jeudi 20 avril 2006

ENGOUEMENT

Chants de paraboles psychosomatiques

Je m'entoure de vos lumières enflammées et sveltes
Pour me dévorer ensuite
Dans le buste d'un arbre
Emporté par le soleil d'automne

Un vent violent

Routes infestées d'orages colériques et de mires endiablées

Je me retourne enfin
Pour respirer le rayon frigide de la terre sous mes pieds
Et je regarde d'un œil incrédule
La pâle accalmie du ciel
Gelé à son tour par des oiseaux d'une âme inventée
De part et d'autre de l'univers

Songe à l'aube
Songe au temps qui passe
Songe au triste vent qui regorge tes sens

Et plus tard
Vers la fin du jour
Un indice de la Lune nous enviera
Et dansera dans la direction de l'oubli
Emporté par l’insondable remous des eaux troubles en temps de courroux

Ce sera un regard vers les étoiles
Qui changera la vision éperdue du fleuve coulant dans mon corps
En ébullition extrême et éternelle

Les cris glauques des rapaces nocturnes menteurs
Percent mes tympans
Et s’en vont loin vers l’horizon
Où l’infini les attend avec une impatience fugitive

Non
Jamais
Ne
Pas
Sans
Aucun
Absent
C’est un engouement futile face aux cohortes
Attendant ma venue tranquillisatrice et apaisante
Dans un lendemain qui n’arrivera jamais

7 décembre 1998

mercredi 19 avril 2006

M POUR MORT

On a tous un jour côtoyé la mort de différentes façons, ne serait-ce qu'en tuant des grenouilles en les frappant sur le bord d'un trottoir alors qu'on n'a que trois ans. C'est un peu moins drôle quand la mort frappe un membre de notre famille, et encore moins si ce dernier était plus jeune que nous et qu'il n'est pas mort d'une mort naturelle. Le poème qui va suivre est une sorte d'hommage et d'au revoir à un de mes cousins qui n'a plus voulu de la vie qu'il vivait. Je n'ai jamais su pourquoi il avait fait cela, et je ne sais même pas si je veux le savoir.

C'est aussi à ce moment que j'ai versé les dernières larmes de mon corps et que le processus de robotisation s'est totalement enclenché. Plus rien ne pouvait être pire que la mort de mon jeune cousin... et je n'ai encore rien trouvé de pire aujourd'hui...


(À Mathieu Roy, mon cher cousin mort par la folie d’une société qui enfonce dans l’aliénation…)

Un jour il était là
Le suivant
Déjà loin

Il est parti en nous laissant tout hébété

Une parcelle d’univers s’est éteinte avec lui
Désespérée de fuir une cacophonique vie

Sa beauté cadavérique vibrait en moi
Comme des coups de marteau puissants
Résonnant dans les cieux noirs et orageux

Une prestance en soi qui ne vaut rien

Et les flots se sont abattus
Solitude
Comme une marée de sang regorgeant
Mon cœur
Les catastrophes accumulées
Et je me fond dans cet être si pur

Brutal
Vif
Désertique
Renfermé
Océanique
Réactions en chaîne tumultueuses du cycle
perpétuel de la Mort à sont travail

Sans cesse des regrets malheureux accablants

Une jeunesse est trop peu pour partir avec toi
Vilenie

Je te déteste

La fête est terminée pour lui
Je voudrais te regarder encore une fois

Un jour il était là
Mais le suivant
Déjà loin

Trop loin

6 décembre 1998

mardi 18 avril 2006

POURQUOI?

Le poème de la question ultime sur tout. On en vient tous là un jour, à se demander ce qu'on fait sur cette Terre et que veut dire tout ce qui nous entoure. Une colère sourde résonne dans ce texte, une colère contre une humanité aveugle et l'incapacité de tous, moi inclusivement... Pourquoi? Une question sans réponse.


Pourquoi un rêve dans cet inconnu,
cette métaphore humaine
qu’est une existence futile dans le brouillard,
épais cauchemar en mon âme…?…

Pourquoi un jour après l’autre,
perpétuelle routine arrachant
les cœurs fragiles de solitude
et perdus dans tout l’infini…?…

Pourquoi mourir tous les jours
en se tenant la tête à deux mains,
boire le néant à gorge déployée
et s’endormir profondément…?…

Pourquoi aimer de tout son cœur
quand personne ne veut recevoir
ce que je peux lui donner,
ce qui m’enchaîne à la terre…?…

Pourquoi célébrer la Mort de deux millénaires
crucifiés pour rien de plus que la Mort
si je ne peux regarder en face
celui qui nous a tous maudit…?…

Pourquoi devenir un adulte incompris,
vie conformée en communes historiques
dans une foi brisée par l’âme
et envolée vers l’éternelle indécision…?…

Pourquoi un univers tournant sur lui-même
si vous ne pouvez même pas régler
l’horloge cassée de vos esprits maladifs
de tenir la puissance tellement inutile…?…

Pourquoi regarder tout droit,
vers l’horizon diminuant la pensée…?…
Pourquoi ne pas défier la Nature
et détruire toute l’idéalité du monde…?…

Pourquoi rêver ?
Pourquoi vivre ?
Pourquoi mourir ?
Pourquoi aimer ?
Pourquoi célébrer ?
Pourquoi obéir ?
Pourquoi vieillir ?
Pourquoi ?…
Pourquoi ?

4 novembre 1998

lundi 17 avril 2006

JE CROIS

À l'origine, ce poème a la forme d'une croix, avec la grosseur des mots ajustée pour que tout soit bien droit... mais avec mon expérience dans le domaine du site web, je préfère en faire une moitié de croix (parce que ça ne marche pas pour faire une croix complète). De toute façon, avec cette forme-là, ça a plutôt l'air d'un zombie bedonnant qui marche les bras devant vers une proie, ce qui revient au même en tous points! La forme était surtout là pour mettre l'accent sur le premier vers et le cinquième. Enfin, bonne lecture!


Je crois
Qu’ailleurs
La Mort est
Sagesse.
Je crois
Que la
Majorité
Est une
Majorité
Qui est tout ce qu’il y a de plus laid et de sale.
Regardons en notre âme tout ce tourment en furie,
Éloignons-nous des fausses visions humanitaires
Dans ce
Regard
Mortel
Et flou,
Ce monde
Qui croit
Que nous
Allons être
Des pauvres
Petits chiens,
Bavant au
Pieds de nos
Maîtres, de
Notre chère
Maîtresse
La Mort,
Une douce
Symphonie
Lugubre
Dans la nuit.

29 octobre 1998

vendredi 14 avril 2006

IN UTERO (poème en prose)

Voilà. Le texte qui va suivre pourrait être considéré comme une petite nouvelle. Au commencement, je l'ai séparé en vers, mais plus ça allait et plus je me disais qu'il gagnait à être déconstruit et reconstruit en prose pour plus de fluidité.

Ça commence un peu absurdement, mais rapidement, on tombe dans une fantaisie qui caractérisera plus tard mon épopée de l'Ange Noir (avec le Dernier Soupir). "In Utero" se retrouvera d'ailleurs intégré au Dernier Soupir. Je n'analyserai pas ce texte, je vais plutôt vous laisser vous imprégner par lui, c'est tout de même un peu plus long que tout ce que j'ai mis ici jusqu'à présent. Suivra ensuite des commentaires que j'ai laissés à l'époque et quelques années plus tard.
Alors sans plus tarder...


IN UTERO
(poème en prose)

J’ai rencontré un chien dans la rue, sur un trottoir mouillé et infesté de mauvaises herbes un peu bourrues, celles qui volent dans l’air humidifié. Cette étrange boule de poils m’a dit qu’il s’était fait marcher sur la queue mais qu’il s’en remettra lundi, il n’avait pas le choix malheureux ; c’est son jour de piqûre, m’a-t-il dit, où il se fait porter à la fourrière et voler son âme de chien maudit tous les lundis, oui, et c’était hier.

Nous avons marché en discutant, nous fichant des passants non pensants, et en dévorant un onguent de sang sans nous rendre compte du temps filant comme un long ouragan du sud, une tempête engouffrante d’attitudes engagées d’un parfum très opportun à la position dont avait le cajun qui regardait passer les nuages gris en criant des insanités comme une pie.

Il m’a aussi dit que rien n’existe, car rien ne reste quand on oublie, et si personne ne peut se rappeler, aucun passé ne peut exister. Rien ne reste quand j’écris si personne ne se souvient de ce qui existe, pas même la lumière, ni la noirceur, car si on les voit, on peut les oublier en attendant pendant une éternité la création nouvelle qui se meurt.

