mardi 21 décembre 2010

CORPUSCULE DE L'ANIMISME CIRCO-SANGUIN

dans une autre rue que la mienne
tu dévores la nuit et entends mon
souffle
le groupe d'engins démunis s'esclaffe
et une ville s'effondre dans un regard innocent
physique mineure de solides bataillons
il est éphémère de dire que les bactéries antérieures
finiront dans mon assiette

dans la première rue sous la vie renfrognée
deux souris hibernent et dévorent le chant
des acariens
la belle étiolée minaude avec son rire:
"que le jour ne dépasse pas ses dernières heures"
entendent mes doigts
"que l'amour n'échappe pas aux tortures"
entendent mes jambes
"que la parole des amères vaguelettes
vente sur un crâne trituré"
entendent mes cheveux

nous n'oublierons point de repasser par-là
dans une lumière faiblarde
le joug de mes premiers jours

Tant d'années écoulées à parler d'une Lune aimante, la brisure de miroirs vidés de leurs reflets.  Et je ne pense qu'à la boîte, ouverture dans une noirceur opaque, le Vide du nord et le sifflement de tes pas sur mes os blanchis.  Tant d'années à attendre sans demander, des souvenirs de l'inutile sensation d'élargir ses sens.

Pendant que je demande aux arbres d'habiller mes rêves, il se produit deux incidents sans rapport apparent entre eux: 1) deux plaques tectoniques entrent en collision et créent un nouveau continent, 2) une corneille s'envole et finit dans le réacteur d'un Airbus.

1)
vie nouvelle et espèces inconnues
figure d'ancienneté sur des cimes vierges
le passage du temps est avalé par
la nouveauté
conception éclairée par des pensées
sans fondement
évolution
répétition de l'Histoire nouvelle
un autre visage souffre et c'est la fin des
haricots
des profondeurs de la mer
une troisième route traverse les premières
le vécu s'étale au-delà des visions de cataclysme
et inaugure le repli vers la soie
celle qui dote la peau de la douceur d'un sourire

2)
éclats en miettes dans la fureur
pluie rouge et vaporeuse
la sélective misère la conduit au creux
de ma paume coupée

1-2
le vent s'épanouit sur le nouveau-monde
en teintes d'écarlate sur les herbes
suffisance palpable
une idée générale de ce qu'à pu être
l'incendie de mon ventre
en apercevant
déambulant en fièvre majeure
la dévoreuse de nuits

dans tes mains le coeur battant
d'une tribu de poètes réincarnés
chevauchant les saisons à la recherche
du néant

volatile
terre
mimétisme de vie dans les pales d'un monstre de métal

je m'assois sur un banc de gare
observant les étoiles absentes
et ne pensant qu'au doux silence
de ton souffle sur mon esprit

21 décembre 2010

mardi 23 novembre 2010

EXQUISITE CORPSE

Magnifique cadavre exquis écrit avec mon cousin Jean-François Desmeules, 500 kilomètres nous séparant en ce soir de novembre, un peu tard...
 
out of crap
la rigueur s'avance à nouveau vers moi
et je n'entends que le son des papillons rouge
sang

d'étranges ensembles de chocs

les fables hypoviviques s'enchantent d'une idée de dualité
salines effervesces sur un bras nervuré
la parole me manque
j'ai échappé mon oubli dans un égout
rempli d'eggrolls
un soir de l'hiver de ma jeunesse

nonobstant l'opalescence du couteau obscène
la ribambelle nécromancienne exacerbe la scarification métatarsienne

indubitablement rigoureuse
et la lave hétéroclite s'emballe en nettoyant
les scarifications du néo-classique

le dihydrogène effervescent culmine sous l'obscurité malencontreuse de
l'hypercube dispendieux

outre l'association spatio-temporelle dignifiée
dehors
six raisons ignifugées s'arrosent de
tétrachloridre-dimétanimbique

selon Platon
la Terre se souviendra des aveux de la pierre

L'hétérogénéité iconoclaste de ces
sornettes dithyrambiques
n'a d'égale que la spécificité microbienne de leurs
calembours aléatoire
fuyez
honnêtes malfaiteurs assimilés
pendant que les flammes javellisantes
frisent le commentaire glacial de l'ostéopathe vengeur

23 novembre 2010
Luc Pelletier et Jean-François Desmeules

lundi 11 octobre 2010

FORMULE POUR UNE HÉRÉSIE DE MIEL

tantra pour une merveille de la nature
les gonds du milieu cèdent sur le mur des airs

et une vie s'enfuit aussi vite pour la mer
vagues échouées sur des ailes de cyanure
qu'on respire en dormant
et viennent les hérétiques
morts-vivants en complets-cravates

ils sourient sans penser aux conséquences
et s'invitent en ma demeure
point de nourriture spirituelle
des animaux courent en ronds
et la viande se laisse pourrir au soleil

l'événement est clair
c'est la fête des ours baveux
ceux qui démentent de fertiles élaborations de mensonges
et rengainent une souche de savoir-faire
sous une tas de poils cacophoniques

un pilier cassé s'avance pour parler
noire enveloppe de néon-mystère
il appelle la foi d'un dieu déchu
pour supposer des actions incongrues

les bassesses se chantent sous la douche
et à l'arrêt d'autobus

qu'importe le mal des vos années
vous n'anéantirez jamais la brillance de la folie
celle qui fait briller les yeux
et met en danger le sens commun
celle qui goûte la douceur d'un visage
et le miel d'une bouche offerte gratuitement

11 octobre 2010

vendredi 24 septembre 2010

DEVENIR LE VENT

des serres dans une peau diaphane
la vie se tire avec ses pénates
et dans deux jours
la fin du monde

sur le toit du monde
une bombe explose dans la tête d'un
fou
et c'est là que j'interviens

Dans la poche d'un manteau long et vert, je m'arrache le foie et siffle un air de printemps.  L'hymne international de mon corps, provoqué dans la sclérose ardue de mutants amphibiens.  Selon les éclaireurs de tempêtes, la vie qui m'honore n'a que faire d'une autre paire de manches et c'est seul que le bateau continuera son effondrement.

agacé par les mouches morvantes
le ciel s'estompe
et laisse mes pas construire une rigole d'acide chlorhydrique le long de son
corps

futile
         est
              le vent
                         qui emporte
le monde de ma création

devenir n'est pas une option
mais une nécessité

24 septembre 2010

lundi 23 août 2010

CORRECTION DU BLOGUE

Il était grand temps que je remarque que mes premiers poèmes sur le blogue sont devenus illisibles parce que j'ai changé l'apparence.  Tout est maintenant corrigé et vous n'aurez plus à vous arracher les yeux pour lire, tout est en blanc!

Bonne journée!

dimanche 22 août 2010

DANS LA TOURMENTE DU DIPLODOCUS

mûrir d'angoisse
sous des Argonautes ballants
les troupes chantent un sel éthéré
phalanges d'une vie cannibale
et trous noirs dans un cirque
de méduses moribondes

La folie m'atteint gravement depuis peu. Les émotions mauvaises prennent le dessus et déjà les lendemains s'obscurcissent d'une trace d'épidémie d'absous...

rancoeur face à la fortune
et s'éjecte le mord d'une bouche
confite
brillante frénésie sur fond de peur

la condition s'abstient
et le feu se rallume
dans la cheminée de papier

trois énigmes
une morte
et deux hantées par la folie

Missive courte soutenue par le rossignol mécanique d'une fable absurde et obtuse. On embaume mon âme pour y écrire des
bêtises

21 août 2010

dimanche 15 août 2010

À VOUS, CHRISTINE ET DANIEL!

Un poème écrit à l'occasion du mariage de ma soeur Christine et de Daniel.  Soyez heureux!


sous les frissons d'une lame de fond
amis sincères au sommet des flots
monte une lumière
silhouette masquée de soleil

sous les ombres
un abîme de bontés
et l'éclat marginal d'une émeraude
qui fait pâlir les roches
et le ciel

une autre voie sillonne les plans
cavalier mythique
sur-prenance ambiante et revers
de lestes sourires
marquent le vent

rencontre antique
les géants musicaux des futures années
embarquent sur un vol en longueur
puisse les entités suivre le rythme des éléphants

et demain
si les élans fournissent le temps des cinq
meilleures prestances et risques frais

vie de feu et de franches amours

7 août 2010

dimanche 6 juin 2010

LIFE

un générique ne commence pas
la force du grabuge s'absente d'un coin d'oeil
te plombe une mine dans l'attente
et jamais tu ne vois le début
ni la fin

une vie centrale
à seulement avancer
unique tourbillon dans l'âge de fiction
là où le père demeure sur la glace
et déjà la lueur d'une étoile morte s'affaisse
en un torrent boueux et chaotique

chaude rancune
mais point de mal
la chaleur remonte le crâne et brise la ferme solidité
de l'être

des canons s'élèvent sur le tertre des dieux déchus
panthéons banlieusards en cavale
un goût amer de
gras
flotte à la hauteur du larynx
haussement d'épaule face à la santé bipolaire

les sens s'éveillent

une oreille entend le pas élégant écraser les obus
une bouche entrouverte goûte l'air ambiant
une main douce se pose sur la peau de la terre
et regarde dans l'avenir en se demandant où sont passées les années

les éléphants ont emporté avec eux le temps
ils n'attendent que la mort pour passer le flambeau
aux bras élancés vers toi
ceux qui trempent dans les mots
et chevronnent le jour dans le soleil divagué

