage



Ouverture de la page aujourd'hui-même! Bienvenue dans l'antre de l'absurde et de la création, où tout est à l'échelle du grand Klaus Kinski, c'est-à-dire: MONUMENTALE!!!! On s'organise pour entamer le visage d'un réalisateur de film et ensuite, l'adoucissement prévient le pire en compagnie de papillons amazoniens.

Quel est donc le but de ce blog? Premièrement, il serait courtois de me présenter. Je suis Luc Pelletier, écrivain à mes heures, mais pas encore auteur. Je dirais plutôt poète, entité démoniaque qui provoque la peur chez les plus hardis. David J disait lui-même dans une de ses chansons : "Nothing to fear, only poets and justice". J'en suis un qu'il faut craindre. Mes mots font peur, ils dégoûtent souvent et font mal aux neurones.

J'en reviens donc au but de ce blog. Comme vous avez pu le constater, je n'ai aucune intention d'adopter le style télégraphique analphabétique de l'internet. Je veux au contraire promouvoir le langage, qui se perd peu à peu dans ces contrées dangereuses, et faire travailler le morceau de viande qui nous sert de cerveau. C'est finalement à la lecture de création que je vous invite cordialement plus avant. Ce site servira pricipalement à vous faire lire des textes poétiques tirés d'archives éprouvées par cet esprit qui est mien. Comme je n'arrive pas à me faire comprendre des éditeurs québécois (encore à publier de la poésie bonbon avec des arc-en-ciels et des gentils lutins) c'est ici que vous, lecteurs assidus et ouverts d'esprit, pourrez vous défoncer le crâne à le faire bouillir en lisant mes textes qui je publierai ici sans doute à toutes les semaines, je n'ai pas encore décidé de la procédure encore. Mais n'ayez crainte, ça se garnira probablement plus rapidement au début, pour passer plus vite sur mes débuts. Ça vous laissera le temps d'oublier tout ça lorsque je mettrai les autres!

J'ai l'intention de tous les mettre, et ce, en ordre chronologique, comme ça, vous pourrez admirer la progression à travers mes âges, en commençant par la caverne, en passant par la poubelle, pour finir dans un monde complètement débridé teinté d'un absurde rarement vu. C'est de la chair saignante de la meilleure qualité! Enfin, je ne vendrai pas mes derniers écrits tout de suite. Lisez donc un peu ceux-là, pour commencer...

Dernière remarque avant de passer à la suite... Mieux vaut ne pas prendre tous ces textes au sérieux, même si la plupart vous sembleront noirs et morbides. Je ne veux provoquer aucune dépression, au contraire, si je peux vous faire marer, je considèrerai mon travail comme bien commencé! Car j'ai une devise que je tente de me souvenir tous les jours et qui est celle-ci: Devenir sérieux, c'est mourir. Prendre la vie au sérieux ne conduit qu'à la mort et cette prise de conscience aura grandement influencé mon parcours d'écriture!

Sur ce, je vous laisse et bonne lecture!