Il a dit : « La vie est courte, l’ami! mais n’oublie jamais qu’ailleurs ou ici, les gens sont tous pareils, je m’y connais, et quoique tu fasses, disparais! C’est ce que je tente de faire chaque lundi, mais cela m’est impossible, je suis pris! Envole-toi très loin, retourne d’où tu viens, (d’où je viens?) là où tous les êtres se comprennent bien et où mon cœur rêve toutes les nuits. Ne reste pas dans cette jungle et fuis! »

Bien sûr, un tiens vaut mieux que deux tu l’auras et c’est ce que j’ai fait à la première occasion. Je me suis envolé très haut, à travers sillons de poussière d’étoiles, envolé jusqu’à l’amas de plusieurs galaxies en mouvement, où j’atterris au centre joyeusement. Une horde de vaillants chiens arriva et me salua très poétiquement : « Ô noble étranger qui vient du firmament, du fin fond de l’univers tout en émoi de perdre son doux sourire blafard, sois le bienvenu parmi nous tous qui t’accueillons sur cet éternel pulsar et où la vie idéale mousse et pousse! »

Je me suis alors accroupi et assis, les serrant tous dans mes grands bras, en les embrassant tellement fort. Je souris. Ils rient aussi, perdus dans l’oubli de l’embarras. Un monde où tous se comprennent bien, c’est vrai, point ne savais-je que seul moi pouvait comprendre leur fortune sans rien, leur bonheur enchanteur dépourvu d’effroi. Un sentiment que je pouvais tâter de mes mains et une douceur battant la vitesse d’un train.

Je suis parti avec ces canins étranges visiter les galaxies utopiques, parfaites, que ce chien terrestre à l’allure hirsute m’avait tant vantées dans sa chute, et j’ai senti, pour la première fois, quelque chose qui clochait dans une grange. Une fête avait éclaté, et quelle fête! Un festin dont j’étais le principal repas. Ils m’ont transporté sur un autel, peu confortable d’ailleurs, pas comme à l’hôtel, et là, une vision des plus parfaites apparut. Une femme, et non un chien, en robe blanche et transparente, au visage angélique. Sa voix musicale sonnait en ut et disait : « Laissez m’en une tranche, je ne veux point de part atrophique! » C’est là que je réalisai la raison de ce monde si parfait qui faisait qu’il était de ces plus parfaits. Une chose est morte ici, la passion. Je réussis à défaire mes solides liens, mais plus jamais je ne serrerai de chien.

Je courais tel un taureau en furie, traversant cette cohue canine et cruelle en piétinant quelques âmes impies (âmes maudites?) détachées en infimes parcelles qui volaient en éclats rouge vif sous mes pieds de la même couleur qu’une haute marée où tous se meurent, un rêve immense devenu passif, un petit feu follet fort peu fidèle, un oiseau saignant et battant des ailes...

Une intense lumière me fit perdre équilibre et raison en même temps, stéréophonique. Une brillance accrue et agoraphobique, je m’accroupi près d’un arbre en pleurs? Tout autour de moi s’était transformé en un horrible cauchemar où j’étais la cible. Et la panique surgit de mon effroi telle une ombre infâme et cruelle sortant d’une sombre et sale ruelle pour estropier une pauvre victime d’une société tombant de sa cime.

Je me suis éveillé dans le noir, je ne pourrais dire s’il était tard, car plus une lumière ne brillait aux cieux. Un sol froid, terreux et poussiéreux était l’endroit où mes yeux fixaient. Une sensation étrange surgit de mon être ; une étincelle noire et chaude rageait et bouillonnait telle les feux de l’enfer. Et soudain, sous l’obscurité opaque, un flocon de neige ébranla la balance du monde qui entourait mes pensées les plus incompréhensibles, dans un sac qui venait de s’ouvrir comme une lance perçant le cœur d’une charogne désossée.

Je me levai donc pour m’apercevoir que cet univers se décomposait. Il vieillissait dans l’étroit entonnoir qui très tranquillement m’engouffrait dans ses entrailles sombres et noires. Mon esprit s’échappa rapidement de mon corps agissant comme une foire, celle où de nombreux chiens savants, (encore des chiens!) qui dansaient autour et qui allaient boire tout mon être, se transformaient tout d’un coup en difformités purulentes aux abois qui rôdaient dans une forêt en dessous d’une grange où mille feux grégeois fusionnaient avec la nature sans cesse en constant changement, un miroir face à la forte température en baisse.

Je me souvins soudain que dans ma poche se cachait un objet inusité et simple, une allumette gisait sous une roche, une chandelle en main telle un temple grec abritant quelconque déesse nue dans la tempête qui régnait en cet antre de pures délices et d’orgies cornues et où je venais de découvrir que j’entre dans le véritable état de ce monde parfait qui ne l’est plus vraiment en fait, car le visage du mensonge immonde s’est montré à moi malgré le regret que je porte à mon univers perdu et à jamais loin derrière, disparu...

Je me lève soudainement, le vent soufflant dans mes cheveux gelés par tout ce froid, l’allumette envolée dans l’air reposant et ma bougie veillant toujours sur moi, une pauvre âme seule au milieu de tout ce désert de neige, cette poudre cacophonique de gêne sortant tout droit de cette gueule qui s’ouvrait à moi tout là-haut, dehors. La face cachée de ce monde parfait était maintenant révélée, une horde de créatures décomposées en agrès se précipitait vers mon corps froid pour me donner en pâture au roi. Le roi du royaume de la perfection voulait à tout prix attirer mon attention vers le trou que je faisais devant lui, vers mon corps qui disparaissait sans son autorisation dans cette nuit, et mon âme s’envolait et dansait.

Non, je ne retournerai plus jamais vers cet univers de perfection factice où toute l’abolition de nos caprices en fait un enfer de total rejet. Non, jamais plus je ne souffrirai dans cette noirceur de chiens cruels, dans cette animalité canine éthérée et jamais plus de peurs éternelles dans cette nuit infâme de bestioles affamées de mon âme si fragile, si pure, entourée d’une belle auréole et devenue si ouverte à tout ce vil revenant qu’est devenu mon corps que je devrai renaître de cette Mort...

Je m’entoure de plénitude avant de redescendre vers mon propre rêve qu’est ma vie tranquille, mon Ève. Ensuite je me tourne en regardant le soleil se levant devant mes yeux. Ce soleil si brillant que j’en suis aveuglé de bonheur. Ce bonheur heureux qui m’absout de son souffle aveugle et avec qui je rencontre mon âme sœur. Je veux Aimer de tout mon cœur je veux t’aimer et vieillir avec toi, ô ma douce éternité au-dessus des toits, pour que reposent enfin ces tourments de chagrin qui explosent en mon crâne. Tous ces terribles regrets profanes et infernaux accablant mon chant.

Ouvrant ton cœur aimant et chatoyant, tu ressembles de plus en plus à ce quoi je voulais toujours embrasser en pensant à ces journées écoulées, ces nuits sans toi. Ton besoin se fait alors sentir au fond de moi, qui étais parti vers ce monde qui croyait en la perfection de la vie, oui, une vie sans toi. L’amour n’existant pas, cet univers est devenu laid, en autodestruction de par ma seule pensée qu’au fond, tout cela lui manquait aussi ; que le sentiment très fort et éprouvé lors de ta rencontre lui a fait saisir ainsi qu’il était alors perdu dans ses troubles incommensurables et vains de perfection.

Pourquoi la perfection quand on peut avoir en sa possession le plus grand secret du monde, et qu’elle n’existerait pas sans ce pouvoir de contrer cette perfection si immonde? Je vous le demande, en fin de cette longue route, quelle est la plus belle chose d’entre toutes : écouter un sale cabot nous dictant les vertus de l’Humanité, ou être disposé à voir nos bévues? En vérité je vous le dis : Écoutez votre conscience, cette petite flamme au fond de votre âme qui allume les feux les plus vigoureux de l’essence d’une vie trop précieuse pour un puits infâme, et devenez en même temps cette flamme pour qu’enfin vous respiriez cet air si pur qui vous souffle à l’oreille les obscures folies que sont les beautés d’une femme et ces songes qui vous transportent loin de toute civilisation perdue dans les desseins de la perfection en constante absence, cette civilisation perdue dans la recherche de ce manque à l’être humain en transe, envolé dans ses rêves qui cherchent une autre solution à cette trop belle perfection, et qui devient un chien au milieu de la circulation...

27 octobre 1998


"PETITES EXPLICATIONS DE « IN UTERO »…
27 octobre 1998
Quelle est donc cette histoire de chien? Le chien représente le meilleur ami de l’homme, son plus fidèle compagnon, n’est-il pas? Quoi de mieux que celui-ci pour conduire un être humain dans la plus grande dérision, dans la grande impasse du questionnement humain : la perfection? Comment ne pas succomber à la tentation d’envoyer l’Homme (avec un grand H) dans son propre enfer que par ce si amical animal? J’ai succombé à cette tentation – personne n’est parfait - mais tout cela n’est pas venu en criant shazam!!! Au tout début de mon histoire, je n’avais pas du tout idée de la suite du texte. Tout m’est venu au fur et à mesure que j’écrivais, comme si un esprit avait guidé mon bras supportant la main qui écrivait. Tout cela pour dire que, en fin de compte, les chiens on des dents, pas seulement du poil qu’on peut flatter, et qu’il faut se méfier même de ces beaux compagnons…

7 novembre 2000
Deux ans presque jour pour jour. Une coïncidence? Peut-être pas. Je voulais simplement ajouter quelque chose au paragraphe plus haut. En relisant In Utero, j’ai découvert qu’inconsciemment, j’avais fait une métaphore de la vie et résurrection du Christ… À moins que je ne me trompe… Il me faudrait l’avis d’autres personnes. J’ai aussi, au milieu de l’année 2000, transformé mon texte pour qu’il soit écrit en prose. C’est cette version qui est plus haut. Vous remarquerez aussi que le thème de la perfection est très récurent dans mes écrits, surtout mes poèmes, si vous les avez lus, ce que vous devriez faire si ce n’est le cas. Je fais aussi une allusion à un autre texte que j’ai écrit je ne sais plus quand qui s’intitule "Ici, sur Terre..." C’est dans le huitième paragraphe. Lisez "Ici, sur Terre..." et vous le trouverez!"