6 juin 2010

mercredi 2 juin 2010

DORMIR

dormir
et sentir le vent caresser la peau
dormir
sans rêve pour réveiller
dormir dans un coma éthylique et rêver du sommeil

dans trois ans d'ici
les arroseurs postaux iront boire le sang de leurs mères
plus rien n'entrera en la demeure
qu'une fatigue languissante
respirant avec peine
des soubresauts de poitrine
et une expiration cacophonique pour les oreilles
d'une bronche en feu

dormir sur une chaise froide
et sentir l'eau monter peu à peu
à l'extérieur comme à l'intérieur
des larmes de plancher
enterrent
les larmes incertaines
mues par le noir
oubliées sur la table à déjeuner
derrière un pot de margarine vide

dormir
un enfant épuisé attardé par des sons de télé
fondu dans le cri des Ombres
dormir
dans une chambre hantée par des jouets animés
sous le regard du double aux grandes idées
la lampe qui explose
des yeux qui se remplissent d'eau de mer
un coeur qui n'en finit plus de battre
trop vite

demain
soudain

2 juin 2010

samedi 29 mai 2010

SYNERGIE

l'émotion irradie
un vert putréfié sur une butte de sable froid

sous une lune déchiquetée
l'empire avance
un pied devant l'autre
péniblement
grosse roche montante sur la montagne de
Sisyphe

sur le toit du monde
les garous s'enlacent et tuent des innocents
des peuples aux bras de crabes
qui s'échauffent devant le fumet des dirigeants
torpeur de la pensée
synonyme d'ablation du lobe frontal

Synergie
et explosion de la vie pure
dans ces champs de tertres amphibiens
lavant la ménagère des étés
elle s'époumone à devenir la championne
du chassé-croisé de la détente
une baise promise au duc
sans toutefois faire rougir ses joues
fardées de larmes blanches
le fardeau d'un étranger sur des épaules de plastique

gare au feu
la silhouette d'une femme nue
sur fond de sang
on devine la langueur des jambes
et une force interne quasi nulle

pour qu'une fixation dégèle le charme
belle à en faire pleurer
elle sourit au jour
et retourne en sa demeure
transfigurée par des yeux de béryl

29 mai 2010

samedi 1 mai 2010

AU DÉBUT

des jambes
longueur sans nom
une démarche rocailleuse de géant
et le sourire d'un nymphe perdue dans les bois
de la cité de métal

des ombres s'interposent sous le ciel
on aperçoit une tour au loin
des fils pendent
des oiseaux voltigent
chaotiques
la pluie ne chante plus son tambourinement
mais pleut sur la plaine fixe

demain le gris
aujourd'hui les couleurs s'estompent et démentent
le sommeil
dans la caverne de son esprit
je m'imagine au-delà
sur les collines vertes où j'ai vécu
mangeant des rats et souriant
je n'avait que faire des autres
des silhouettes vagues sur fond de chaos

je vois des lignes noires sur fond noir
il voit des corps alignés pour la potence!
elles vibrent au son d'une musique molle
on sent une répétition d'un passé trop proche de nous
la répétition pour le jeu de la vie

engourdi
je suis les longues jambes jusqu'à une chambre verte
un casse-pied fantoche bombarde l'imagination
les rideaux se balancent dans le soir
je m'endors sans même l'avoir touchée

1 mai 2010

mercredi 10 mars 2010

SYNDROME DU DÉFICIT DE VIE

Une journée de fièvre au milieu de décembre...

syndrome du déficit de vie
on sent la fièvre s’emparer de nous
les nausées
plus fortes minute après minute
le silence parvient à venir à bout
d’un corps qui craque sous le poids
du malaise
et le froid
ce terrible froid diurne
une montagne de larmes glacées et le vide
à l’intérieur
qui empêche de tout accomplir
qui demande grâce et veut prendre congé
ses pieds empêtrés dans la glace

hauts-le-cœur agoniques
puissance des tréfonds
lamentables essais pour vivre une vie sans tache
on se retrouve couché dans un lit
malade du silence
malade sur un mur noir caché derrière la tour aux cent portes, incapables d’en sortir, la lueur tant attendue s’est éteinte dans le soir

la création cache la peur
la tentation arrache le cœur
et sous un arbre de 300 000 dollars
je m’étends et finis par m’endormir
exténué
d’un sommeil agité

14 décembre 2009

mardi 9 mars 2010

LE RETOUR...

Eh oui! J'ai décidé de réouvrir mon blogue de création. Pourquoi? Premièrement, je l'avais fermé en me disant qu'un jour, j'allais publier des trucs qu'il y a ici. Ensuite, je me suis dit que je m'en contresacrais complètement, d'où le retour de votre dévoué.

Ne vous attendez pas à une profusion de nouveaux textes, c'est au neutre ces temps-ci. Je vais surtout recommencé à mettre le Vieil Homme et la Moufette, nouvelle édition. :O)

Mais pas aujourd'hui.

lundi 6 avril 2009

LA FIN

Je vous annonce que cette page fermera bientôt. Pourquoi? Je ne ressens plus le désir de mettre mes créations sur l'internet. Si vous voulez continuer à lire mes élucubrations, demandez-moi si j'ai écrit autre chose et ça me fera un plaisir de vous envoyer ça par courriel ou vous les faire lire sur papier.

Donc, c'est probablement la dernière entrée du blog "Ox Maximale Turbulence", qui redeviendra bientôt qu'un projet musical.

La même chose arrivera sans doute à ma page "Devenir le vent".

Merci de m'avoir lu!

dimanche 20 juillet 2008

tes oreilles sonnent
minuit moins quart
demie heure sur la glace

une capacité pour vingt tremblements et vingt-huit sourdes sur un quai de bronze

des dessins s'amoncellent
autisme au local 302
dans une fange d'hémoglobine

le Titan s'annonce et finit de boire
dans un cubicule cacophonique

l'amour en fuite
j'intronise les éperons au rang de la peur

samedi 19 juillet 2008

IDLE FLOW...

De profondes émotions.

Tourner en rond sur un 25 cents, et oublier de rire au bon passage. On mérite la fesser, ou pire.

une ébullition sur le toit, je glisse, me rattrape avec justesse et devine le sol, tout en bas, noir, rocailleux et boueux, des visages de vampires assoiffés qui stimule un coeur au bord des larmes.

À quelques mètres, elle est là, elle attend de me cueillir dans ses bras alors que je tombe et tombe et tombe.

"I'm asking, you're giving
I'm running, you're waiting
So what if blood's spilled
Idle Flow
Idle Flow..."

De profondes émotions brutes.

Rivière de slime sur le long des rues de Côte-des-Neige, descente de lit en forme de dragon et une coccinelle se pose sur mon épaule. Pillow blanket for my balls en un éclat de rire infini.

La nuit tire à sa fin.
Le bruit tire à sa faim.

Le film d'eau sur une vitre s'agrandit et devient la visage de la pureté.
Une ombre se noie et revient à la charge pour stimuler l'angoisse.
Idle flow.
Écoulement à vide, de dire un poisson de Babel encore abasourdi de se faire taper sur la tête à coups de mateau.

Des énergies transmutées sourient, l'orgueil d'être s'efface devant une mauvaise blague.
Je m'endors et rêve de la pluie.

mercredi 25 juin 2008

DIURNE FOLICHONE SOUS UNE ROCHE

demandez au roi s'il peut se lever après le vin
il vous dira que le pain avait trop de levain

un jour
disons dans cinq cents ans
on se retournera vers un téléphone en disant
comment vivre dans une cité de fous
lorsque les avions volaient à telle altitude
alors qu'un requin peut boire la mer sur la
Lune

demain
hier
toujours apeuré en regardant la glace dans la salle de
bain
un romain se voit vieillir du coco
et deux et deux font dix-huit

c'est une perte de divination
les runes sont folles et la brevasse s'embrase dans les mains de
lutteurs sumos

Galilée s'épouvante du sort d'une planète
et je me fous de la hauteur d'un câble de 15 pieds

feux d'artifice
il va pleuvoir dehors
mais quand bien même les idées s'envolent
les choses poilues sont avec toi

si jamais une lumière devient déviante
reste coi
souvent
la pluie se manque à elle-même et mange l'ours obsolète
dans une assiette où on entend du disco

la viande pourrie
et je me marre en pissant sur René Lévesque

samedi 7 juin 2008

NOUVEAU BLOG!!