14 avril 2006
Pour ceux qui ne sont pas au courant ou qui ne l'ont pas lu, "Ici, sur Terre..." est la première partie d'une trilogie qui fusionnera en un seul roman, celle de l'Ange Noir qui a fait son apparition dans quelques poèmes déjà. Un jour, pas maintenant, il verra le jour ici.

L'ÂME

Ce qui suit est un poème qui n'a jamais été terminé et qui ne le sera probablement jamais. Il n'est pas très long, et de toute façon, c'est une bonne chose parce que celui qui viendra après sera le plus long en date (4 pages de poésie en prose). Mais c'est pour un autre jour...


L’insondable obscurité qui dévore
Chaque jour, un peu plus que le précédant,
Les lumières oisives d’un regard pendant
Dans l’orgueil d’une soudaine Mort,
Isole mon cœur à la recherche de l’âme
Où réside mon courroux infâme.
Elle approche, mon étoile filante,
Ma flamme éternelle, une goutte simple
Dans un échelon de tristesse accablante,
Un brûlant désir mutant dans une plainte
Encore jamais accédée dans ces hautes
Sphères des confins de l’univers…

23 octobre 1998

jeudi 13 avril 2006

NOIRES, LES HORREURS

Un souffle terrifiant, mordant dans mon dessein
Où un loup rugissant hurle les morts à l’aube
Du renouveau vital et insondable éteint,
Un regard orbital, noire l’horreur de l’aube.
Sur un pic haut gelé, l’une des créatures
Me surveillant ici, songe aux sources obscures
Qui refoulent la nuit, un jour où tout est noir
Et où elle a volé, ciel de Mort, ciel de foire.

Le lugubre monstre se fourvoie, quelle angoisse,
Le désespoir montre que ce n’était que poisse,
Une peur si cruelle et horrible à la fois,
Mon courroux de plus bel remonte mon émoi.
Noires sont les horreurs, d’une vieille vie
Toujours vidant un peu son souffle maternel
Dans les méandres bleus de la mer éternelle
Où mon songe se meurt, où mon rêve s’enfuit.

21 octobre 1998

mercredi 12 avril 2006

SOUVENIRS

Sachant
Voyant
Entendant
Goûtant
Je pense
Je vois
J’entends
Je goûte
Ce nectar si pur
Cette eau si douce
Le breuvage de la grande puissance
Une goutte dans l’océan maudit
Avatar des chants de gloire morte
D’oiseaux infernaux rugissant
Dans la voûte du gouffre lent
À vivre
À mourir
À aimer

Pour tout jour
Un jour de foire
Insipide cruauté
Atroce fleur
La fleur du mal
Une infamie

L’ombre verte se pose sur nous
Et avale nos songes
Et plonge
Et plonge dans le noir avare
Marée incandescente sur un lit
De boue gélatineuse et blanche
Qui en putréfaction grandit
De tous mes souvenirs malheureux
De tous mes tords maléfiques
De toute ma soif d’espérance
S’envolant au loin dans le noir
La nuit éternellement épiée
Par le hurlement de la rivière
Qui verse son sang en moi
Comme un sablier oublié
Sous le couvert du vent fuyant

Sortir des rêves
Une herculanie
Un divin mouvement de recul
Pour une vision de cauchemar

Ces mouvements de galopement
Font en sorte que le sourire
Du soleil s’humidifie de larmes
De pointes d’éternité déroutante
En un spasme vigoureux du sort
Qui attend le creux de la Vie

Et la Mort attend
Elle attend
Elle attend que vienne en fin de route
Le large répertoire d’idées sombres
Qui flotte dans mon univers
Personnel
Confus
Éloigné
Triste
Et que finisse enfin le refoulement
Des anges du passé
Du présent
Du futur qui avance à pas de loup
Et qu’ils comprennent enfin tout cela
Tout le manque d’imagination
Tout le déroutement d’une foi
Qui depuis longtemps refoulée
Tente désespérément de sortir
Du trou Mort qui me sert de cœur
Et qui devient
En un tour de main
Tous les souvenirs qui me hantent
Toutes les fois où il vivra enfin
Dans mon chagrin envolé

30 septembre 1998

mardi 11 avril 2006

OMBRE NOIRE

Le poème qui va suivre est un pastiche que j'ai eu à faire dans un cours au cégep d'un poème de Supervielle qui se nomme, je crois, "L'oiseau Vert", mais je ne suis pas parvenu à le retrouver. Et je ne sais même plus si c'est de Supervielle, en fait... Ça fait quand même huit ans...

Toujours est-il qu'il est inspiré d'un poète connu. Ce que j'ai fait, finalement, c'est de travailler le côté sombre du texte pour en faire, comme une grosse partie de mes poèmes, une ode au vide et au Mal (prendre dans son sens large et non strictement le réduire à son sens négatif). Ça a donné ce qui suis :


L’ombre, endormie dans ses pensées noires,
Par un songe étranger entra dans ce néant,
Un endroit insidieux et si peu enjoué
Où l’air empeste et rend toute vie enrouée.

Ailes cassées, âme déchue, les yeux brûlants,
Elle devrait posséder tout le désespoir.

Des bras, cœur meurtri et son rêve très peu magique,
Qu’en faire si l’on est une ombre euphorique,
Et quoi entendre de ronces et vignes brisées
D’un sommeil éternel, la courte Mort évadée ?

22 septembre 1998

dimanche 9 avril 2006

ÉTÉ MENTAL

Dans la lumière nous naissons
Dans la lumière nous mourons
Mais nous ne rions jamais
Dans l’impasse du marais
De la noirceur de l’âme
Et dans la Mort qui se pâme
En un rictus macchabique
D’une vieille demeure ecclésiastique

L’envoie d’un sourire ment
Car un esprit critique lent
Pourrit le mortel qui pense
Et retarde son effet de transe

20 septembre 1998

samedi 8 avril 2006

HYMNE AU VIN

coule coule en moi saint breuvage
réchauffe mes entrailles en bel âge
et viens exciter mes neurones éphémères
en une folle pluie de vin amer
enivre mes sens exaltation chaude
que mes pensées floues effleurent
les dieux en pèlerinage vers l’aube
où les deux soleils des deux Heures
plombent sur mon corps acceptant
tant de douceur venant de toi
éveil le regard fuyant du temps
chante les cris monte sur les toits
des éternelles cloches mortes
qui ne connaissent point ton aura
magnifique et puissante et forte
et on viendra on t’honorera
dans toute ta splendeur limpide
lorsque par gorgées nous boirons
le délicieux et apaisant liquide
qui coule à flots de tourbillons
emportant toute humeur noire
et le monde boira ton rouge sang
pour célébrer les plaisirs du corps
et oublier le vent rugissant
sa colère parmi les arbres verts
qui juchent les pavés de l’enfer

18 septembre 1998

THE SUN'S OVER MY HEAD

blue skies in splendor
light washing sorrows

in the middle of ecstasy
the land gets brighter
and now
we smile
at the yellow circle sun
shining over our heads
skinny lies
hairy tales

as we walk in the alley
of magnificent happiness
where no-one knows anything
the reason to Green Laughter
of knowledge and wisdom
appears out of nowhere
roaring bubbles of truth
in heaven's dreams
waiting together in silence
for the sun to leave us
we take it to the rain
and clouds
gray and white
and blue fading away
and life going on and on
from the song of the birds
flying in midair
to the lightning bolt
striking my very heart

and then
I dance slowly
while the night comes
and the clouds go away
to let the Moon see
the joy of spiritual waves
through the stars

in night sky rising darkness

28 juillet 1998

Bref, un genre de copie plus travaillée du poème "The light"... Je préfère la traduction que j'ai faite après. J'ai beaucoup plus de facilité à jouer avec le français. Je ne vous écrirai pas la traduction, parce que ce n'est pas un original, et c'est plutôt sans importance, en fait.

Cet été fut une époque plutôt morne et c'est avec la fin de l'été que mon esprit commence à dérailler complètement et que je commence vraiment à m'amuser avec la poésie, comme vous verrez avec le poème suivant sur le thème du vin!

Un autre jour...

THE LIGHT

while the skies are blackening
I can't do anything but smile
in a mood where my heart is rising
up, so far, going for a hundred miles
following a light quite delightful
in the garden of swooning bliss

alone, I feel the heat of waves of full
sunshine, this I don't want to miss

where I go is a magnificent place
those one of pure happiness and kindness
still the light always shines for me in a pace
so fast that my eyes become helpless

but it doesn't matter, because I feel
deep within my heart and my wide mind
the light so hot and comforting, yes I feel
all I can feel and, at last, I remind

the day when it all begun
in the light

19 juillet 1998

Lumière, en effet, un phare au milieu de la décrépitude d'être moi à cette époque, tombant amoureux de toutes les filles que je rencontre. Ce sera encore pire dans le prochain et dernier poème en anglais de la phase "camp de concentration à Edmonton", où je me laisse même aller à le faire lire à la demoiselle en question qui était dans le camp avec moi (elle s'appelle Marie-Ève, si je me souviens bien, mais c'est tout ce que je peux me rappeler, mis à part ses yeux d'un bleu comme la mer). Ce n'est pas non plus la dernière fois que je donnerai un poème à une fille, et je vous promets de vous faire part d'une petite anecdote qui vient avec pas mal chacun d'eux (pour le peu qu'il y ait).

Sur ce, la nuit vient de s'ouvrir les tripes pour laisser venir dans quelques heures le matin. Mieux vaut aller sommeiller au son des Éditeurs...

vendredi 7 avril 2006

THE PSYCHOSOMATIC KINGDOM'S COMING

Vous avez bien lu, c'est de l'anglais! Je suis parti 5 semaines à Edmonton dans un camp de concentration en anglais et comme il fallait jusqu'à rêver en anglais, et comme il fallait aussi que j'écrive, je l'ai fait en anglais. Il en est résulté trois poèmes tout de même assez bien malgré mon manque de bilinguisme de l'époque. Voici le premier...


sleeping in a restless lethargy
and gnaw the ropes attaching me
yet in a world of a hoarse lucidity
forgotten on the road of the dark abyss

the black streets of eternity send me
toward a bramblous weeping willow
taken away by the extreme winter wind
where dance tears of bitter pain

disintegrating myself in the cold air
the frontiers stopping me dispel at last
letting behind a misunderstood dawn
swallowing the deepness of sorrow

in my engulfing head
through my mind
i kill the strange beasts running around my ankles
eating sparking stars
beneath the high skies of the earth

death
life
spirit
body
all melding
into a solid wrath of anger and fear
hollow grounds surrounding the remains
of an injected refusal in the psychosomatic kingdom

flying like an uncanny angel
the Black Angel of Sorrow
returning
crying aloud his loneliness in twilight
with the Moon
with the Man of Time

15 juillet 1998

mardi 4 avril 2006

Les frigos de l'Enfer - ISOMÉTACACOPHONIE

Il fallait que je vienne m'extasier de ce fait : je suis assis devant mon ordinateur et je n'entends pas le frigo à l'autre bout de l'appartement! Quelle joie, quelle merveille que d'avoir changer le putain de frigo bruyant comme un avion contre un autre! Je pense que nous allons tous dormir mieux cette nuit...

Je peux maintenant m'entendre penser, ce qui n'est peut-être pas une bonne chose, après tout, et je vais vous laisser une autre poème, "Isométacacophonie" pour fêter ça!


C'est une incompréhension stupide
qui m'assaillit de toutes parts
quand je regarde ma tête qui se vide
en un magma fluide et noir.

Mon coeur ne comprend pas
pourquoi je réagis ainsi, toujours
sans aucune issue vers le jour
où je quitterai enfin ces trépas.

Un vent glacial souffle à ma figure
alors que le Train-Pour-L'autre-Côté
siffle son séjour bref, fumée vers l'azure
aussi sombre que mes courtes pensées

Cependant, un nuage parvient à percer
le ciel lugubre, et tombe sur moi une pluie
faisant fondre ma peau qui s'enfuit
dans les pénombres blanche de l'été.

Mon âme s'échappe alors de mon crâne
et pourrit dans l'air comme une rose qui se fane
en un millier d'épines cadavériques
avec la Mort, en main son fanal et sa brique.

Je traverse la Rivière Maudite
avec dans mon estomac un retournement
de toute ma honte et ma gêne, infiniment
présentes dans ma personne en fuite
face au monde, face à moi-même
mais aussi face à tout ce qui pourrait
enfin éveiller la créature de la forêt
mon esprit, mon âme, mon coeur sans baptême.

30 mai 1998

On pourrait facilement comparer ce poème avec "Morbide Ascension", que vous pouvez lire plus bas vu que c'est un des premiers que j'ai mis ici. L'image de l'âme qui sort du crâne, la conscience qui fuit le corps. On verra cette métaphore de plus en plus souvent par la suite, mais d'une façon plus subtile pour la plupart du temps. La coupure de la conscience avec la réalité sera beaucoup plus flagrante dans les derniers poèmes du premier volet (il en reste encore pas mal), mais surtout dès les premiers textes du deuxième volet.

C'est aussi au court du deuxième que je prends conscience que je ne veux plus écrire pour moi-même. Il faut que les autres me lisent, à la limite ils doivent subir ces textes. Ce sont donc des poèmes en apparence moins tournés vers mon nombril et plus vers le monde extérieur. J'écris "en apparence" surtout parce qu'il est impossible d'écrire quelque chose qui n'est pas un tant soit peu tourné vers notre ego, puisque les mots sortent de notre esprit, on les arrache avec peine à une inexistence latente pour en faire un univers construit par notre seule pensée. C'est l'une des raisons qui me font dire que l'objectivité n'existe pas, ce n'est que trompe-l'oeil, et les enseignants le savent, ils aiment nous voir nous débattre avec nos propres mots. Nous tentons vainement de nous détacher de la Phrase, mais c'est comme tuer son propre enfant, on ne peut le faire sans en ressentir après une angoisse inquiétante, comme si une partie de nous avait totalement disparue.

Bref, c'est un peu ça que veut dire le poème. C'est l'angoisse du détachement qui provoque le chaos (ou que provoque le chaos, selon le point de vue). "Isolement métaphysique cacophonique": l'ultime solitude du schyzophrène qui se retrouve pris dans son propre univers sans pouvoir en sortir. Mais c'est aussi l'univers intérieur autistique ou, à un bien moindre niveau, celui du lunatique, toujours parti dans sa tête à penser à n'importe quoi sauf le moment présent. Représentation de mon univers intérieur, en quelque sorte. Bruit de fond constant de mots dans la pensée, perte fréquente de concentration propice à la création spontanée qui surviendra plus souvent en 2000-2001, lorsque je suis à l'université tentant de m'intéresser en vain à des cours qui ne me stimulent pas, mis à part l'enthousiasme des profs.

On ne peut pas se couper du mot. Ce mot, c'est nous, il nous façonne tout au cours de notre vie au même titre que nous le façonnons sans cesse. En le créant il nous crée, puisque c'est dans le langage que nous sommes. Je parle de toutes les formes de langage. Parole. Écriture. Art. Religion. Guerre. Corps. Expressions.

Je suis ce que j'écris et j'écris ce que je suis. Il ne peut en être autrement. C'est la fatalité de l'être humain depuis qu'il a acquis la parole.

NIER ET LEVER LES YEUX

Si vous prenez les premières lettres du titre de ce poème, ça vous dira pour qui je l'ai fait. Un autre poème d'amour somme toute assez cliché. Ce n'est qu'un peu plus tard que j'ai commencé à paufiner ce genre de poème, que je n'aime plus vraiment écrire (surtout après "Métamorphoses", qui bat tous les records en matière de qualité). Mais bon, c'était une période émotive dans ma vie, où mes jambes tremblaient quand j'allais donner mes écrits à ces demoiselles. Enfin, le voici...


Rouge brillait le soleil quand sur moi
perçaient ses rayons d'une chaleur sans pareil.

L'inconscience de mon corps enfin se réveille
mettant en moi fière confiance en émoi.

Debout je te regarde briller là-haut
mes yeux brûlent sous ta vision de feu
mais mon coeur est libéré et heureux
et mon ombre disparaît au fond de l'eau.

Soudain je vois une silhouette
parfaite comme l'éternité coulant doucement
en une chute de larmes cristallines où volent les chouettes
en extase face à tout cet extraordinaire engouement.

Je chante, je ris, je pleure, je vis
quand j'aperçois clairement la forme délicate
qui s'approche de moi à pas de souris
si près, sa chaleur, que j'en perds la carte.

Son souffle envoûtant me fait rêver
de nuits sans fin où je serai à ses côtés
caressant ses cheveux d'océan
et sa bouche aussi douce que le satin
en regardant les mille feux célestes
qui s'éteignent tranquillement dans l'orangé
du soleil qui se lève sous un souffle très loin d'être funeste
au-dessus d'un baiser silencieux mais passionné.