Ça y est, mon nouveau blog est ouvert! Voici l'adresse si vous voulez aller le visiter, je vais aussi le mettre dans mes favoris (à travers quelques cheveux blancs...).

devenirlevent.blogspot.com

Vous aimez les traductions mal faites? Vous allez être servis! héhéhé!

vendredi 30 mai 2008

PASSAGE DANS LE TEMPS...

Ce blog devient, à partir d'aujourd'hui, consacré exclusivement à ma poésie. Il n'y aura plus d'états d'âme passagers, plus d'anecdotes croquantes, plus de smoked meat dans les sandwichs. Non, je réserve tout ça pour un autre blog, pas encore créé, mais qui verra bientôt le jour et qui devrait s'appeler "*case à remplir...*". Bref, je n'ai pas encore de nom, mais je trouverai au moment opportun!

En fait, j'attends d'avoir plus facilement accès à internet avant de m'y mettre, donc, une fois en appartement, je vous mettrai le lien ici-même vers mon autre blog.

À tous ceux qui sont passés par ici et qui y passeront encore, merci, ce n'est pas fini!

UNE TRONCHE DANS LE LIT DE SATAN

une tronche dans le lit de Satan
et la Mort a peur d'un ouvrage portant sur la
circoncision
toute une année à avaler de la bouette
des chinois s'amusent à être sympathiques
mais s'habillent en pompiers pour effrayer les
oiseaux
et moi
toujours sur mon toit
j'ai peur d'en descendre
de mettre un pied à terre
ne pas écraser la vie
ne pas glisser dans le bourbier
ne pas étirer plus qu'il ne le faut
le temps qui sépare un oeil vert de celui de
Calisto
les vampires s'en mordraient les doigts
jusqu'au sang
affublé d'une tarte en guise de chapeau
je me risque sur le bord
et finis par nettoyer la cale d'un navire marchand
rempli de rats télépathes
une journée normale dans la vie d'un
éboueur

9 mai 2008

mardi 15 avril 2008

DES GENS BIZARRES...

Aujourd'hui, un client m'a demandé un livre sur la signification des mots. La première chose que j'ai pensée, et la plus évidente, c'est le dictionnaire. Chose étrange, le gars n'avait pas l'air sûr... J'ai comme l'impression qu'il n'a jamais tenu de dictionnaire dans ses mains de toute sa vie et c'est la raison pour laquelle il ne connaissait pas le mot. Un illettré qui, pourtant, savait se servir de son cellulaire...

On a toute une panoplie d'hétéroclites où je travaille, des questions étranges dites par des gens étranges, qui font des enfants étranges et qui font te demander s'ils ne se foutent pas de ta gueule. Ils viennent te voir, certains à 100% de ce qu'ils veulent, mais ils se gourent totalement. Ils se gourent, mais n'osent pas avouer leur ignorance, alors ils continuent à s'obstiner avec nous, qui savons exactement de quoi ils parlent.

Heureusement, on rencontre aussi des gens magnifiques, dont entre autre, hier, ce très populaire chansonnier québécois Philippe Berghella, celui dont on se foutait la gueule à Cégep en Spectacle, à Chicoutimi, avant qu'il ne sorte un album, parce qu'il était d'un ridicule aberrant. Mais ma rencontre ultime restera toujours l'idole de toute une génération, et plus, Lucien Francoeur, ce rockeur au coeur de poète qui arriva avec toute sa clique d'hommes mal dégottés, héros déchus et pouilleux sans vergogne.

Mais rien ne vaut la chaleur d'un sourire lorsque nous réussissons à trouver un livre particulièrement pointu, entendu parler à l'émission Mouk-Mouk Dans la Tempe, sur la chaîne de radio 156,4 AM, diffusée à 3h du matin. "C'est pas sorcier, monsieur, un autre client vient juste de m'en parler, il y a à peu près 15 minutes".

vendredi 14 mars 2008

CUVÉE DES ÉCREVISSES

dormir et remplir un oreiller d'une tête et trois quarts
un oubli
et la suite n'a qu'à attendre son reste
sur une table pleine de pourriture séchée

des zombies s'amassent autour d'un géant
ils le dévorent morceau par morceau
un mollet par-ci
une côte par-là
et dans vingt-huit jours
la pluie cessera dans ma tête
toute racornie de se retrouver mendiante d'un
sourire

des filets de peau dans mes mains
laboratoire de l'Arche d'Alliance
où nous écrasons les foies de quinze enfants
dans un drain fait d'or pur

une bouche les recueille
grande ouverte
elle les recueille et les avale
pour en faire des étrangers face au vent des idées nouvelles
une pâtée pour chien dans les plateaux des plus grand restaurants
la cuvée 2008 du conteneur à ordure d'un McDonald's

nous voilà tous ici réunis
larves purulentes et flasques
un regard qui dit la mort
la poitrine se soulevant avec peine
pour célébrer la réincarnation
d'une fleur de l'esprit sur l'autel du silence

dans toute sa lumière
la vie reprend son cour
et nous bavons sur nos bottes sales

vendredi 8 février 2008

DANS LA TOURBIÈRE...

Un géant se nourrit de grenouilles, des milliers par jour. Combien de géants peuvent manger les grenouilles?

l'ouragan recommence
on n'a plus le temps de boucher les trous
plus le temps de se couvrir
plus le temps de trouver l'enfant perdu dans les bois
plus le temps de crier pour dire qu'on est là
en train d'agoniser sur une pelouse longue et jaune

le vent se lève
des branches se cassent
des toits se soulèvent
et je m'accroche à l'herbe folle
brassée en tous sens
le ciel n'en fait qu'à sa tête
et me mitraille de ses balles humides
la douleur s'accentue
le tourbillon m'emporte avec lui
au sommet d'une église orpheline qui tient le coup
je suis son premier visiteur forcé depuis
quarante ans

Plaqué sur le toit, je me mets à réfléchir sur différents aspects de ma vie, comme si les prochaines minutes allaient être les dernières. Comment en suis-je arrivé là? Pas sur ce toit insignifiant, ça, c'est le vent qui m'y a conduit.

depuis des siècles
j'erre de vie en vie
à la recherche de la réponse à une question
disparue

l'inconnue qui croise mon chemin
en a le coeur à l'envers
mon être en entier est cet ouragan de folie
qui anime la nature
tente de l'arracher à la terre nourricière
de l'envoyer dans les quatre coins du mondes
seule
elle ne comprendra plus le temps
ne reconnaîtra plus l'espace
ne sera plus nature au coeur de l'anti-nature

je me penche au-dessus de ce lit
où repose un ange qui dors paisiblement
il ne faut pas le réveiller
on ne peut pas le réveiller

je reste là

et je pleure

dimanche 27 janvier 2008

S'ASSURER QUE LES LUMIÈRES RESTENT ALLUMÉE...

Pourquoi? Parce que quand il fait noir, on ne voit rien, tout simplement. Et en ce moment, toutes les lumières de ma maison se mettent à brûler une après l'autre, me faisant courir dans le noir pour les changer. Je me heurte partout sur des meubles qui n'étaient pas là, je me frappe la tête sur un plafond trop bas et je me retrouve avec du papier sablé dans la bouche. Trouvez l'erreur.

Une maison noire, de nouveaux meubles, un plafond pour nains et la bouche qui brûle. Je ne suis plus chez moi. Je suis chez Moi, l'antre d'un démon intérieur qui n'a rien de mieux à faire que de m'enfermer dans son placard et se jouer de mon cerveau. l'ennui avec tout ça, c'est que plus je reste là, plus je me mets à apprécier l'ambiance du lieu, une atmosphère cacophonique où la pensée ne sert à rien et où jouer aux échecs nécessite une paire de gants verts.

humant le tout avec satisfaction
j'incise dans une peau marbrée
la clique des gens paresseux du bord de mer
une huitième nuit à ne pas dormir dehors

et toujours
bavant sur un chiot mal habile
ce vieux demande une injection de tartre
dans les clavicules
il dit qu'il pourra ainsi faire engraisser ses
testicules

grande maison
petites fenêtres
une piscine pour la visite
trois morts dans le cabanon
et merci pour les fleurs

samedi 19 janvier 2008

LA RECETTE SECRÈTE DES BEIGNES AUX DENTS

On en parle encore aujourd'hui, on en parlait il y a 3000 ans, qu'est-il advenu de la mythique recette des beignes aux dents?? En bon anthropologue que je suis, j'ai commencé mon enquête dans les poubelles de tous les restaurants à beignes du monde, ne serait-ce que pour vérifier s'il ne restait pas de microscopiques résidus de ces beignes, et aussi parce qu'ils jettent leurs beignes après une journée et que j'avais un petit creux.

Cette recherche fut infructueuse, si on exclut mon récent diabète, et j'ai décidé d'aller faire un tour dans la pièce secrète du dernier sous-sol de la bibliothèque d'Alexandrie, sachant que plusieurs mystères devaient encore s'y cacher. Là, encore, je devais être déçu par le manque de savoir culinaire qui s'y cachait...