28 mai 1998

dimanche 2 avril 2006

L'OISEAU

Sur un nuage noir de colère
un oiseau pleure sa moitié.
Tombée du haut de sa vie colorée,
elle volait comme un ange dans les airs.
Il regrette la joie qu'elle rayonnait,
tout le plaisir qu'ils ont eu ensemble,
tout cela est terminé... il en tremble,
il ne peut le supporter, car il l'aimait.
Mais un rayon de soleil apparaît,
réchauffant ses larmes d'acier
et l'invitant de nouveau à voler,
cette lumière aussi pointue qu'un fleuret.

Ce coup le réveille de sa torpeur,
il part vers les plaines verdoyantes
où un avenir l'attend, dénué de frayeur,
car il est l'Oiseau de la joie et du bonheur.

27 mai 1998

samedi 1 avril 2006

L'ANGE NOIR

Poème plus ou moins en rapport avec "Le Dernier Soupir" que j'ai commencé à écrire cette même année (1998) . Personnage principal, l'Ange Noir, aussi appelé l'Ancien Nord, est une créature torturée par des rêves d'un passé millénaire trouble qu'il ne se souvient pas. Un mélange de gothique et de fantasy écrit en vers pour un grosse partie. On pourrait dire que le poème qui suit est la naissance du personnage.


Une délicate bouche, un son argentin
Un oeil ouvert, un regard enchanteur
Une maigre main, un touché glacial
Un cerveau mort, un vol vers le rêve

Et en cercle autour d'un grand feu
Nos énergies se mêlent au vent du Nord
Qui flatte nos cheveux de soie blanche
Nous fait frissonner
Comme des enfants seuls

Des oiseaux d'étincelles cosmiques nous épient
Du haut de leur perchoir infiniment magique

Nous nous rapprochons de la chaleur
Tandis que les eaux montent et montent
En vagues démesurées au-dessus de nos têtes
Folles
Emplies d'une mélancolie
Aussi sombre que la Mort
Et aussi belle qu'une rose au printemps

L'appel de nos sens remonte
De nos coeurs éveillés et prêts
À bondir en avant
Mâchoire ouverte
Et griffes acérées
Froides et mortelles

Mais une délicate bouche s'offre à moi
Baiser empoisonné
Ivre d'amour
Je m'enfouis au loin en entendant
Ce chant Magnifique
Ce son argentin

L'oeil ouvert
Je regarde filer mes semblables
Ils courent comme le vent du Nord
Flattant le sable blanc en frissonnant
Je les vois partir d'un regard enchanteur

Une maigre main m'attrape alors doucement
Me touche silencieusement et je m'endors
Dans les bras de l'Ange Noir qui pleure
Me caressant toujours de son touché glacial

Mon cerveau mort revit enfin
Car le baiser de l'ange est si doux
Que je ne peux m'empêcher d'imaginer
Que je suis embarqué sur un vol vers le rêve

Le souvenir du vent et du feu me hante
Je veux oublier toute attache au Cosmos
Et me retrouver simplement en moi
Avec l'Ange Noir du chagrin et de la tristesse

Nous regardons la Lune qui gémît
Rejetant sa souffrance de ses cratères
Alors nous nous élevons vers elle
Pour l'accueillir dans nos rêves imagés

Des étoiles s'entremêlent
S'entrechoquent dans ma tête en feu
Et deviennent ce que je voulais toujours être
Un immense soleil brillant sur mon monde

J'arrête ensuite le Temps qui s'échappait
Et vole un mouvement léger et serein
Qui me permettra de retourner chez moi
Autour du feu où le vent chantait

C'est ce qui se produit donc
Et d'une voix rauque j'appelle au loin
J'appelle les êtres d'une lumière glauque
Avec en moi tout l'amour de l'Ange Noir

26 mai 1998

mardi 28 mars 2006

LUNE ENSORCELÉE

j'aime la brillance de la si douce Lune
montrant le chemin aux âmes perdues
dans les merveilles de la nuit rebutante
dans les sombres desseins de mon humanité

je regarde le noir univers m'entourant
et je ne vois que cette lumière
blance apparition venue de l'éternel
figure m'invitant froidement vers elle

mes larmes s'envolent ensuite vers l'aube
refusant d'approcher cet astre ensorcelé
mais alors que le sol devient une ombre
je m'échappe du spasme arrogant
et je retourne tout au fond de mes sentiments
car c'est ici que je devrai comprendre
et parler à la Lune
la seule qui soit
la seule qui comprenne tout

tu parais si près de moi
mon amour
ton regard me scrute de toute sa beauté
et je ne peux que l'admirer chaque nuit
toi qui seras toujours là pour moi

ne refusant aucune de mes paroles
aucune de mes tristesses
si noires soient-elles
tu ne brilles que pour moi
blanche frénésie
insatiable névrose

mon corps retombe de son pilier froid
ne pouvant atteindre ta bouche
et se fracasse silencieusement et lentement
comme un miroir ne reflétant aucune image

les débris s'évaporent en cristaux verdoyants
montant dans le néant profond de l'espace
et étant trop attiré vers ta pâleur
charmante délectation
je passe en toi tel un fantôme éphémère

mon coeur se meurt en une légère hystérie
quand de mes yeux tu t'éloignes furtivement
tu oublies qui je suis
pitoyablement
et te tournes vers le ciel de la Terre
en quête d'une âme moins perdue
mais tu ne peux détourner le regard
car mon amour pour toi est trop grand
et dans la Mort je t'emporterai avec moi

en mon coeur tu vivras à jamais
et dans le tien mon souvenir te hantera
je t'appartiens et tu m'appartiens
unis pour toujours dans la solitude

une solitude que j'embrasse sans avoir le choix

tu as besoin de moi
toi qui es sans foi
toi qui veuilles sur moi dans l'ombre du soleil
et je parviens enfin à toucher tes lèvres

ta bouche trop grande m'avale

je me tourne vers ton coeur et lui demande
voudrais-tu rester avec moi ce soir?

je ne te laisserai pas dans cette psychose
nageant dans ta tête pleine de lucidité
nous dormirons dans des nuits de satin
et regarderons le monde se détruire à petit feu

ma gorge se serre quand je te vois tout là-haut
je pense au crépuscule te réveillant en douceur
et finalement mes larmes reviennent vers toi
car tu es mon trésor
tu m'as ensorcelé

14 mai 1998

lundi 27 mars 2006

EN ME LEVANT DE MON LIT...

en me levant de mon lit
j'ai vu que tout là-haut
quelque chose m'attendait, oui
quelque chose d'extrêmement beau
une éternelle lumière qui éclairera
mon coeur si gros de chagrin
et l'emportera dans son aile de satin
vers un univers où la souffrance brûlera
et où je pourrai enfin me reposer
devant tant de souples douceurs
qui naissent en moi à cette candeur
dans l'éveil vivant enfin repéré

6 mai 1998

dimanche 26 mars 2006

CIVILISATION PERDUE

Et c'est avec peu de déception que se termine
la grande aventure du petit pissenlit
qui s'est fait détruite comme une vermine
et gît maintenant telle une flaque de vomi,
répandant son fluide blanc et infect
à travers la terre brune piétinée
et le vert gazon fraîchement coupé,
semblable aux têtes des membres d'une secte.

Horreur! Le pouvoir abominable du soleil
permet à l'intrus territorial un second éveil
et une autre chance de pousser plus beau,
plus fort, plus vif et beaucoup plus haut.

La rage soudaine montant de la terre
vient ensuite améliorer le processus;
l'autodestruction est imminente dans cet enfer
de confusion générale ravagée par les puces.

Regardant ce spectacle assourdissant,
j'ai une vague impression de vide,
de tout emporter dans le vent fuyant
et disparaître derrière les montagnes,
admirer les arbres qui lentement se vident
de leur essence vitale, pourissant sauvagement,
accueillant silencieusement le sort qui les gagne,
et mourant à petit feu fébrile et endormant.

5 mai 1998

jeudi 23 mars 2006

DOUCE IVRESSE...