Fatigué de ces exténuants voyages, j'en vins à la conclusion que cette recette était perdue à tout jamais, jusqu'au soir où j'eus l'Illumination. Je devins comme un zombie qu'on ramasse sur le bord du chemin, inconscient mais actif de ces mains de géant. Furtif comme un éléphant ayant pénétré dans une boutique de bijoux, je m'infiltrai dans un foyer de vieux et volai tous les dentiers de ces malheureux vieillards qui étaient trop bourrés de pilules pour m'apercevoir. Si cette recette n'existait plus, il suffisait de la recréer, et c'est ce que je fit. Voici donc la liste des ingrédients qu'il faut pour mener à bien ce mets de choix:

Pour une quantité de 12 beignes:
- 4 dentiers (de préférence avec encore des morceaux de nourriture dedans)
- 4 tasses de farine de dinde (réduire des os en poudre à l'aide d'une râpe à fromage)
- 5 oeufs de calmars géants (bien meilleur pour la santé que les oeufs de poules)
- 2 c. à table de graisse de porc
- 1 tasse de lait directement pris des mamelles d'une guenon vierge
- 1 tasse de sucre
- 1/2 tasse de sel hawaïen
- 1 c. athée de bicarbonate de soude (pour les belles bubulles dans les beignes)
- 1 ongle provenant d'un mutant de l'espace (pour un goût des plus raffiné. Très rare ingrédient, allez sur le site de la Nasa pour vous en commander)
- 2 c. athées de poudre de tartre (disponible dans toutes bonnes bouches)
- 1 saucisse (ingrédient classique de toute bonne recette digne de ce nom)
- 2 litres de jus de prunes (à prévoir pour les dégustations torrides et la constipation)

ÉTAPES:

1. Arracher toutes les dents des dentiers et les mettre dans un bol. S'assurer qu'elles sont entières.

2. Battre oeufs, sucre et graisse de porc avec un fouet barbelé jusqu'à une texture brun-vert.

3. Ajouter les ingrédients secs (attendre à la fin pour la saucisse).

4. Réfrigérer environ 1 heure, pétrir sur une planche de surf, ajouter la saucisse, enfariner et découper de la grosseur que vous voulez avec une scie à chaîne bien huilée.

5. Faire cuire dans un bain-marie afin de dénaturer le tout et servir sur une feuille de papier sablé, histoire de se faire "gricher" les dents!

Bon appétit!

jeudi 3 janvier 2008

DÉMON DE LA PAGAILLE SUR UN QUAI DE PLASTIQUE

des avions s'accentuent sur des nuages de mort
pendant que huit arabes s'enferment dans une tente
pour une nuit paisible en compagnie de
huit livres de cuisine

au son de la mer frappant le rivage
ils s'endorment et rêvent de pâtés au beurre
et de tartes aux olives noires
de gâteaux forêt d'automne
et de messages cryptés sous un oreiller douillet

des lances de fer au sommet d'une tête d'Allemand
trident apatride dans le coeur d'une mère veuve
venue des tréfonds de la terre
emmenant des souvenirs dans ses souliers
salis par le sang de mille plongeurs

fatigué de courir dans la même direction
trois voleurs habillés de vert décident de s'arrêter
inertes sur le sol rocailleux
ils ne savent plus quel côté prendre
et s'enterrent vivants sur place
tout près d'un marteau en forme de pic à glace

vitesse constante
formes invisibles passant autour
la joie d'un jeune oeil au rictus de plomb
s'entend dire non à l'impérative voix
venue d'en bas
il demeure debout
regardant le vide de ses murs
à ses pieds reposent les cadavres de mille civilisations
et un quai de plastique fabriqué par Fisher Price

3 janvier 2008

mercredi 19 décembre 2007

LE SOMMEIL DU VIGILANT

les protecteurs du cœur se tiennent à gauche
palabrant seuls d’un langage inarticulé
laissant le vent balayer leurs pensées
stimulant à bétail
on finit par manger l’herbe des fous
et vomir une rage millénaire

trop dans un crâne ouvert
trop d’eau dans un regard
trop de peur laissée à elle-même
trop de maladies dans le cœur des Anges

jamais assez de balancer ses pieds
sur le bord d’un puits ouvert sur
un œil
vide
fermé
le feu éteint dans le soir
un frisson absout le vent

bien des têtes sont tombées
seules les pieds continuent à danser
leur valse étourdie dans les oubliettes
de la tour en ruine

le sommeil rattrape le vigilant
il garde inutilement une entrée
endeuillée de sa porte
la sauvagerie du vent l’incapacite
à remarquer les ondes du temps
aux frontières d’une mer sans nom
le Passeur passe
les Protecteurs s’en vont aussi
avec dans la tête trop de rêves
remplis d’une eau stagnante

dans un millier d’années
souvenez-vous qu’il existait une mélodie
permettant au mal de rompre le pain
avec ses meilleurs amis
l’Oubli
et la Mémoire

13 décembre 2007

jeudi 13 décembre 2007

...SUR L'AMOUR? PLUS MAINTENANT.

WIKIPEDIA:
"L’amour est un sentiment envers un être semblable ou non à soi. Il est le manifeste d'une force instinctive animale qui consiste à s'attacher à un ou plusieurs individus : pour l'Homme, de manière morale ou désireuse. Il peut être contrôlé par la morale Humaine et devenir une sorte de passion où le désir sexuel n'intervient pas. On peut alors appeler cela une relation amoureuse. Ou alors l'amour n'est pas du tout contrôlé et l'Homme obéit à son instinct primaire qui est la reproduction : l'amour devient alors une envie impulsive où l'Humain ne cherchera pas à se défaire.
L'amour peut être, selon la personne : faible, fort, obsessif ou douloureux. Selon ces critères, il peut être plus ou moins contrôlé par la morale Humaine."

Une connaissance à moi appelle ça de la dépendance affective.

Moi? Je ne sais plus. Comment faire pour aimer quelqu'un quand personne sur terre n'a la même définition de ce mot? Le langage est une création humaine tellement arbitraire, tellement instable. J'ai toujours "aimé" jouer avec ce langage qui implique tout en un seul mot. Mais là, je suis quelque peu perdu.

C'est du pareil au même. Quelle est la limite qui nous permet de dire qu'une personne est dépendante affective par rapport à quelqu'un d'autre au lieu de dire que la première personne aime l'autre? Qu'y a-t-il de mal à vouloir se lever tous les matins à côté d'une personne qu'on apprécie énormément et avec qui on veut se lever prêt d'elle tous les matins? Comment appelle-t-on le fait que l'autre nous manque juste parce qu'on aime sa compagnie, son sourire, sa voix, qu'on aimerait faire plus avec cette personne, la permettre de nous accompagner dans cette vie tellement courte et en même temps tellement longue?

Est-ce de la dépendance affective? J'en doute. À moins que les deux (amour et DA) veuillent dire exactement la même chose, ce à quoi je réfléchis depuis un certain moment. J'ai l'impression que les personnes qui utilise le terme "dépendance affective" sont ceux qui ont peur du mot "amour".

Et j'ai aussi l'impression de me répéter..... Il me semble avoir déjà écrit quelque chose de semblable, est-ce possible? C'est que le sujet me tient à coeur, vous voyez. Je ne pourrai pas Être sans avoir de réponse à cette question: Quel est la question? Je ne sais pas. Il n'y a aucune réponse fiable pour aucune question. Je m'en rends de plus en plus compte. Ou est-ce la fièvre qui me fait délirer?

Le fait que j'écrive ici sur ce blog est en fait une poussée que je me donne vers le monde extérieur. Un coup de pied pour montrer au monde (et me montrer à moi-même, par la même occasion) que dans la différence de chacun, la matière brute reste toujours la même. Le cerveau reste un cerveau, mais en fait, est-ce réellement le cas?

Tout dépend de la façon qu'on utilise le matériel. Au lieu de sauter dans des bars pour me saoûler la gueule, détruire quelques autres gueules parce que je suis bourré et baiser tout ce qui bouge, j'utilise ce temps pour écrire ou tout simplement rester là, semblant ne pas bouger, perdu dans des pensées que je ne comprends pas souvent. Un immobile est ce que je pourrais m'appeler.

Mais penser trop n'est pas toujours bon pour le cardio...

Et on finit toujours par s'y perdre, à la longue...

jeudi 6 décembre 2007

LE SECRET...

Je viens de voir un petit vidéo, 20 minutes du film The Secret. Je n'ai jamais rien vu d'aussi insignifiant. Je n'en ai écouter que 5 minutes (de trop) et je sais déjà que c'est le plus gros traquenard de tous les temps.

Supposément basé sur la loi de l'attraction (tout viendra vers vous aussi longtemps que vous y pensez sérieusement), je vois clairement que ce soit disant Secret est surtout basé sur la loi du capitalisme... Dans les 5 premières minutes du vidéo, les mots les plus souvent employés sont succès, argent, 2% de la population mondiale la plus riche, popularité, bref, tout ce qui caractérise la société d'aujourd'hui dans sa forme la plus totalitaire. Ce 2% de population, supposément heureux, ils connaissent le fameux Secret. C'est aussi ce 2% de la population qui possède les compagnies les plus polluantes de la planète et qui font en sorte que 80% de la planète crève de faim dans les pays sous-développés.