Incontestablement névrosé
Ce givre absurde se formant au plus profond de mes entrailles
Pourri peu à peu de lui-même
De par la folie qui pénètre dans mon esprit tourmenté
Saccagé

Je respire le parfum du silence
Enfoui dans mon coeur meurtri
Et sale de confusion
je regarde mon corps ridicule et hideux
Reflet d'une profonde mélancolie oubliée

En respirant l'air pollué du monde entier
Mon cerveau devient une charogne molle
Portrait d'un grand tourment Mort et fatigué
Qui grossit de plus en plus dans mes pensées

Je regarde enfin ce que je suis devenu
Hélas
Car ce n'est rien que je vois
Non
Rien
Cela devient de plus en plus énorme
Me suivant
Et me persécutant dans le plus profond des sommeils

Sommeil aboli par la pensée d'une histoire nouvelle
Histoire qui sera enfin devenue le refuge de mon âme
Dans l'oubli éternel
Mais niant la Mort
Niant tout
Tout ce qui rit de l'absurde et de l'inconfort

L'inconfort d'être mal dans sa peau
D'être Mort
De ne plus exister dans un univers rempli de débauche
Et dépourvu de tout sens commun obligeant la pensée
Montrant quelque sens intime
Et isolé d'un amour utopique

Enfin
Je regarde le ciel noir de ses blanches étoiles
Me demandant ce que j'ai fait sur Terre
Sur cette immondice

Je m'écorche à un idéal recherché
Mais point trouvé
Car cet idéal est maintenant loin de moi
Loin de tout être

Ma peine grandit alors au souffle de l'agonie éternelle
Me poussant à trahir mes simples voeux de bonheur heureux
Me forçant à mentir sur ma personne
Sur mon pouvoir de vaincre le mal me possédant de toute sa main

C'est maintenant la fin
Fin horrible et souffrante d'une vie
Gâchée par un puissant pouvoir d'amour incontrôlé
De désirs fous et intouchables
Qui se meurent en moi
Moi qui ne suis qu'un simple jeton
Dans l'univers des cieux immenses...

2 mai 1998

jeudi 16 mars 2006

OUBLIÉ

En effet, les séances semblent de moins en moins espacées entre chaque publication. C'est surtout que je commence à avoir hâte de tomber dans le deuxième volet! C'est encore dans longtemps, on est rendu au vingt-quatrième, il y en a 81, mais bon... Toujours est-il que je fais trêve de bavardage ici et maintenant et je vous envoi le prochain... qui est... hum... j'ai oublié...


l'oubli
est le seul refuge pour une âme en peine
car c'est dans l'oubli qu'elle se perd
se complaît
elle nage dans le Fleuve des Pensées-Sans-Nom
et se purifie du volatile et simple vide

maintenant que le Monde a tout oublié
je peux enfin ressortir du sombre coquillage
qui recouvrait mon corps meurtri par l'évolution
une civilisation perdue qui dévore les pensées
les désirs

un Monde où la liberté des mots sots est abattue
un Monde qui tue la paisible vie de ses moutons
qui continuent leur route sans rien voir dehors
sans remarquer le changement direct et dangereux

les lois se renforcent
les ceintures se resserrent
mais les moutons ne voient rien
ils ont oublié
ils ont oublié la douce fraîcheur de l'air pur
oublié les simples chants mélodieux du bonheur

mais surtout
ils ont oublié de vivre ensemble
ils ne se regardent plus
ils ont atrocement peur

c'est la conséquence de la civilisation qui éloigne
le désir de se rencontrer
qui nous fait oublier

1er mai 1998

mercredi 15 mars 2006

AU REVOIR...

En te disant au revoir,
je réfléchis au miroir
qui reflète la curiosité
enflammant l'éternité.

C'est en volant dans le firmament
que s'étale la tranquille nuit
morte du fatal crispement
éradiquant l'oeuvre de l'ennui.

Refoulant toute attache au monde,
j'envoie mon signal tout enfoui
dans la vase du séisme immonde,
et je regarde le soleil qui tombe.

Dans l'oubli je fuis, tout est fini,
car le bruit crie "JE SUIS" à la vie.
Hormis la folie éphémère et sordide,
j'opte pour la vieillesse et ses rides.

Mon souffle s'évapore dans le feu
ardent et brûlant, les flammes de Satan.

Divine source maudite, je suis heureux
de mourir dans un Bonheur qui ne connaît pas les ans.

mai 1998

dimanche 12 mars 2006

À venir.....

Beaucoup d'entre vous ne le savent pas, mais Ox Maximale Turbulence n'est pas que la personnalité de ce blog.

Tout à débuté en 1999, époque où j'ai découvert un programme de musique sur PC qui porte le nom de Impulse Tracker. J'ai donc fait des pièces musicales pendant cette années (environ une quinzaine) et le CD que je me suis fait après ces créations s'est intitulé "Ox Maximale Turbulence". Ce fut la première apparition de ce nom dans les annales mondiales et je compte vous faire partager, en plus des mes textes poétiques, mes créations musicales.

Inspirées principalement de la musique des années 80, surtout Yello, ces musiques, souvent répétitives, sont le fruit d'une mutation d'un univers parasité de paraboles éronnées couplé avec l'agencement de trois coquerelles bien juteuses qui ont subit un lavage de cerveau.

Je mettrai donc dans peu de temps (compter ici, possiblement, quelques mois) à votre disposition, chers lecteurs assidus, ces morceaux en lien quelconque, quelque part par-ci, par-là... Je ne sais pas encore ce que je ferai, peut-être irai-je sur le très controversé site de My Space (on m'a dit qu'on pouvait mettre de la musique sur cette merde). Ce sera sans doute le cas.

Bref, gardez l'oeil ouvert, de la musique s'en vient! Comme je le disais plus haut, ce sont mes débuts dans l'essai de la musique "électronique", soyez indulgents, mais certains d'entre vous apprécieront peut-être!

Sur ce, longue vue aux taupes, et mort aux cons!

vendredi 10 mars 2006

JE MARCHE AVEC LES FEUILLES

En descendant de l'arbre insolent,
je me suis enfuis dans une forêt où le vent
faisait marcher les feuilles près de moi
et jaillir la poussière tout à la fois.

À ce moment, j'ai remarqué, malheureusement,
que j'étais mort depuis plusieurs jours,
car je voyais m'emporter le vent frémissant,
au gré des feuilles sèches vers le Carrefour.

C'est l'endroit où toutes les âmes se rencontrent
et expriment leur dévouement envers la vie
qui n'a rien fait pour eux, quel ennui,
mais qui les a rendus si heureux par contre.

Je marche maintenant avec les feuilles,
leur disant combien je suis triste et morne,
mais elles ne m'écoutent point, quel orgueuil!
Je devrai donc dépasser toutes le bornes
pour me faire entendre des décrépitudes
qui passent leur journée à voltiger en l'air
en se moquant du premier, manger sa chair,
et le laisser là... dans sa solitude...

23 avril 1998

lundi 6 mars 2006

TOUT DANS MON ESPRIT...

Je marche maintenant, froid, si froid, si seul,
Me demandant pourquoi je me déchire, couché sur mon lit,
Et déjà je ressens tellement en mon coeur,
Ces larmes qui coulent comme un torrent sur mes joues.

Ta beauté se cache tout au fond de toi,
Et ce sera, oui ce sera tout ce que j'ai vraiment besoin,
Car tout au fond de toi se chache un trésor encore secret
Que j'ai découvert en tombant du néant infini.

Mais tu veux tant tout avoir de tous ceux qui t'entourent,
Tu cries: "Donnez-moi tout ce que j'ai manqué,
Donnez-moi du bon temps", et si tu regardes dans ton miroir,
Tu y verras qu'une personne t'attend... et t'entend...

Mais je vois alors que tout est dans mon esprit,
Ton visage, tes yeux, ta bouche, si loin de moi,
Je suis si fatigué de reculer toujours plus loin de ton coeur,
Si fatigué de fondre près de toi et dans le sable disparaître.

Je me demande ensuite si toutes ces larmes en valaient la peine,
Mais celles-ci reviennent aussitôt que je pense à toi,
Et je recule encore plus, et encore, et encore...
Jusqu'à disparaître de ta vue, et m'effacer pour l'éternité...

Mais quelque chose m'en empêche, comme un mur m'arrêtant,
C'est la peur, une peur inconnue qui m'agrippe,
Qui me noie dans une crainte profonde,
Celle de perdre... perdre la seule personne que j'aime...

19 avril 1998

Merci à Daniel Ash, de Love & Rockets (chanson "All In My Mind", sur Express), qui a été une grande inspiration pour ce poème.

mercredi 1 mars 2006

LE VAUTOUR...

Le mois de mars, enfin, où les journées froides cessent enfin, où l'humidité imprégnant les os finit par s'évaporer et où je vais enfin arrêter de grelotter! J'invite donc un vautour à venir se repaître du cadavre de Février, il ne mérite que ça. Il est synonyme de déprime collective et c'est légitime de l'engouffrer dans l'oubli pendant un an...


Sous l'ombre d'un arbre Mort,
une gamine pleure accroupie, petite,
sous la Lune lugubre et sans remords,
la Mort et les torts de sa mère maudite.

Un vautour l'attend sur une branche,
dans l'espoir d'une souffrance franche
vers laquelle la fillette se retournera
en pensant à la solitude qui viendra.

Mais elle est incapable de se soumettre
à la volonté de cet affreux animal
aussi répugnant qu'une charogne astrale
en décomposition autour de la planète.

Le vautour la regarde de son oeil vide
et salive à l'idée qu'elle n'endurera point
les misères trop nombreuses et avides
qui l'attendent elles aussi, au loin...