Le nouveau fléau à enrayer, mais je comprends pourquoi ce livre fut dans les palmarès d'Archambault pendant tous ces mois. C'est la suite logique au Code Da Vinci, un autre roman que la population croit être vrai.

On peut toujours compter sur la crédulité des gens, grand merci, sai...

Plus rien à dire sur la question. De toute façon, en dire plus ne servirait à rien.

lundi 26 novembre 2007

THE PASSION OF LOVERS

Les outils pour parvenir à la fin de ce long voyage ne sont pas faciles à trouver. Des indices par-ci, par-là traînent, mais on ne peut rien savoir sur ceux-ci sans au préalable les avoir mis ensemble, pour qu'ils forment ainsi une construction, une entité qu'on a encore de la difficulté à reconnaître... De quel voyage je parle? Je ne sais pas. Le mien, ça c'est sûr, mais je ne sais pas quel genre de voyage.

Je me suis mis à marcher dans le noir, comme un zombie en quête de chair fraîche, malgré cette lumière aveuglante du soleil d'été qui plombait sur moi. Sans m'en rendre compte, j'avais les yeux fermés, je ne voulais pas voir la réalité en face, je n'étais pas prêt à la voir. Le suis-je, présentement? Sans doute pas. Mais j'ouvre toutefois les yeux et je me rend compte que beaucoup d'eau a coulé et s'est depuis transformée en neige. Je me rend compte que je suis seul et qu'elle est partie. Je me rend compte que je ne la reverrai plus. Je me rend compte que la peine est toujours aussi forte, mais que la douleur est partie. Cette pointe au fer chaud a été retirée de mon coeur et je recommence à respirer. Une grande inspiration, une paix intérieure teintée de l'ombre de la mélancolie. Mes mains tremblent toujours, par contre. Je ne peux rien pour les arrêter, alors je les regarde et je souris en pensant qu'il me faudrait un snare pour pouvoir faire de beaux roulements, le grondement du tonnerre de Thor dans toute sa splendeur!

Ce qui me rassure, c'est mon sourire. S'il n'existait plus, je commencerais à me poser de sérieuses questions par rapport à ma santé mentale. Mais le sourire est là. Et le désir, celui d'être à nouveau aimé, celui d'aimer à nouveau. Mais le temps a encore besoin de moi, tout comme j'ai encore besoin de lui. Je dois passer une moppe pour nettoyer tout ce sang qui a couler autour de moi, venant de cette blessure encore rouge sur ma peau.

L'orage ne fait que passer, mais il dure depuis si longtemps...

vendredi 23 novembre 2007

THE SKY'S GONE OUT...

...parti pêché
ou tout simplement aller piquer un somme d'après-midi
sous un soleil de plomb
fondant autour d'une dent cariée et rouge

des souvenirs de plaies flottent
pendant ce temps
dans un néant sans nuage

des belettes courent le long des lignes de tension
leurs ombres décident de rester sur place
jouant les funambules
elles tombent silencieusement dans un air enfumé
les gorges chaudes saignent dans des bocaux de verre cassé

tournant le coin d'un mur de brique
la femme aux mains de cristal
l'univers tenant dans la paume de sa main
s'envole dans sa robe étoilée
pour combler le vide du ciel
elle y trouve un esprit perdu
dans un bouquet de lis et de
ruines

il rêve de repos
il dort sur la braise
il mange des oursins vivants
son estomac a la forme d'un étau
mais jamais il ne pense à la fin
celle qui nettoie la mémoire
et se répand sans trêve dans le Blanc
de la clairière au bout du chemin

vendredi 16 novembre 2007

DINER D'ADIEU...

Julie occupe beaucoup mes pensées, ces derniers temps. La nuit dernière, elle est venue dans mon sommeil, nous avons pris notre dernier repas ensemble. Habillée de blanc, elle était assise devant moi, tout sourire, elle parlait le plus naturellement du monde, ses yeux bleus brillaient d'un éclat doux. Je ne me souviens même pas de ce que nous avons parlé, seuls son sourire, sa voix et ses yeux me captivaient. Et elle savait. Elle savait qu'on n'allait plus se revoir, elle savait et j'ai pleuré. Doucement, j'ai pleuré toutes les larmes de mon corps devant elle, lui disant que tout ce qu'elle disait n'avait plus d'importance parce qu'elle n'était plus là.

Elle, tout ce qu'elle a fait, c'est me regarder et me sourire, ses yeux perçant mes larmes, et je n'ai pas pu m'empêcher de l'embrasser, un dernier et amoureux baiser qui est venu me réchauffer les tripes, même si je me disais en même temps qu'elle n'était pas là, que c'était un fantôme. Je m'en foutais. Elle était devant moi, en chair et en os, je pouvais la toucher et lui sourire à nouveau, mes mains dans ses cheveux, mes lèvres sur les siennes, sentant sa chaleur, une dernière goutte de bonheur avant le vide du réveil.

Pour elle, ça n'avait pas d'importance non plus qu'elle ne soit plus là. Elle flotte dans mes pensées, ma mémoire, les gestes quotidiens que les autres font et qui me rappellent à elle, ce n'est pas vrai qu'elle n'est plus là. Je le sais maintenant. Ce dîner d'adieu m'a fait voir une chose: Luc, cesse d'en prendre sur toi pour ce qui est arrivé. D'une image terrifiante de sa mort est née cette femme avec qui tu as mangé et bu dans ton rêve, cette image qui devra te suivre jusqu'à la fin de tes jours, ce sourire toujours présent, cette vie toujours forte et cette chaleur, ce feu que sa présence apportait toujours dans tes entrailles, réchauffant ton corps d'une lumière ensoleillée.

En me réveillant, je voulais crier sur les toits qu'elle était venue me voir, me dire un dernier adieu avant que je continue ma vie. Je ne sais pas si mon imagination est trop fertile ou si une part d'elle y était, tout était trop à fleur de peau pour que je ne puisse pas croire un peu.

Et je viens de lire le dernier message du blog de Félix et encore une fois, tout est trop là pour que ce ne soit que pure coïncidence.... Voilà ce qu'il a écrit:
"Les rencontres qui brisent les lois du temps et de l'espace, sont messagères divines. Elles sont vivantes comme des fruits et nos âmes, sans elles, se languissent et meurent."
C'est de Moebius. C'est en plein ce qui m'est arrivé cette nuit. C'en est trop pour que je puisse retenir les larmes que j'ai dans les yeux. Les joues imbibées de larmes, je retourne vivre avec en mon coeur l'amour d'un ange.

Merci, Julie...

mercredi 31 octobre 2007

SHOW DES BISOLARS À MUSIQUE MAISON!

Une semaine et demie plus tard, nous sommes de retour de Québec, la tête encore pleine des images d'un spectacle de grande envergure avec les Bisolars (et la toune du Cyclope Mauve dans la tête qui ne veut pas s'en aller). Du slapstick de première catégorie, du bruit comme seuls les Bisolars peuvent en faire, le bordel total sans savoir qu'elle sera la prochaine chanson (dédiée à Mû l'Immortel!) et du fun à pleines pochetées (ou pourritures, si le mot vous sied mieux)!

Enfin, ce fut une expérience incroyable pour nous quatre (je crois), et le public, nos fans invétérés, en redemandait encore et encore. On avait l'air de parfaits crétins et ce fut là le meilleur. De grands classiques furent joués, tels que Comptables Agréés, Tronchorama, Sécrètes-tu des barbus et le très controversé Ex-communication.

Ça m'a donné le goût d'en refaire d'autres, mais peut-être pas à Québec. En attendant, il faudra refaire de la musique, peu importe si c'est du Bisolars ou non, il ne faut pas arrêter!

samedi 27 octobre 2007

DERNIERS RAYONS DE SOLEIL (suite du message blog du même nom sur "Les Calepins de Félix" 26/10/07)

Hum... Merci Félix! "tant qu'il sait ce qu'il ne veut PAS". Le reste est sans importance, en quelque sorte. Tout s'accomplira à la fin...

La fin d'une époque, où même les édifices s'émiettent, pris d'une maladie inconnue. Les ponts s'écroulent, les vitres cassent, les briques nous tombent sur la tête et je suis aux premières loges d'un gratte-ciel qui s'effondre sur la foule: je tombe avec les autres, du 120ième étage, une caméra à la main pour la postérité publique et post-mortem. Aucun renouveau à attendre, par contre. Que la poussière qui arrache les poumons et une visibilité de deux mètres, gros maximum.

Tout ça, je l'ai rêvé la nuit dernière. La fin de l'espèce humaine, la fin des jours, et j'étais toujours vivant et on aurait dit que j'étais le seul à voir ce qui se passait. Les autres? Ils roulaient dans leur voiture sur des routes empoussiérées, des morceaux de gratte-ciel tombant autour d'eux et devant leur parfaite indifférence.

Qu'est-ce que ce rêve m'a dit? Que les roches aussi peuvent être malades et que nous sommes déjà dans ce commencement de la fin.

J'imagine que l'impression de ce rêve concorde avec le fait que je me considérais comme un prophète à la grande vision quand j'étais plus jeune. Un "Voyant-Clair", celui qui voit tout et qui l'exprime dans des mots souvent incompréhensibles. Le faiseur de musique verbale pour des oreilles fermées et lointaines.

L'appétit vient en mangeant, mais qu'arrive-t-il quand on ne mange plus?

mercredi 24 octobre 2007

LA MÉMOIRE DANS LA TÊTE

sordides avenances
une chapelle éclatante se noie
dans l'appartée de mon talon planté
au creux d'une joue de ciment broyé

univers de trop plein
des jambes molles dansent dans un cercueil
réveil attendu sur la pointe d'une tombale

depuis le début du feu enragé
j'aspire à devenir
celui qui n'a pas vu le soleil depuis des siècles
une ombre de plus sous une table inhabitée
des morceaux pourris à vendre pour ton âme

compte-gouttes
flick
flack
une par une sur ma peau
des flaques rouge et or s'agrandissent
mon nom est Légion
et par le suppliant des neurones
demain sera jour de festin
pour les
corneilles blanches
taches de lumière au-dessus d'une ville sombre

celle qui dort dans mon esprit
l'oubli d'un ton grave abstient le passé
à se réveiller dans le jour mourant

même le temps à peur des idées

vendredi 19 octobre 2007

SHOW DE DÉBILES MENTAUX!

Plus qu'une journée avant le Jour B (pour Bisolars)! Dans une journée, nous serons 4 cinglés à se présenter sur la scène de l'Oeil du Poisson à Québec pour le plus grand fiasco de tous les temps! Les Bisolars seront enfin en concert! Et ils casseront la baraque! Ils y joueront leurs plus grands succès et feront vivre des émotions fortes au publics en effervescence!

"Par le Yin et le Yang..."

La défonce totale, quoi!

jeudi 11 octobre 2007

FOGGY MIND

Tout se retrouve catapulté. Mes idées, mon ventre, ma vision, mon coeur. Catapulté où? Vers le vide, voilà. Une nausée dépassant l'imagination s'empare de moi et je ne peux plus bouger. Je marche dans un brouillard fluide, les jambes molles, le stress dans l'estomac, je vois double et il semble que mon esprit veut fuir mon corps.


Ne plus vivre ma vie, c'est ce qu'il attend, cet esprit tourmenté. Aller ailleurs, imaginer autre chose, faire autre chose.


Des projets autres:
Nous avons, Sylvain, Félix, Antoine et moi, un show de musique le 20 octobre. On va s'amuser comme des fous!
Mélanie m'a proposé de commencer une bande dessinée avec elle. Ça risque d'être assez absurde, reste à trouver une idée...

Et le reste? Foggy mind, des bras qui ont peine à bouger et la Lune dans le numéro 43. Un poids trop lourd à porter, une corvée que je ne veux pas subir. J'y pense de plus en plus, je ne sais pas qui je suis. Tomber dans une flaque de morve en putréfaction et sentir la rosée d'un frais matin sur ses bras, n'est-ce pas là la même sensation?

Si fait.

Je gratte le fond de mon cerveau avec une cuillère de feu et je ne récolte que la peur.

jeudi 4 octobre 2007

FOLIE ET MORT DE FOUGMA 'HAMED

Je sais, vous attendez avec impatience la suite du "Vieil homme et la Moufette", mais il vous faudra encore patienter. À défaut d'écrire comme je me sens ces temps-ci (comme de la crap, soit dit en passant), je vous laisse sur ce petit bijou d'absurdité qui m'a inspiré pour écrire le "Vieil homme et la Moufette".

Un pastiche fait au cégep dans le cours de ce franchouillard de François Lyonet, un bout-en-train digne de Ramdam.

Bonne lecture!



FOLIE ET MORT DE FOUGMA ‘HAMED
Pastiche de « Grandeur et décadence de Gérard Bilodeau » de Gabrielle Gourdeault

Fougma ‘Hamed naquit d’un Berger Allemand pantouflard circoncis et d’une loutre de mer appelée Julie Girard-Tremblay, circonspecte et un peu dérangée par la sénilité de Henri Jones, leur chat domestique qui, depuis déjà belle lurette, s’attaquait aux poireaux de Papa-Je-Suis-Déconnecté-De-La-Réalité-Par-La-Méthode-Je-Bois-De-La-Bière-Devant-La-Télé.

Fougma était le nom donné à ‘Hamed par sa mère. Ça ne voulait rien dire en particulier, sinon qu’il n’en avait pas la moindre idée. En fait, tout ce qu’il savait, il l’avait lu dans son livre de naissance dont aucune photo n’artisanait de couleurs flyées ses pages blanches et noires. Il a appris qu’il est né à Chicoutimi, capitale de l’Arabie Saoudite, de l’Espagne, de la France, de la Roumanie, des Îles Mouc-Mouc, de la Norvège, du Canada et de son petit Saguenay au fond de son trou. Comme on dit : « a hole’s a hole! ». C’était peut-être un pur mensonge aussi… il ne savait pas. Sa petite famille in vit présentement au sommet de la plus haute colline des environs alentoureux, c’est-à-dire le pic de sable dans l’État du Maine.

Toute sa vie, Fougma a idéalisé un idéal faramineux : découvrir la vérité sur ses origines. Ses petites manigances l’ont emmené vers la biblio-disco-vidéo-homothèques, où tous les renseignements de l’univers sont emmagasinés. Mais une société dans laquelle monsieur-tout-le-monde côtoie tout le monde et où les dirigeants tentent de cacher une vérité monstrueuse à un pauvre petit adolescent à l’imagination trop fertile qui rêve de voler sur des hippocampes à dos argenté ne peut pas laisser une banque d’informations top secret se dévoiler d’elle-même à celui-ci. C’est pourquoi il ne trouva rien. Nada. Nothing. No zapatos en el vestuario…

Fougma n’avait plus guère le temps de voir sa loutre de mère et Jones le chat tellement il était absorbé par ses lectures non instructives. Il se décida donc de partir à la conquête de la vérité de sa propre identité inconnue. Une bonne dose de construction hallucinatoire lui permettra peut-être de savoir ce qu’il est ou qui il est, ce pauvre Fougma.

Jour et nuit, il se piquouillait, se sniffait, se déconstructionnait, s’enflammait les bras, les narines, le derrière et tous les orifices où la dope magique pouvait bien pénétrer avec ce qu’il trouvait sous son lit. Il vit tous ses amis d’autrefois : George l’écureuil, Verra la truie, Hypolithe l’éléphant de Papouasie… Ils ne savaient rien, pas même un soupçon de poudre de perlimpinpin de plus que ce qu’il avait déjà consommé. Il mit même, après trois jours de planage (en fait, il ne s’était écoulé que trois heures), son bonnet de bain à antennes collectives pour communiquer avec les extraterrestres. Ils vont sûrement savoir ce qui se passe sur cette Terre enfouie dans l’hébétude ignorante et le soleil jaune, chaud et suant. Brouillage. On tente de l’empêcher de les rejoindre! Un espion, un félon, une taupe, un raton-laveur, s’est infiltré dans l’humble demeure à trois étages du petit Fougma. C’est ce qu’il se dit, pas encore remis de son trip psychédélique avec les éléphants roses de Papouasie et les écureuils irlandais.

Il sortit donc de sa chambre, à la fin du jour, chancelant et défaillant, pour aller rejoindre un chat en train de tourner en rond, bavant et s’assommant tout naturellement sur une pile de vieux Reader’s Digest jadis légués au Berger Allemand comme cadeau de mariage avec sa loutre.

Que de confusion, mélange, torpeur, que d’inertie de la part de son cerveau qui était maintenant sur l’option « Foutez-moi la paix! ». Il tomba finalement sur une cassette vidéo intitulée « Little Richard’s hidden story ». Un bon film en perspective. Mais après quinze minutes de bousille mentale et de réflexion spontanée involontairement effluviale, il comprit finalement le sort qui se posait désormais devant lui. C’était sa propre histoire! Non seulement il s’appelait Richard, mais en plus, il était anglais et non serbo-croate! Il ne se rendit compte de ce détail, apparemment multiprésent depuis toujours, qu’en regardant pour la deuxième fois le titre de la cassette.

Le choc fut trop violent. Bad trip total, cordialement accueilli par un organisme refoulé et miné par les micro-ondes de son bonnet de bain à antennes collectives.

Il fut enterré par sa loutre de mère et son ignare de père, accompagnés tous deux par le chat, qui était en fait son petit frère de deux ans. Sur sa tombe était écrit : « Fougma ‘Hamed, la folie t’emporta dans son vent intestinal ».