16 avril 1998

dimanche 19 février 2006

INFINI

Parsemé d'inséparables astres blancs,
l'univers voltige en tous sens, vivant,
entraînant dans cette soudaine complexité
mon coeur maintenant reposé
de tous conflits noirs et fiévreux
qui dormaient depuis des années
et qui brûlaient mon âme possédée
par une esprit vil et vaporeux ;
car pendant toutes ces années
je rêvais d'une réalité changée
par une diable de confusion multiple,
indépendant de toute attache,
de tout signe d'affection si minime
que multiplié par l'infini, il faudrait qu'on le triple
pour enfin voir une chose infime
et aussitôt, finalement, y mettre la hache.

Or, les ondes frénétiques et folles
soufflent la plume sauvage
dans l'harmonie toujour sans fin
de mon coeur encore battant
de toute cette musique qui affole,
qui devient un terrible nuage
au-dessus des rivages du destin,
de la plaine où il n'y a point de temps,
et c'est dans le son doré d'un arc-en-ciel
que mes pensées s'envolent en silence
vers l'évolution hâtive des merveilles,
vers le sous-sol de la romance
si belle et envoûtante dans l'éternité
que la Mort n'existe plus, jamais,
et que les oiseaux de glace argentée
planent sous les nuages, au-dessus des forêts.

16 avril 1998

mardi 14 février 2006

SONGE ÉVEILLÉ...

Énterrée dans un écran flou,
elle rit... ou plutôt elle pleure
en silence face à tout,
tout le tourment qui cause sa peur.

En se levant patiemment de son océan,
d'un bleu argenté brillant, scintillant,
elle s'appuie sur l'éternité cachée
par la tristesse de la Lune ébréchée.

Mais un souffle pestilentiel la frappe,
faisant chavirer son frêle engouement
de songes impies et petits, mortellement.
c'est le retour du temps, des larmes...

Et elle rit de ce chaos qui dévale
en échos mûrs et pâles qui avalent
la chanson du sommeil agité,
la mélodie du froid amour brisé...

14 avril 1998


HAPPY HALLOWEEN!!!!!!

dimanche 12 février 2006

LE RIVAGE

Et nous aboutissons sur un rivage ensoleillé, le calme envoûtant enivre les corps douloureux et subjugue la raison. Oui, il y a du positif dans ce que j'écris, et étonnamment, c'est très souvent des poèmes d'amour... comme celui qui suivra. Un pirate invétéré voit son navire coulé suite à un rude combat contre un créature marine encore inconnue jusqu'à ce jour (on peut mettre Moby Dick ici... ou Dieu pour ceux qui n'aiment pas les métaphores...), et il se retrouve flottant au gré des courants sans savoir qu'il vient de frapper....


c'est un regard tourné
vers un ciel bleu et profond
qui m'a brusquement réveillé
du rêve obscur que je faisais

j'étais sur une île déserte
parsemée d'ossements pourris
mais maintenant je n'y suis plus
mon cauchemar terminé
je revis

ma tête flotte sur un nuage
blanc comme la neige froide
me reconduisant chez moi
avec la délicatesse d'un papillon

et mon regard se tourne vers toi
heureux rivage rempli de fleurs
la flamme éteinte dans mon coeur
se rallume finalement pour toi
toi qui as su tout sur moi
dans l'émoi engouffrant mon mal
déjà loin
déjà mort pour toi
toi
mon rivage lumineux
apaisant

3 avril 1998

mardi 7 février 2006

UNE FORÊT MORTE (depuis peu...)

un soleil est mort
dans me syeux d'un fert solitaire et reversant

dans les larmes peu à peu s'éteignant
une rigole perdue
une forêt trop dense

je me suis enfoncé dans cette végétation
un cerveau ralentit l'avide croissance
et avale en même temps mon souffle
emportant la poussière des morts

ma pâteuse langue goûte les arbres rouges
sur ce crépuscule écrasant de froid
tandis que les rochers
dévalent l'éternité de fluides pensées
toujours en combustion

la course effrénée du temps arrêté
se demande pourquoi les oiseaux parlent
et vomissent des champs de tristesse
sur la tête blanche des hautes cimes

c'est sûrement l'or des abandons multiples
qui attire cette euphorie mystique
dans les branches craquelées du vide
dans le coeur de la forêt morte

plus rien maintenant n'y pousse
visitée trop souvent
par le corps des enfants nocturnes
de l'oubli trompeur regorgeant de sympathie pour
la charogne

mais peut-être qu'un jour
saurons-nous la véritable nature de ce lieu pourri
un lieu où tout est permis
tout
sauf de vivre
de vivre

3 avril 1998


Une fin à la Nelligan, j'en conviens; mais qui, à 18 ans, ne se sent pas l'âme de Nelligan lorsqu'il écrit de la poésie? Lui qui, à ce même âge, s'est retrouvé enfermé dans un hôpital psychiatrique jusqu'à l'âge de 60 ans, âge de sa mort pathétique et vaine, simplement parce que personne n'a pu comprendre qu'il s'était fait castrer par sa mère dès la naissance.

Enfin. Le spleen survient n'importe quand et j'y avais les deux pieds bien enfoncés à cette époque. Mais on sent peu à peu le détachement de moi-même qui s'effectue de plus en plus au fil des poèmes. La peine de mon coeur se métamorphosera en peine du monde entier : un total désillusionnement qui frappera fort. Je laisse encore une vingtaine de poèmes avant que ça ne puisse se voir vraiment.

D'ici là, vous aurez encore à subir mon appitoiement sur moi-même! Mais c'est moins pire que les premiers. :O)

vendredi 3 février 2006

MORBIDE ASCENSION

Je suis ici, maintenant,
laissant aller mes cheveux au vent
en attente du choix décidé
qui m'a suivi et attaqué.

Il est trop tard
pour revenir en arrière, il est trop tard,
j'en ai fait beaucoup trop,
je m'élève maintenant très haut.

Ma peau se désagrège lentement,
volant en tourbillons acharnés
au-dessus de ma tête décharnée
fixant le trou obscur se rapprochant.

Mes yeux, en orbite autour de mon crâne,
regardent le lointain horizon creux
à travers tous mes os blancs affreux,
comme pour me punir, je suis infâme.

Le rouge miroir infini de ma peur
reflète en fait tout mon sang
flottant dans mon esprit riant,
en totale harmonie avec la noirceur.

C'est ma morbide ascension
vers ce qui doit être pire
qu'une vie finie et ratée dans l'empire
de la confusion éternelle, de la soumission.

31 mars 1998

mercredi 1 février 2006

THEY LIVE...

Pendant qu'ils regardent les hommes descendre des centaines de marches dans un escalier qui, vu d'où je me trouve, ne semble pas avoir de fin, un indice d'action se prélasse dans le vide, juste au-dessus de mon oeil gauche, celui avec lequel j'ai si souvent observer de jeunes donzelles s'ébattre dans des eaux tumultueuses. Comment ne pas deviner tous ces rires obliques, le jaune transparaît à travers les sourires sincères. Je ne peux qu'accentuer les étallages de cerveaux, tous ouverts sur une surface limpide : l'intérieur d'une imagination en train de fondre au gré du pal.

La fièvre s'estompe et je me réveille dans un chambre aux murs tachetés, prêts à vomir leurs couleurs sur mon corps brûlant. Je me débats avec des couvertures humides, il a plu cette nuit dans mon être. Ou peut-être les chauves-souris ont-elles pris le dessus sur moi? Je ne sais pas.

Autant en venir au fait, mon âme a perdu vigueur et déjà je sens les années s'empiller sur ma tombe.

Mieux vaut éterniser le tout et tout laisser mourir.

samedi 28 janvier 2006

LE VENT

Quand je vois ces visages souriants,
je me rappelle. Je me souviens des prés
où j'avais l'habitude de marcher,
une plaine où tout va au gré du vent.

Car le vent est la grande puissance
pousant les navires sur les mers
et la vague sur le sable amer,
rejetant une légère voix en tous sens.

Il était la pure folie esthétique
m'emportant dans un long songe,
absorbant ma jeunesse telle une éponge
qui a trop bu de cet Atlantique.

Riez tant que vous le pouvez encore,
j'attendrai la fin de l'Histoire
en pensant à ces visages qui implorent
comme une Madone sans victoire,
qui implorent la vérité du rêve pleureur
et rappelant la nuit propice à la fête
sans savoir qu'elle en perdra la tête.

C'est tout pour l'instant, il me reste une heure
pour vivre et me laisser emporter
par le vent doux et invitant
qui me pousse le dos en mordant
la souffrance me pointant de son épée.

24 mars 1998

mardi 24 janvier 2006

MORTELLES SOUFFRANCES...

Celui-là, c'est le premier d'une courte lignée que j'ai écrit sous l'effet de l'alcool. Ça n'a pas donné grand chose, seulement un ramassi d'orgueuil et d'appitoyement sur soi suite, encore une fois, à une peine d'amour (toujours la même, en fait!). Donc tout y est basique et manque totalement de métaphore... Je pense que je n'ai écrit que 4 ou 5 autres poèmes sous une quelconque influence extérieure (alcool, surtout), mais je les ai écrits à l'époque de mon université, donc plusieurs années plus tard, et les résultats sont moins satisfaisants que lorsque mon inconscient est à jeun. Bref, c'est en toute lucidité que les illuminations me viennent, pas sous l'influence de la drogue!! Mouhouhahahaha!!