Fin de réalité.

mardi 25 septembre 2007

THÉRAPIE DU VIDE

Est-ce une bonne idée? Ai-je assez de Manque pour en suivre? Je me demande. Quelle était la raison, la première fois? Je n'en avais pas. Je n'y ai tout simplement pas pensé. La question à poser, en fait, c'est: en ai-je besoin? Là, je ne trouve pas la réponse. Je ne suis pas sûr. Je ne pense pas et peut-être que oui.

Le fait est que j'ai une vague impression que ça ne servira pas à grand chose. Je sens en moi la capacité de le faire par moi-même, je sens en moi ce bagage ramassé au fil des ans par les observations que j'ai faites sur moi-même et sur le monde qui m'entoure. En ce moment, je ne peux juste pas commencer. Je vais me laisser recommencer à travailler, bouger un peu plus et on verra après.

Le temps de la réflexion débute aujourd'hui-même. La concentration n'y sera pas, mais la volonté y sera, elle.

LEASH
j'ai trouvé un rampant sur le trottoir obscur
face à un manoir en décomposition de la quatrième dimension
l'hécatombe de l'espèce débute avec le Banquier
et se terminera avec
sur le bras
des pustules d'un rouge amorphe
qui nous sourient de leurs dents noires et polies
elles nous disent:
"nourris-moi!
nourris-moi!
ou péris sous la folie de notre rougeur d'enfant battu!"
je me penche vers ces bouches ouvertes
avec dans le fond de la gorge le cri de Munsch
gueule grande ouverte sur un monde brouillé
les oreilles bouchées qui entendent tout
fort comme la vie
hanté
toujours
par la paix du regard de l'Ange Blond
des larmes aux yeux
je leur souris et m'en vais
suivant mes propres pas dans la terre friable
un hommage aux souvenirs passés
la pointe de l'iceberg n'est plus si haute
j'entends les vagues pianoter sur mon âme

mercredi 19 septembre 2007

MORGUE EN AVANT-PLAN

les moeurs pointues
sur la haut d’un pic glacé
elle s’avance à pas lents
dardant son regard acéré
sur le bout d’une branche morte
dernier vestige de l’Ancien Monde

l’homme tubulaire en extinction
omet de dire le désir de résister
s’estompe dans la fin d’un jour pluvieux

jadis elle demeurait sur son épaule
lui caressant l’échine de ses doigts froids
l’entourant d’un voile rouge fonte des neige

aujourd’hui
une montagne solitaire
le ciel brumeux
cacophonique
le cri de millions de bêtes affamées
unisson de hantise face à la sécheresse
d’un œil qui n’entend pas la pitié
ouragan de sable sur des plaies béantes
le coffret des songes se ferme
sur les phalanges du dormeur
qui se surprend à pêcher la pluie
dans le désert de son esprit

20 septembre 2007

mardi 18 septembre 2007

ONDE DE LANGUEUR

montrer la vie à travers une mince couche de verre
la regarder
voir évoluer les millions de choses qui y poussent

on voit tomber un flocon
le gel y prend
mais la chaleur demeure
toujours présente dans le noyau

je suis une forêt
plantant racines dans une terre meuble
distribuant la vie à travers l'humus des heures passées
ciel fondu vers minuit
des planètes mobiles s'alimentent du feu
la silhouette d'un homme dans l'ombre d'un pommier

onde de langueur
suspense altéré par la lumière d'un phare
des épines s'étirent en lambeaux verts
monstre de lenteur sur la peau du vide
je ne veux plus pousser sans l'eau d'une larme

le pendule s'active à nouveau
tic tac
tic tac
et tout simplement le tic de la mémoire
prenant le dessus sur tout
ombre inquiétante sur le motif tracé
qu'est la vie que je me dessine

je ne peux que regarder passer le train
subir le souffle de son passage
me remémorer un sourire perdu dans les tréfonds
d'une âme perdue dans la peur

de tous côtés
des yeux qui se ferment
des bouches qui se ferment
des oreilles qui se bouchent
un monticule de corps s'entremêlant
un bras dans une jambe
le coeur enfoui dans un autre coeur
j'arpente cette montagne multicolore
sans penser au son de la misère qui se répand
sous l'amas de chair

damier suspendu au-dessus de ma tête
ne reste que le ciel pour observer le vent
et ta main pour tenir mon
coeur

14 septembre 2007

vendredi 14 septembre 2007

PARTICIPACTION

J'ai l'intention de publier un recueil de mes poèmes dans les prochains mois et, si vous le voulez bien, j'aimerais que vous m'aidiez à créer un corpus de poèmes autant par rapport à la thématique, à vos goûts personnels, aux impressions que vous vivez lorsque vous me lisez, etc.

Pas de limite dans vos choix, envoyez-moi seulement les titres que vous avez choisis et que vous aimez particulièrement (toutes les raisons sont possibles) par courriel à l'adresse suivante:
rick_filius@hotmail.com

Je ne vous oblige à rien, de toute façon, je ne suis pas professeur, ni maître d'esclaves (quoique...). Je vais les compiler et voir avec ceux que j'ai choisis moi-même.

Donc, c'est une participation libre, ça peut être amusant à faire et ça ferait de vous mon premier comité de lecture! :O)

Bonne journée à tous!

mardi 11 septembre 2007

DES MERS CASSE-PIEDS

dans le sable vaseux d'une eau chaude
mes pieds scintillent de mille feux
mais s'enfoncent jusqu'à la gorge
d'un Léviathan affamé de chair fraîche


sa gueule édentée croit qu'elle minaude
les dix habitants au cou en forme de noeud
qui n'ont cure que du son de la forge
chaleur accablée sur une peau rêche

sore heart in the blink of an eye
dernière chance de briser la bête
quand sur moi les rayons mortels
du soleil trop bas
accaparent ma vision

la montée hors du souffle rocailleux
démontre la trahison de la terre
angoisse de la plume
encore
gastronomie dominante dans ce qui a lieu de
stable

xénophobie face aux herbes rouges
on ne veut plus lâcher le fil qui tient le nerf de la
raison
mais rien n'y peut dans cet espace trop plein
que le mouvement définitif d'un bras mou
incapable de croire qu'il a des os

vendredi 7 septembre 2007

NO WINDOWS UNLOCKED

with bare hands
I'm eager to put an end to my
pain of the brain

un chant de patrie qui hurle de ses cinquante hauts-parleurs
"allons enfants de la patrie
fonçons tête baissée vers la bain de sang
faisons-nous tuer
hacher menu
liquéfier
pour la Patrie!"

et la batterie de résonner sans cesse dans le caveau
qui sert d'esprit aux zombies rampant à mes pieds

je marche à travers des eaux bourbeuses
et des os rongés par la panique de sept milliards d'amibes
qui n'ont pas compris l'évolution des parasites

dans un aquarium
des fenêtres de briques s'effritent pour former
un lit de cendres rouges de la douceur d'une rose
étendu tout au fond
je dors
je m'entends respirer
je rêve à des yeux noisette plongeant dans mon coeur

la saillie des bulles à la surface fait perdre la face
aux ombres élancées qui regardent
perchées sur leur trois jambes
l'intérieur de leurs paupières

elles ont peur de l'Autre
elles ne veulent que s'endormir à leur tour
et tirer sur le fil qui attache les mains à la
gorge sèche
qui a trop
respiré

mardi 4 septembre 2007

DEMAIN, LA PEUR

Pour aujourd'hui, c'est la tranquillité. Il me prend encore assez souvent de voir des flashes, dans mon esprit, de la mort de Julie. De courts moments pour me rappeler que cette personne remarquable n'est plus ici, mais garde sa place, malgré tout, dans le coeur d'un grand homme qui a les idées tourneboulées.

Le dernier poème que j'ai écrit est, comme le dit Christine dans son commentaire, d'une tristesse indescriptible. Mais on perce toujours, à la fin, une petite lueur d'espoir, le rayon d'un soleil encore à naître, existant toutefois dans l'inconscient collectif des neurones qui m'habitent.

Pour aujourd'hui, je suis bien, je souris, mes yeux brillent d'un éclat qui n'y était pas depuis quelques mois. Je vis et je ne veux pas laisser passer cette vie à m'enfermer derrière les murs d'une quelconque maladresse d'esprit. Je veux être là. Je veux manger cet air respiré par 6 milliard 640 million 647 mille 763 personnes.

La phrase d'aujourd'hui, celle qui revient comme un leitmotiv infernal dans le caveau de mon crâne, cette phrase qui démontre autant la folie de la société qu'une vision ascérée et vraie de la réalité: "You have nothing to fear, only poets and Justice". Elle a été chantée par David J. Haskins dans la chanson "No One's Sending Roses", sur l'album Etiquette of Violence (son premier album solo après Bauhaus). Je ne sais pas pourquoi exactement cette phrase me tourmente tant. Peut-être parce que je suis moi-même poète et que je ne crois pas en la Justice de la société dans laquelle je vis. Je la perçois comme une sorte de monstre hideux (DES MONSTRES.... HIIIDEUX!!!!!) avec une bouche de la grosseur d'un volcan, avalant les bonnes intentions et punissant les yeux fermés, avec l'objectivité d'un robot. Un robot n'a pas d'émotions, un robot ne fait que ce qu'on lui dit de faire. La Justice est ce qu'on en fait. Pour le moment, elle n'est rien, qu'un mot parmi tant d'autres qui perdent leur signification. Dans dix ans, le mot justice ne sera plus dans le dictionnaire.