Bonne lecture.


c'est la fin
c'est terminé
le monde que je connais a maintenant disparu au loin
emporté par le dernier vestige d'amour
qui émane de mon corps meurtri

les paroles sortant de ma bouche
s'envolent dans la nuit obscure
sans oreille pour écouter sa mélodie
morte et implorant le pardon

c'est avec crainte et soupçons
que je regarde enfin ses yeux
qui cachent tant de secrets amers
qu'aucune pensée ne peut y résister

mais mon coeur a éclaté pour ne plus jamais se refaire
car ni la Mort et ni la Vie m'obligent à danser seul
dans toute la tempête écarlate
venant du plus profond de mes entrailles

je recule présentement tout au fond de mon esprit pour découvrir
si telle est la solution ultime
que rien
aujourd'hui
n'y est bien

tout meurt
tout explose à la fois
dans un mouvement pluvieux d'espérances jadis vertes et nombreuses

et la cacophonie résonne telles les cloches d'une solitude profonde et mortelle
car c'est vrai
je suis seul
pour l'éternité

24 mars 1998

mardi 17 janvier 2006

Le Petit Pissenlit

Enfin, un poème qui se termine bien... ... Nah!


jaune était le petit pissenlit
qui visita la semelle de ma botte
écrasé sous ce terrible poids
il éclabousse tout le gazon

je me ravis à la vue de ceci
pensant à un grenouille
à la place de ces fleurs très banales
qui envahissent tout mon beau terrain

car ma colère surpasse le long
et périlleux chemin
vers la maison du bonheur parfait et éternel
mourant en même temps que moi

las
je m'arrête sur le pavé
noirci par le courroux crasseux
et rongeant mon âme inculte
en émettant cette sublime symphonie

je me fais emporter par le vent
de soupçons angoissants et proscrits
en exil je verrai tout ce qui doit vivre
et tout ce qui doit mourir

les pétales dansent dans le souffle maudit
et souffrent de la peur
qui dort en mon être
celui qui se noie dans mon esprit

22 mars 1998

mardi 10 janvier 2006

In the mood for love... but not yours...

Je suis en forme ce soir, c'est assez la déprime pour que je vous largue une pleine rasade de textes! D'ailleurs, les deux prochains sont les pionniers d'un univers grossissant, un monde où la réalité est créée par le rêve, un monde où tous errent sans but, mais où la vie se déroule tout de même sans heurt. Un monde où la mort frappera, mais pas maintenant. Aujourd'hui, c'est la naissance, c'est le début d'une grande aventure d'amour avec l'inconscient et ses possibilités que je vous dévoile! Ébauche d'une plus grande oeuvre, voici les balbutiements de l'un de mes univers personnels...


ERA

je rêve de la vie courte
que j'aurais pu posséder
si j'étais retourné sur la route
me conduisant vers la belle Danaé

car c'est dans ses longs bras
chauds, sensuels, invitants
que je me réveillerai à temps
pour un monde appelé Era

mais il n'est pas trop tard
à la fin de mon exténuant voyage
pour enfin rêver ces feuillages
envoûtant mon Être devenu pulsar

il est maintenant vrai et réel
mon songe du monde des songes
ce royaume où tout est éternel
et où l'infini gagne sur le mensonge

un pouvoir immensément grand
m'attire de son souffle sanglant
et je m'assoupis alors en silence
en regardant les fleurs qui dansent

suis-je mort sans le savoir?
mon esprit s'éparpille dans le vide
trop assommé pour vivre et voir
la lumière fusionnant dans le morbide

à la suite de cette délicate alchimie
plusieurs airs résonnent dans ma tête
les cloches d'une marche funèbre réussie
ont percé tous ces chants de fête

soudain
mon corps réapparaît
plus beau que tout sur Terre

je régnais sur le rêve
le dévorais
pour connaître la paix dans l'enfer

et mon coeur s'ouvre bien grand
accueillant toute joie et tout amour
qui puisse le sustenter
briser le vent
emportant mes sentiments au Carrefour

la Mort est maintenant surmontée
ce monde l'a avalée en ses entrailles
la dégusteant avec une trempette d'émail
seul j'ai survécu au courroux des entités

je dis donc mes adieux à Danaé
puisses-tu revenir bientôt
charmante
pour conclure ce que nous avons commencé
et pour rêver de nouveau cette terre errante

8 mars 1998

Un chant de naissance ne peu ensuite qu'être suivi par un chant de mort, c'est la fatalité de ce monde et de cette vie................

REQUIEM D'ERA

fabuleuse époque noire
où les enlevantes ténébreuses
foulent les vastes nuits
dans une splendeur mortelle

les yeux dans l'ombre mouvante
perdifie absolue régnant seule
les morts se lèvent pour accueillir
l'orage brumeux se rapprochant
tel un prédateur à l'affût de sa proie pitoyable
courant désespérément au loin
vers un refuge lamentable

quelque chose de beau
fragile
tombe lentement du ciel pourpre aux teintes éternelles
se brisant sur le sol rocailleux

la Mort est là pour toi
Frère
gothique élévation sombre
venue des profondeurs de l'abîme
sans fin
et sans merci

il est l'heure du mal banal
cillant dans l'oreille impie
soufflant un parfum maudit
regorgeant de la Force Divine

que vie t'apporte joie et bonheur
Ami
l'arrivée des morts est proche

chante la mélodie nuptiale
de la nuit des Phös et des Morres

10 mars 1998

En deux jours, je venais donc d'inventer non seulement un monde, mais les deux principales entités habitant les méandres grotesques de ses racoins. Je ne les décris pas, ils apparaîtront à tous plus tard dans l'épopée que j'ai appelée "Le Dernier Soupir", deuxième livre des "aventures" du personnage que j'ai baptisé il y a peu l'Ancien Nord.

Le prochain et dernier poème pour ce soir est le reflet flou et basique de ce que sera plus tard mon écriture. Nous plongeons maintenant totalement dans la métaphore où la réalité à toute sa place!


FABULE HYSTÉRIE

morte amertume d'un hiver acharné
refoulée au plus profond des abîmes
endormie pour une éternité hantée
dans l'entremêlement de ses racines
malmenée par la tempête exquise
la brousse sauvage remonte banquise
glaciale persécution mordant la mâchoire
du syndrome cataclysmique du déboire

l'infamie collective se distingue
parmi l'ordre aboli dans le chaos
des oiseaux infernaux tout là-haut
qui volent en calembours pour les dingues
c'est l'appétit du tranquille flot éclairé
par un soleil noir et pourri
putréfié
qui les appelle à se nourrir du sang juteux
d'un fou monté sur l'autel des morts paresseux

17 mars 1998

Gooten nacht!!!

dimanche 8 janvier 2006

JOIE

le soir nous a quittés rapidement
pour laisser la place à une nuit noire
une réconfortante et longue nuit
appâtant la chair fraîche et juteuse

je suis Gomack le vampire sale
retournant chez lui après une nuit
si amusante et imprévisible de charme
que j'en ai le souffle coupé

je me délecte de votre fluide vital
en souriant comme jamais auparavant
et je laisse votre corps pourissant
sur la place de la ville qui se réveille

jamais je n'ai tant aimé vivre
la mort qui est maintenant mienne
et qui me suit partout où je vais
sur vous
sur tout ce qui vit

mais ma nuit doit finir un jour
car celui-ci doit arriver trop tôt
trop vite
le temps me manque
sacrilège !
mon corps se brise et tombe en poussière

2 mars 1998

mardi 3 janvier 2006

Pour bien commencer l'année...

Premièrement, je souhaite une excellente année à tous ceux qui viendront fureter sur ces pages! 2006 et toujours pas de Bogue! Pour bien commencer cette année, je vous fais part du poème suivant qui illustre le cycle incessant de la vie à la mort, du nouveau au vieux et vice versa. La fatalité.


JE SUIS LA MORT

je suis la Mort
fidèle à vos attentes
vous arrachant de l'étreinte sécurisante
et de l'ennui qui vous retiennent parmi les vivants
mais impuissants face à mon courroux

je pénètre votre corps fragile
sans que vous vous en aperceviez
parfois vous serrant bien fort le coeur
parfois vous étouffant joyeusement

je choisis mes victimes avec tact
me dispersant dans l'univers souffrant
de mes doigts froids et craquelés
je soutire la vie
avec une jouissance sauvage

je suis le piano tombant d'une fenêtre
écrasant la pauvre personne passant là

je suis la chaise électrique des prisons
brûlant les neurones souillés des détenus

je suis les maladies incurables
vous dépérissant peu à peu
souriant

je suis tous vos malheurs brusques
malheurs mortels
malheurs ténébreux

votre Mort me réjouit
car c'est mon nom
je danse sur vos tombes la nuit
c'est là qu'est toute ma vie
car je suis la Mort

24 février 1998