Et demeureront quelques rebelles de la langue, rôdant dans l'ombre de leur écriture, ils répandront le sang de leur idées sur un papier numérique et seront là lorsque sera le temps de reconstruire la réalité.

Et je serai là, moi aussi.

vendredi 31 août 2007

LE DÉPORTÉ DU VENTRE VIDE

trouvez-le
les hémisphères ne sont plus soutenus
que par la langue de la trahison
enduite d'une épaisseur de goudron
qui l'empêche de
parler

des tours s'élèvent
le ciel s'obscurcit même le jour
les oubliettes de la pensée s'ouvrent
sur une pièce de viande chaude
rapaces au rendez-vous
la peur au ventre
des bras minuscules sur une peau grise
la lenteur les incommode

dormir sur un ventre chaud
et rêver la mort d'une étoile terrestre
impasse de l'esprit quand sur nous tombe la
folie

30 août 2007

mardi 21 août 2007

TENTER DE CONTOURNER LA COLÈRE

Avez-vous déjà senti la flot d'émotions brutes qui s'échappe d'une personne en colère ou stressée? Ça me rentre dedans comme un coup de poing, me rendant incapable d'une quelconque réaction, allant jusqu'à me donner le goût de pleurer tellement ces émotions sont fortes. En ai-je peur? Je pense que oui. Si une chose peu bien me faire peur, c'est quelqu'un en colère, les nerfs à vif, imprévisible. La nausée me prend, le besoin de contourner cette colère se fait sentir, mais je suis déjà absorbé dans le tourbillon.

Ça me fait ça avec n'importe qui, surtout si je ne connais pas les raisons de cette colère, de ce stress, de cette infection qui ronge l'intérieur goulûment et qui gruge la vision extérieure. Je me fais penser à ce pauvre Alex, dans Orange Mécanique, qui a subi le traitement choc anti-violence et qui ne peut plus supporter d'entendre du Beethoven ou de voir de la violence.

Je ne pense pas au mal lorsque me vient à l'esprit l'idée que cette colère finit toujours par revenir dans la figure des possesseurs (ou possédés). Leurs nerfs flanchent, ils s'engourdissent, ils se retrouvent finalement seuls dans un univers ablatis, ne fixant que le vide du sentiment.

La paix. Une douce lumière bleutée, celle d'une lune calme et sereine. Enfoui dans sa chaleur, il ne reste qu'un sentiment de plénitude et de paix.

Je ne suis pas en paix. Je suis assailli par la colère du monde et j'aimerais bien trouver le moyen de contourner la vague sans me rebâtir une tour d'Ivoire... Je sens des éclairs bourdonner dans mon crâne.

Le sommeil... quand viendra-t-il enfin...?

lundi 20 août 2007

IT'S ONLY FOREVER (NOT LONG AT ALL)

Je ne serai pas là très longtemps. Simplement un petit mot pour vous dire à tous un immense MERCI pour tous les commentaires que vous me laisser. Ça fait chaud au coeur, je sens votre présence constante avec moi.

C'est complètement débile ce qui est arrivé cet été. Depuis, je me sens comme un enfant de 4 ans que sa mère aurait laissé dans un stationnement géant de centre d'achat dans une ville et un pays inconnus. Mon corps n'est pas sous contrôle, il me parle, m'envoie des signaux puissants que je ne comprends pas. Des émotions que je n'avais pas vécues depuis des années ressurgissent, j'ai la poitrine en feu et mes rêves s'enfuient de mon crâne avant mon réveil.

Un être exceptionnel est mort cet été. La mémoire de ce que nous avons vécu ensemble restera à jamais gravée dans ma mémoire. La douleur ne partira pas. Je le sais. C'est une blessure qui me suivra jusqu'à la fin de ma vie. Mais je sais aussi qu'elle ne m'empêchera pas de Vivre. Au contraire. J'ouvre mes yeux, je sens le vent sur ma peau et je voudrai à nouveau Aimer. La vie est trop longue pour la passer à souffrir. Le sourire reviendra, le regard brillera à nouveau.

Je parle de tout ça au futur. Pour le moment, je suis dans un trou, celui laissé par ce qui fut jadis une tour qui touchait aux étoiles. Ma tour, ma prison, mon arme de défense contre le monde dangereux et imaginaire que je me suis créé il y a si longtemps. Des volutes de fumée s'élèvent encore autour de moi. Je suis étendu, en position foetale au centre, la peau encore brûlante de l'explosion qui s'est produite. Mes yeux sont ouverts, mais la paralysie du choc me retient encore. Je ne sais plus comment m'alimenter du soleil, il est trop haut, le trou trop profond, mais mes yeux sont ouverts.

"If you want to see the sun, then son, you'd better get up." C'est ce que la femme de la chanson (Saturday, de Essex Green) qui vient de commencer me dit... C'est très étrange comment les choses arrivent parfois. Je pense que c'est Marc qui me disait qu'il n'y a pas de coïncidences. Seulement des rencontres d'événements. Je ne pense pas que tout ça soit prévu d'avance, par contre. Mais la coïncidence reste le mot parfait pour ce genre de chose. La coïncidence n'est pas obligée d'être due au hasard.

Je m'égare et je n'ai aucune idée de où je voulais m'en aller avec tout ça.......

Enfin... Mieux vaut commencer une nouvelle journée...

samedi 18 août 2007

ÊTRE UNANIME SUR LA FAÇON D'ÊTRE SOI

Quand vous vous regardez dans un miroir, que voyez-vous? Qu'est-ce qui se cache dans le creux de ces yeux, le trou noir et profond qui s'en va tout droit jusqu'au bout de votre esprit? Quelles pensées obscures ou lumineuses respirent dans les méandres de votre cerveau?

boire aux lèvres d'une méduse
et regretter l'amère douceur de la mer

six millions de naissances par année
deux de moins que les rêves qui peuplent
les paroles d'un arbre centenaire

dormir les yeux ouverts sur le plafond
n'empêche pas les coeurs d'exploser d'une humeur folle
quand vient le temps de tirer ses cartes
on a peur d'oublier le visage de l'amour
mais toujours on arrache les fils qui tiennent le vent

j'entends les mouettes
j'entends les cris des vagues sur mes neurones
j'entends les pleurs de mon ventre syphonné par la nuit
j'entends les bouches fortes appeler à l'aide

surtout
j'entends le chant de ce corps animé par les sanglots
lames brillantes sous un soleil matinal

sillons de pureté sur mon visage

cadavres de peine s'étendant sous mes pas fatigués

mercredi 15 août 2007

AU COEUR DE LA DÉMENCE

C'est la fatigue qui commence à avoir raison de moi. Une lourde main qui appuie sur ma poitrine et m'écrase sur place. Les heures passées à ne pas dormir se transforment en heures de folie déconnectée, où je cherche à m'accrocher à quelque chose, quelqu'un qui puisse me soutenir sans trop d'efforts. Le rêve s'estompe. Je flotte de plus en plus dans un nuage jaunâtre où le pouls de la conscience s'endort tranquillement.
Tout me ramène là. Ma tante qui aurait pu mourir d'une embolie pulmonaire la semaine dernière, la lettre que j'ai reçue aujourd'hui de la mère de Julie, l'air que je respire remplie de souvenirs d'elle. Tout comme ma conscience, je finis par m'endormir complètement éveillé. Je nage dans un rêve qui ne finit jamais, une roue éparpillée aux quatre vents, l'envie de serrer quelqu'un dans mes bras, sentir sa chaleur pendant des heures, sentir son amour au creux de ma poitrine comprimée.
Crier semble la seule solution. Cri du coeur, cri de l'esprit, cri d'une gorge en feu, celui au creux d'un volcan en rage face à la tourmente de la pluie. Déjà j'oublie le jour précédent, une suite d'événements sans queue ni tête, paroles perdues, mains tremblantes, yeux lourds et jambes fauchées par la mort.
"Situer le doute derrière les yeux d'un mourant suffit-il pour ne plus entendre la peur?" J'ai déjà écrit ça dans un de mes poèmes. Sorte de moyen de se débarrasser des questionnements en les laissant partir avec les cendres du temps. La réponse est négative. La peur demeure, la peur ronge, la peur s'installe définitivement après la mort. On n'a plus la raison valable, elle tombe dans le vide poussiéreux, elle a la langue sèche et ne demande qu'à boire une eau encore potable, mais ne trouve que le sable à avaler...
Le temps est l'outil de la folie. Je n'ai plus le temps, il s'est enfui dans le fond d'une terre consacrée, accompagnant la femme que j'aimais. Les jours s'écroulent de mes mains fébriles, je n'ai pas besoin de temps, la folie s'est emparée de moi depuis bien des années...